• Le super-typhon Hagibis a contraint World Rugby à annuler 2 rencontres, Angleterre - France et Nouvelle-Zélande - Italie
    Le super-typhon Hagibis a contraint World Rugby à annuler 2 rencontres, Angleterre - France et Nouvelle-Zélande - Italie
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Coupe du Monde

En pleine tempête

L’arrivée du super-typhon Hagibis a contraint World Rugby à annuler deux rencontres, ce week-end, dont le France-Angleterre. Si les contraintes de précaution s’entendent, l’amateurisme par manque d’anticipation est autrement plus gênant. Le rugby a offert au Japon un bien triste visage.

Pour une fois, une seule, World rugby a été ponctuel. Après 24 heures de tergiversations, de négociations, d’informations contradictoires et de discussions tendues sur fond de typhon Hagibis, la conférence de presse entérinant le sort des matchs du week-end a commencé à l’heure, à midi à l’AMA Interncontinental hôtel de Tokyo. Au pupitre, Alan Gilpin, directeur de la Coupe du monde de rugby 2019. Instant solennel, lourd. Le rugby vit alors une crise majeure. Et très vite, après une brève introduction sur les conditions climatiques exceptionnelles qui frapperont, ce week-end, la région de Tokyo, ce que tout le monde attendait : "Au vu des éléments récents transmis par les experts indépendants consultés par World Rugby, Hagibis s’annonce comme le plus gros typhon de l’année 2019 et devrait entraîner d’importantes perturbations dans les villes de Tokyo, Yokohama, Toyota et leurs environs, durant toute la journée de samedi. Les transports en commun devraient notamment être interrompus ou gravement perturbés. En conséquence, World Rugby et le Comité d’organisation de Japan Rugby 2019 ont pris la difficile décision d’annuler les matchs dans les zones affectées, une décision justifiée par les risques encourus en termes de sécurité." France-Angleterre ? Annulé. Nouvelle-Zélande-Italie ? Annulé. Irlande-Samoa et Australie-Géorgie maintenus, car joués dans des villes épargnées par la trajectoire du super-typhon.

Plus encore, ce match que tout le monde attendait comme le sommet des phases de poule, choyé par les organisateurs dans le plus grand stade de la compétition (Yokohama), en clôture de toutes les rencontres : Japon-Ecosse ? Décision dimanche. World Rugby gagne du temps et prie pour que le phénomène météorologique ait alors quitté la capitale nippone. Si ce n’est pas le cas, il faudra alors gérer une situation qui semble insolvable : vu l’enjeu immense de ce match, qualifié de "decider" (qui déterminera un qualifié pour les quarts de finale, potentiellement le Japon, dans "sa" Coupe du monde et pour la première fois de son histoire) il paraît inconcevable de ne pas le jouer ; vu les conditions climatiques qui s’annoncent, il paraît tout aussi inconcevable de le jouer en temps et en heure. Bon courage aux bonnes âmes de l’organisation, pour accoucher d’une solution qui ne contentera personne.

Les périls amateurs

Pour en arriver là, la nuit de mercredi à jeudi fut longue, à Tokyo. Le rugby, dans sa dimension mondiale, vivait là sa situation d’urgence la plus sérieuse de son histoire. Fallait-il vraiment annuler ces matchs, et offrir au monde cette image d’un sport qui se prétend professionnel, qui revendique l’organisation de la troisième plus grande compétition de sport au monde mais qui, en pleine période de typhons pour sa Coupe du monde au Japon, n’anticipe aucun plan B ? La vérité est là. "Dans le contexte d’une situation exceptionnelle et complexe, qui évolue rapidement, la sécurité des équipes et du public reste la priorité absolue des organisateurs. C’est en tenant compte de ces considérations que l’ensemble des décisions ont été prises, en collaboration avec les météorologues attachés à la compétition, les villes hôtes, les sites et les équipes", rétorque le communiqué de World Rugby. Le mal est pourtant là : pas dans l’application du principe de précaution, face à un événement d’ampleur exceptionnelle et, potentiellement, dangereux ; mais dans l’incapacité de ce sport à se comporter en "grand" sport.

Le rugby est face à ses périls amateurs : l’Italie est éliminée de la Coupe du monde, sans avoir même pu défendre ses chances dans un dernier match face à la Nouvelle-Zélande. Ils auraient perdu ? Peut-être. Mais les exploits existent et les Italiens méritaient leur opportunité. Les Bleus, eux, qui avaient tant besoin de jouer un match sérieux avant leur quart de finale, ont pris dès jeudi la route d’Oita. Sans avoir jamais croisé la route de l’Angleterre.

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