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Coupe du Monde

Polledri l’éclaircie

Dans un match sans saveur, le flanker Jake Polledri constitua, avec son homologue, Braam Steyn, la seule satisfaction transalpine. Et tant pis pour la qualification...

Avant ce match, Jake Polledri était déjà entré dans l’histoire de la Coupe du monde. Vous savez comment ? En devenant l’avant ayant battu le plus grand nombre de défenseurs lors d’un match du Mondial depuis la création de celui-ci. Le flanker de Gloucester avait réalisé ce tour de force face au Canada, en battant 14 défenseurs à Fukuoka. Il avait aussi porté le ballon 16 reprises, couru 106 mètres, franchi trois fois et effectué quatre offloads. Des statistiques dignes d’un trois-quarts centre, voire d’un joueur du triangle arrière. Fort de ce nouveau record, Polledri n’avait plus qu’à en battre trois de plus pour en faire tomber un nouveau : celui du légendaire troisième ligne all black Wayne Shelford qui portait sur l’ensemble de la compétition. Mission accomplie pour le plus Anglais des Azzuri puisqu’il vaincu sept défenseurs sud-africains.

Mais n’allez pas croire que l’on ne se fie qu’aux chiffres. Sur le terrain, Jake Polledri fut véritablement le seul Italien, avec son coéquipier Braam Steyn à pouvoir prétendre à une place dans l’équipe en face. Polledri s’illustra aussi par une énorme activité en défense, tandis que Steyn pesa de tout son poids sur la ligne d’avantage.

O’Shea : "Une faute incompréhensible"

Polledri, c’est une des plus belles histoires de ce XV transalpin. Il y a deux ans, ce gosse de 23 ans jouait encore pour Hartpury en troisième division anglaise et bossait dans une sandwicherie pour gagner sa vie. Aujourd’hui, il joue dans l’un des meilleurs clubs d’Angleterre et a montré qu’il n’avait rien à envier à ses homologues sud-africains. Pas mal non ? "C’est vrai que parfois, j’ai besoin de me pincer pour réaliser ce qu’il m’arrive. Jouer une Coupe du monde c’est dingue non ?" s’étonnait l’interessé la semaine précédant ce qui aurait dû être un choc pour la qualification.

Mais la belle histoire ne suffira pas à consoler le sélectionneur Conor O’Shea qui voit, après cette correction, s’éloigner la possibilité d’une qualification qui, avouons-le, aurait tenu du miracle dans une telle poule. Mais il est évident que son équipe n’est pas taillée pour la qualification, notamment en raison d’une ligne d’attaque bien trop faible à l’image de l’arrière Matteo Minozzi qui a multiplié les maladresses, mauvais choix et passes approximatives. Devant, ce n’est que guère mieux. Certes Polledri et Steyn ont un vrai impact mais ils sont les seuls. Le général Parisse n’a plus ses jambes ni ses mains d’il y a cinq ans. Et que dire des piliers Andrea Lovotti et Nicola Quaglio qui ont fait l’erreur stupide d’asséner une sorte de plaquage cathédrale à deux à Duane Vermeulen lors d’un arrêt de jeu ? "Je l’ai tout de suite à la radio : je crois qu’ils vont prendre deux cartons rouges", confirmait O’Shea en conférence de presse. Une grossière erreur qui gâcha occasion italienne de marquer alors qu’ils n’étaient encore "qu’à" 14 points derrière… L’arbitre Wayne Barnes se montra compréhensif et ne pénalisa que Lovotti. Mais l’erreur est là : "À 17-3, nous avons eu ce franchissement puis il y a eu cette erreur incompréhensible. Nous avions dit, avant le match, que l’on devait tout faire à la perfection. On se prépare à de nombreuses éventualités mais pas à ça." Maintenant, les Italiens vont se préparer à affronter la meilleure équipe du monde : les All Blacks, en guise de conclusion de ce Mondial 2019. 

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