• Bernard Le Roux (France) contre les États-Unis
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Coupe du Monde

Le 4 sent les coups

Le deuxième ligne du Racing 92, titulaire pour la première fois depuis juin 2018, a été le meilleur tricolore à Fukuoka contre les Etats-Unis, démontrantqu’il pouvait être indispensable à son poste.

C’est une des principales interrogations de ce début de Coupe du monde. Qui allait former l’attelage du XV de France avec l’inamovible Sébastien Vahaamahina en seconde ligne ? Au début de l’année, Paul Willemse avait été testé avant de rapidement laisser sa place à Félix Lambey qui avait enchaîné quatre titularisations dans le Tournoi des 6 Nations. Ce dernier n’ayant finalement pas été retenu, le staff des Bleus devait lui trouver un successeur. Arthur Iturria ayant dépanné face à l’Argentine sans convaincre, Bernard Le Roux et Paul Gabrillagues étaient attendus face aux États-Unis pour apporter quelques éléments de réponse. Le joueur du Racing 92 n’a pas raté cette opportunité. Longtemps loué pour ses qualités athlétiques, comparé par Yannick Bru au lapin d’une célèbre marque de piles pour vanter son activité sans faille pendant 80 minutes, Bernard Le Roux n’a pas failli à cette réputation face aux Américains, alors que beaucoup de ses partenaires ont souffert de la chaleur étouffante de Fukuoka. Lui s’est démultiplié aux quatre coins du terrain, mettant la tête et les mains dans des rucks où les Américains étaient bien plus présents que des Bleus. "Ils ont beaucoup contesté les ballons au sol. Ils ont beaucoup gratté donc on a eu des mauvais ballons", reconnaissait le deuxième ligne après la rencontre, pas vraiment satisfait de la performance collective ni de la sienne : "On a fait beaucoup d’en-avant car le ballon était vraiment glissant. On n’a pas eu non plus des ballons très propres. Heureusement, les remplaçants nous ont fait du bien. Je ne me suis pas trouvé top top… Je me suis raté techniquement sur un ou deux rucks." Il était d’ailleurs impatient de quitter le stade Hakatanomori pour se retrouver tranquillement dans sa chambre d’hôtel. "Je ne le fais pas tout le temps mais ce soir j’en ai besoin car j’ai l’impression que je peux faire beaucoup mieux aujourd’hui. J’ai été malade en début de semaine donc j’ai trouvé que j’avais manqué de gaz. Ça va venir. Avec les gros matchs qui nous attendent, il faut que je me critique."

Surprenant dans le jeu courant

Effectivement, Bernard Le Roux a été cloué au lit après la victoire contre l’Argentine pendant deux jours et se délestant de deux petits kilos. Imaginez ce que cela aurait pu donner sans cette préparation tronquée ! Car s’il a été une nouvelle fois intraitable dans les tâches obscures, il a été surprenant dans le jeu courant, ballon en main. Cela a pourtant longtemps été une de ses lacunes. Il le reconnaissait quelques jours avant cette première titularisation en Bleu depuis juin 2018 et la tournée en Nouvelle-Zélande : "J’ai eu des critiques dans les médias mais aussi de la part de mes entraîneurs en club. C’était aussi le cas du staff de l’équipe de France précédent." Il a alors redoublé d’efforts à l’entraînement : "Je me sens beaucoup mieux avec le ballon. J’ai énormément travaillé ça. Je veux essayer de participer plus offensivement car je suis conscient que ça manquait un peu à mon jeu avant." Il a crevé l’écran avec treize ballons joués. Oubliez vos préjugés, l’ancien espoir de la natation n’a commis aucune faute de main, gagnant trente mètres (seul Louis Picamoles a fait mieux chez les avants), battant un défenseur et réussissant même un off-load. Lui jurait ne pas s’en souvenir, répondant timidement : "En deuxième ligne, on porte un peu plus la balle avec notre plan de jeu." Mais avec une telle activité, les Bleus ont certainement trouvé leur numéro quatre pour la suite de la compétition.

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