• Alexandre Dumoulin of Montpellier during the first training session of the new season 2018/2019 of the Montpellier Herault rugby on July 16, 2018 in Montpellier, France. (Photo by Alexandre Dimou/Icon Sport)
    Alexandre Dumoulin of Montpellier during the first training session of the new season 2018/2019 of the Montpellier Herault rugby on July 16, 2018 in Montpellier, France. (Photo by Alexandre Dimou/Icon Sport) Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Dumoulin : « J’ai 30 ans, c’est encore un bel âge »

Arrivé cet été, l’ancien international tente de se relancer et de retrouver le plaisir dans le béarn.

Comment l’équipe s’est-elle relevée du revers face au Racing 92 ?

C’est sûr que c’est un coup d’arrêt. Ce qui est embêtant, c’est de perdre à la maison mais on ne va pas commencer à se taper la tête contre le mur. D’autant que le score est sévère, au vu de la première période et de ce qu’ils ont produit. Tout le monde s’est réfugié dans le travail pour rectifier les secteurs qui n’ont pas fonctionné : le jeu au sol et la conquête, notamment.

C’est d’autant plus dommage que l’équipe restait sur de belles performances et pouvait commencer à regarder en haut…

Oui, personne n’avait misé une pièce sur nous à Clermont et après, à Toulouse, si l’on revient avec la victoire, il n’y a rien à dire. Avant ce match perdu face au Racing, le début de saison était plutôt bon. L’équipe se déplace à Lyon en espérant rectifier le tir. Il faut rester sur notre lignée en ne fermant pas le jeu.

Qu’est-ce qui vous impressionne le plus chez le Lou ?

Pour bien connaître son ancien entraîneur des avants, Karim Ghezal, je dirais la touche. C’est le meilleur alignement de France. Quand vous jouez derrière une telle rampe de lancement, ça facilite beaucoup le travail. Lyon a aussi des joueurs qui gèrent le jeu de manière très efficace à la charnière. John Wisniewski, avec qui j’ai joué, a de grosses qualités d’organisation, de jeu au pied… Après, c’est une équipe qui sait construire ses matchs, joue avec beaucoup de confiance et est très régulière.

Vos précédentes performances à l’extérieur vous donnent-elles plus de confiance ?

Ce que l’équipe a réalisé à Clermont et Toulouse, c’était très bien. Mais ces deux équipes étaient handicapées. On sait que Lyon n’est pas vraiment impacté par la Coupe du monde. L’effectif est presque au complet et est très impressionnant.

Comment jugez-vous votre acclimatation dans ce nouveau club ?

Elle est plutôt bonne. Je suis arrivé blessé car j’avais été opéré du tendon d’Achille. Il a fallu que je guérisse bien, ce qui a été le cas, puis que je reprenne le rythme des entraînements. Il a fallu aussi retrouver de la confiance car, avec l’absence de matchs, elle se perd. Ça fait un petit mois et demi que je suis dans l’équipe, j’enchaîne un peu et ça fait du bien. La progression et le retour à un bon niveau ne peuvent passer que par là. Je voulais un nouveau challenge pour reprendre du plaisir. Pau a une philosophie de jeu qui me convient même si les résultats n’ont pas suivi la saison passée. Et puis la famille de ma femme est à Saint-Gaudens, ça a compté.

Ces dernières saisons n’ont pas été un long fleuve tranquille…

Oui, ce n’était pas facile. Dans ma carrière, je n’ai pas été épargné. Je n’ai pas eu de très grosses blessures mais plein de pépins. Il y a eu de la malchance, il y a parfois des moments où j’ai trop tiré sur la corde. Je n’ai peut-être pas toujours bien géré… Ces blessures mettent des coups d’arrêt dans une progression. Il faut s’en relever à chaque fois en gardant le mental. La dernière année, à Montpellier, il y a des erreurs médicales et des décisions qui n’ont pas été bonnes, à mes yeux. Je comprends, d’un côté : les clubs nous payent et veulent nous faire jouer. Mais ça peut être au détriment de la santé du joueur.

Vous sentez-vous encore en pleines possessions de vos moyens ?

Ça tire un peu plus disons… Je vois que je n’ai plus 18 ans et, puis, on ne revient jamais à 100 % de toutes les blessures. Mais j’ai 30 ans, c’est encore un bel âge et je me sens bien. Il me reste quatre ou cinq ans devant moi, j’espère.

Il y a quatre ans, vous étiez à la Coupe du monde. Quel regard portez-vous sur l’actuelle ?

Ça ressemble à ce que notre équipe a vécu. Ça gagne les premiers matchs mais c’est poussif. Quand je les vois, je me dis : "P..., j’y étais." Ça fait bizarre.

La vôtre s’était conclue par la démonstration des All Blacks. Est-ce tout de même un bon souvenir ?

Ça a été un mauvais moment sur le terrain, mais, avec le recul, je me dis que c’était beau. C’était un rêve de gosse. Malgré la branlée, ça reste un beau souvenir. Nous avions rencontré une équipe incroyable. Je n’ai jamais rencontré un adversaire qui te faisait sentir aussi impuissants. Ils étaient meilleurs en tout.

Depuis, vous n’avez plus porté le maillot des Bleus. Qu’en retirez-vous comme sentiment ?

Guy (Novès) m’avait appelé, à l’époque où j’étais au Racing. Mais j’avais pris un coup sur le genou en Coupe d’Europe. Quand tu ne peux pas t’entraîner, tu n’y vas pas… Une fois que le wagon était parti, il était dur de le rattraper. À l’époque, je jouais 12 au Racing, j’étais en place. Puis il y a eu le départ pour Montpellier : Jake White m’a placé 13, il a fallu que je m’adapte, ça ne requiert pas les mêmes qualités, ce ne sont pas les mêmes placements. Plus tous les pépins physiques, ça faisait beaucoup. Mais j’ai vécu de très belles choses à Montpellier, avec ce parcours jusqu’en finale du championnat. J’ai vécu d’autres choses, c’est tout.

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