Deux points de suture pour Agen

  • Les Agenais de Loris Tolot, malgré une première mi-temps imprécise, ont fait le dos rond et ont réussi à renverser la pression. Ils obtiennent le match nul. Photo Icon Sport
    Les Agenais de Loris Tolot, malgré une première mi-temps imprécise, ont fait le dos rond et ont réussi à renverser la pression. Ils obtiennent le match nul. Photo Icon Sport
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Frustré par ses courts revers à l’extérieur et vexé par sa défaite contre Bayonne, le SUALG a réagi, luttant jusqu’au bout et jouant sans complexe. Et cette fois, il y a eu la réussite…

Le chrono de l’Arena indique 80 : 00 depuis deux bonnes minutes. Le dénouement de la partie reste à écrire. Le Racing 92 multiplie les temps de jeu quand, sur une charge anodine en apparence, Tom Murday plaque haut son adversaire. M. Blasco-Baqué tend logiquement le bras. Le Racing disposera d’une balle de match, des 45 mètres. Depuis le bord du terrain, Christophe Laussucq voit le ciel lui tomber sur la tête malgré le toit surplombant l’enceinte. Une fois encore, son équipe risque de voir un résultat positif s’envoler dans les dernières minutes. Sur les six premières journées, ce scénario catastrophe s’était déjà produit à trois reprises. Cruelle statistique. À Pau, les Lot-et-Garonnais avaient été crucifiés par un essai de Watisoni Votu à cinq minutes du coup de sifflet final, passant de quatre à zéro point. À Castres, ils avaient vu la pénalité du match nul de Raphaël Lagarde fuir les poteaux à 120 secondes du terme. La semaine précédente, ils avaient vu leur remontée fantastique échouer in extremis contre Bayonne, de 10-29 à 27-29. Les semaines se suivent et les regrets se ressemblent… Quand Sam Hidalgo-Clyne s’est élancé, la triste passe de quatre était sur le point de se produire. Mais le pied de l’expérimenté demi de mêlée écossais a tremblé. Christophe Laussucq et ses hommes pouvaient souffler : le vent a, pour la première fois, tourné dans le bon sens… Ironie de l’histoire, jamais le SUALG n’avait été autant bousculé cette saison : dominés en conquête et dépassés en vitesse, les visiteurs ne paraissaient pas en mesure de rivaliser avec ce Racing en reprise de confiance après son succès bonifié à Pau. À 13-3 à la 22e minute, même les plus irréductibles supporters agenais commençaient à ne plus croire en les chances de leurs favoris… L’essai de l’opportuniste Loris Tolot avant la mi-temps maintenait un semblant d’espoir. "À la pause, c’est presque un miracle de n’être qu’à six points, reconnaît Vincent Farré. Le groupe s’est accroché à ça." Même la réalisation de Kevin Le Guen au retour des vestiaires, reléguant de nouveau Agen à plus de dix longueurs, n’a pas entamé leur conviction. "Tout le monde a conscience que l’équipe peut faire mieux et doit faire mieux", avait annoncé Dylan Hayes. La promesse a été tenue : le SUALG a relevé la tête en mêlée, a produit des séquences ambitieuses avec, comme récompense l’essai inscrit par Jamie-Jerry Taulagi, et s’est même mis en position de l’emporter. Voilà sûrement une des plus belles qualités des pensionnaires d’Armandie : ils avancent sans complexe dans ce championnat malgré les blessures, le doute, les présumés rapports de force.

Des regrets, paradoxalement…

Le partage des points chez un cador ressemble à une petite victoire, une semaine après la plus rageante des défaites face à un promu. "Ce match prouve notre capacité mentale à réagir, avance Nathan Decron. Nous sommes heureux, c’est un très bon résultat." Et le centre de souffler : "S’ils avaient mis la pénalité à la fin, ça nous aurait fait très mal à la tête." Le perfectionniste Christophe Laussucq se dit lui aussi "content" mais dans le même temps "frustré". Cette pointe d’amertume peut paraître étonnante après un résultat aussi marquant. Avec le recul, le paradoxe se comprend : "J’ai l’impression que nous avons livré les trois mêmes matchs à l’extérieur, analyse le manager. Avec une défaite à zéro point, une à un point et un nul, on progresse mais il y a des regrets parce que, avec trois points sur ces trois sorties, ce n’est pas vraiment payé."

Sur le premier tiers du championnat, ses hommes auraient sans nul doute mérité de l’emporter au moins une fois en déplacement. Mais les trois points de consolation les rapprochent comptablement d’un succès et ils ont affirmé leur capacité à exister en terres hostiles. Contrairement à Brive, par exemple, revenu fanny de ses quatre premières sorties. Avec déjà deux revers subis à domicile, les Lot-et-Garonnais se doivent d’être conquérants loin d’Armandie s’ils veulent rester maîtres de leur destin. Depuis samedi soir et l’échec de Sam Hidaldo-Clyne, ils ont enfin reçu un premier petit coup de pouce dans leur mission.

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