• Camille Lopez (France)
    Camille Lopez (France) Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
Publié le / Modifié le
Coupe du Monde

Lopez, pied compte triple

Dix jours après son drop décisif face à l’Argentine, le Clermontois a récidivé : trois des cinq essais français sont directement sortis de son pied.

On passera sur son 3 sur 3 dans l’exercice des tirs. Critiqué sur cet aspect, Lopez montre qu’il peut aussi y être décisif. Et c’est de bon augure pour la suite. On ne reviendra pas, non plus, sur ce drop qui donna la victoire aux Bleus, il y a dix jours, dans ce match si important face à l’Argentine en ouverture de la Coupe du monde des Bleus au Japon.

Ce qui en dit certainement le plus long sur Camille Lopez, son rôle et son impact dans cette équipe de France, c’est cette dernière scène en toute fin de match : ouvreur de numéro (le 10, en l’occurrence), titulaire du rôle de buteur après la sortie de Thomas Ramos, le Clermontois s’avançait pour botter en touche une pénalité glanée sur les quarante mètres adverses, plein axe des poteaux. Le score était alors fait, enfin (26-9). Le bonus était en poche et les Bleus pouvaient finalement jouer plus libérés. Mais Lopez, au moment de prendre son pied, fit demi-tour.

Il se tourna vers Romain Ntamack fraîchement entré en jeu (au centre), lui jeta le ballon et lui mit une tape sur l’épaule. Avant de lui lâcher un grand sourire. Visiblement, le coup de pied allait mieux à un droitier. Et qu’importe si c’était le donner à son principal concurrent au poste d’ouvreur.

Coupable et sauveur

Ce sourire, l’ouvreur clermontois l’avait encore, une petite heure après le match. Son analyse, lucide, laissée pourtant une belle place à "la frustration de l’équipe. On s’est compliqué la tâche en tombant un peu dans la facilité, dans l’approximatif après avoir trouvé deux-trois brèches seulement en début de match. C’est là que nous aurions justement dû rester dans nos structures".

Le dernier "nous", il se l’adresse directement. Car Lopez n’a pas tout bien fait, face aux Etats-Unis. Avec un plan de jeu prévu (et clamé) fait de jeux au pied de pression ou dans le dos de la défense américaine, les Bleus avaient pris ce match par le bon bout. Là où ils auraient dû insister, ils se sont mis à surjouer. Et Lopez en tient les comptes. "Je crois qu’on s’est parfois laissés griser. On a arrêté de leur mettre ces ballons au pied dans le dos, on a utilisé d’autres formes de jeu. Et on s’est parfois mis en difficulté seuls", analysait justement, après match, le sélectionneur Jacques Brunel. Puis, en direction de sa charnière : "Il y a de tout. De bons jeux au pied, avec des ballons hauts sur les ailes pour mettre de la pression. Il y a eu aussi de bonnes sorties de camp. J’aurais simplement aimé qu’il y ait une plus grande utilisation du jeu au pied. Et les demis, qui sont dépositaires de ce jeu au pied, n’ont pas été au bout de ce qu’on voulait faire. Je le regrette."

Il y a de quoi. Ces orientations de jeu, légèrement improvisées, ont plongé les Bleus dans le noir pendant quarante bonnes minutes. Et Lopez, parmi les coupables, fut aussi un sauveur. Si les Bleus ont gagné, ils le doivent grandement à la précision de ces trois passes au pied amenant les essais de Huget, Raka puis Serin. De ces coups de patte millimétrés, ils ont même retiré un bonus défensif offensif. Que demande le peuple ?

Midi-Olympique.fr
Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir