• C’est simple : le Radradra de jeudi face à la Géorgie aurait pu jouer dans toutes les grandes équipes de l’histoire. Photo Icon Sport
    C’est simple : le Radradra de jeudi face à la Géorgie aurait pu jouer dans toutes les grandes équipes de l’histoire. Photo Icon Sport Avalon / Icon Sport / Avalon / Icon Sport / Avalon / Icon Sport
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Reportages

Radradra, sous et sur un nuage

L’ailier de l’UBB, Semi Radradra, a réussi un match époustouflant malgré la pluie. Et comme son équipe a retrouvé de la confiance, l’addition est très lourde pour de bien pâles Géorgiens.

Décidément, les Fidjiens sont incorrigibles et imprévisibles. Comment cette équipe a-t-elle pu se faire surprendre par l’Uruguay avant de surclasser ainsi une Géorgie qui a elle-même surclassé l’Uruguay ? Ceci restera l’éternel mystère de cette sélection d’Océanie qui compte pourtant tant de pensionnaires du Top 14, des gars qui vivent le professionnalisme au quotidien. Il faut aussi ajouter que le festival offensif de jeudi fut réalisé par un temps pluvieux censé handicaper les Fidjiens. L’énigme est donc complète, tant mieux finalement. En tout cas, les hommes de Waqaniburotu ont réussi une deuxième mi-temps extraordinaire d’adresse et de facilité.

Et si l’on doit faire émerger une figure de proue de cette odyssée sidérante, ce sera forcément Semi Radradra, le joueur de l’UBB a affolé tous les compteurs de statistiques. Deux essais, deux passes décisives, dix-sept courses ballon en main, 177 mètres parcourus, cinq franchissements, sept défenseurs battus et trois passes après contact. L’ailier barbu fut notamment l’auteur d’un geste sidérant à la 46e minute.

Un pas de l’oie magistral

La passe acrobatique à une main de Murimurivalu était déjà un petit spectacle en soi. Mais elle ne créa pas de décalage, Radradra la récupéra arrêté. Il fit alors un pas de l’oie magistral, figea deux défenseurs pour retrouver son demi de mêlée Lomani à l’intérieur. La classe à l’état pur qui permit de mener 12-3. Cet essai ouvrit les vannes du festival des Fidjiens qui ne menaient que 7 à 3 à la pause. Mais on sentait depuis la 25e minute à peu près que les Lelos auraient du mal à exister. Radradra fut un catalyseur, c’est certain, mais on ne peut pas résumer la performance de sa sélection à sa seule classe insolente.

Les Fidjiens avaient aussi récupéré le troisième ligne de Clermont, Peceli Yato, forfait contre l’Uruguay (commotion). Il a apporté sa pierre à l’édifice, surtout en première période quand les débats étaient serrés et que les adversaires pouvaient encore espérer perturber la farandole des hommes du Pacifique. On imagine que cette partie restera comme une référence dans les archives car même en conquête, les Fidjiens ont rivalisé. Ils ont même bénéficié de trois pénalités en mêlée. Contre la Géorgie ! à ne plus rien comprendre à rien.

Alors, mieux vaut tout simplement admirer les mouvements offensifs majestueux. Un exemple : celui de Ratuniyarawa à la 70e, une remontée de balle sur quatre-vingts mètres après renvoi géorgien. On ne se souvient pas d’une action aussi limpide dans ce Mondial : Cavubati cueille la balle en l’air, qui sert - devinez qui ?- Radradra, chistera au contact pour son demi de mêlée Lomani, lancée pour une chevauchée et un cadrage débordement pour servir son flanker à l’intérieur. Tout le monde est resté debout pour transmettre dans le temps juste, telle une démonstration de rugby à l’instinct. On ne reviendra pas sur les sept coups d’éclat fidjiens mais on se souviendra qu’ils ont à plusieurs reprises planté des flèches en première main, avec la vitesse et la robustesse d’aujourd’hui et un parfum d’antan.

Dans la course à la troisième place, les Fidji ont pris une énorme option. Mathématiquement, ils peuvent même rêver de qualification. C’est vrai, c’est du domaine du conte de fées pour eux, avant de retrouver les Gallois dans une répétition du match magique de Nantes en 2007.

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