• Les Rochelais n’ont pas su s’exporter. Photo Julien Poupard
    Les Rochelais n’ont pas su s’exporter. Photo Julien Poupard
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La Rochelle : Encore et encore…

Les Rochelais ont été décevants à l’extérieur et n’ont pas réussi à imposer leur loi à Mayol contre Toulon (23-3). Préoccupant.

Il fallait sacrément aimer le rugby pour ne pas zapper la première mi-temps de ce Toulon - La Rochelle. Et globalement l’ensemble du match. Au menu, une (nouvelle) percée pleine de vista d’Arthur Retière, la réplique de l’international Anthony Belleau, un carton jaune de chaque côté et deux équipes incapables de profiter de leur supériorité numérique. Franchement, c’est à peu près tout ce qu’on a vu durant les 40 premières minutes qu’on qualifiera sobrement comme indigestes. Les courageux supporters rochelais ont certainement dû avoir ce refrain célèbre de Francis Cabrel dans la tête à la mi-temps "et ça continue encore et encore". Pourquoi ? Car une nouvelle fois depuis le début de la saison, les Rochelais ont dominé à l’extérieur. Ils ont monopolisé le ballon et l’occupation du terrain sans pour autant réussir à scorer et comme un souci n’arrive jamais seul, la discipline a été une nouvelle fois le point noir (sept pénalités et un carton jaune dans le premier acte). Les problèmes connus et récurrents du Stade rochelais ont donc une nouvelle fois resurgi sous le beau soleil du stade Mayol. Le manager Jono Gibbes comptait pourtant sur ce déplacement dans la Rade pour oublier la performance contre Bayonne : "On a besoin de ce match pour rectifier certaines choses et réaliser une performance plus calme, plus lucide " disait-il en conférence de presse vendredi. C’est raté dans les grandes largeurs.

Vivement Deflandre

Face à une équipe toulonnaise courageuse mais loin d’être insubmersible, les Rochelais n’en ont pas profité. La faute à une indiscipline chronique (12 pénalités) et à l’abandon progressivement du contrôle du jeu. Incapables de profiter de leur domination, les joueurs de Jono Gibbes et Ronan O’Gara ont fini par se faire punir par Facundo Isa au retour des vestiaires pour le premier essai du match. Le sourire jaune du manager rochelais en disait long sur sa future analyse même si sur ce coup, le Néo-Zélandais devait certainement regretter la décision de l’arbitre de ne pas faire appel à la vidéo sur la passe de Belleau à la limite de l’en-avant. Au centre du terrain, Pierre Aguillon a connu un centième match sous les couleurs rochelaises délicat, se terminant par un carton jaune pour un plaquage cathédrale lui rappelant sans aucun doute cette fameuse demi-finale en 2017 contre les mêmes Toulonnais. En conférence de presse vendredi, l’ancien joueur d’Oyonnax espérait "faire ce qu’il faut pour que je m’en souvienne toute ma vie." Malheureusement, cela ne sera pas le cas, tant au niveau comptable que sur le jeu développé.

La très longue action à un quart d’heure du terme dans les 22 mètres toulonnais résumait parfaitement le début de saison de La Rochelle à l’extérieur et leur incapacité à se montrer décisif au bon moment. Le retour la semaine prochaine dans leur stade Marcel-Deflandre pour le 50e guichet fermé du club consécutif arrive à point nommé pour les Jaune et Noir. On le sait maintenant, les Rochelais n’y arrivent pas loin de leurs bases. À eux désormais de montrer qu’ils restent souverains à domicile. Il le faudra pour ne pas se laisser décrocher au classement et surtout dans la tête.

Paul Arnould
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