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Top 14

Toulouse : "Pokers" Coupe du monde

Entre politique assumée et obligation en éprouvante période de doublons, le champion de France fait plus que jamais confiance à ses jeunes.

L’empreinte des champions du monde moins de 20 ans était évidente sur le succès toulousain, la semaine passée, face à Pau. Ils étaient quatre (Guillaume Marchand, Maxime Marty, Matthis Lebel et Lucas Tauzin), titrés en 2018, présents dans le groupe. Parmi eux, Lebel, aussi sacré en Argentine en juin et déjà auteur de sept apparitions en Top 14 avec les Rouge et Noir la saison dernière : "Il n’y a rien de mieux que pouvoir être aligné. Le club a besoin de savoir qu’il peut compter sur ses jeunes, quand les cadres ne seront pas là ou partiront. Il faut assurer une continuité. C’est bénéfique pour tout le monde."

Le champion de France veut ainsi capitaliser sur une génération dorée qu’il a lancée depuis maintenant un an. Autre exemple mais parcours différent : Marty, prêté lors du dernier exercice à Bayonne en Pro D2. Contre Pau, il a fait ses premiers pas dans l’élite. "Je suis très fier d’avoir effectué mon premier match de Top 14 avec le Stade toulousain, mon club de cœur où je joue depuis quatorze ans", expliquait-il après la rencontre. Avant d’avouer découvrir un nouveau monde : "L’intensité est plus haute et sur la vitesse de jeu, les libérations de balle, cela n‘a rien à voir. Il y a aussi beaucoup plus de phases de jeu, même si la densité physique est plus ou moins la même."

"Des opportunités à saisir"

Cette propension à valoriser les talents naissants est une politique assumée à Ernest-Wallon, qui a permis la renaissance récente. C’est aussi une obligation en période de Coupe du monde avec douze absents et une ligne entière de trois-quarts en moins. Durant l’été, s’il s’inquiétait logiquement d’un début d’exercice à hauts risques, le manager Ugo Mola se réjouissait de "la remarquable qualité des gamins dont [il] dispose". Aujourd’hui, il n’hésite pas à leur accorder sa confiance, comme pour le demi de mêlée Théo Idjellidaine (18 ans), placé sur le banc samedi dernier même s’il n’est pas entré.

Le technicien attend forcément d’eux fraîcheur, audace et enthousiasme, ses leitmotivs de toujours. Surtout, c’est cette insouciance qui peut offrir au Stade toulousain une véritable respiration alors que la marge est actuellement infime. Des attentes auxquels les intéressés entendre répondre. "Ce sont des opportunités à saisir, reprend Marty. Chacun a sa chance et c’est une bonne chose. En Top 14, on voit que de plus en plus de jeunes Français jouent. C’est rassurant." L’ailier repartira en prêt, à Mont-de-Marsan, au retour des internationaux. Mais, en attendant, il compte engranger de l’expérience et maintenir le club en bonne position. Voilà pourquoi lui, comme ses compères, est guidé par les cadres tels Tekori, Kaino ou Holmes. "Ils ont été très sympas avec moi avant ma première titularisation, m’ont aussi encouragé tout au long du match, même sur des actions négatives. Il y a également pas mal de joueurs de mon âge, donc ça aide. On se connaît très bien, nos liens sont forts, et l’intégration dans le groupe se fait plus facilement." À eux de jouer dans un hostile contexte briviste.

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