• Depuis jeudi et la conférence de presse de World Rugby, le feuilleton autour de la rencontre capitale entre le Japon et l’écosse a alimenté l’actualité. Photos SV et Icon Sport
    Depuis jeudi et la conférence de presse de World Rugby, le feuilleton autour de la rencontre capitale entre le Japon et l’écosse a alimenté l’actualité. Photos SV et Icon Sport
  • Une semaine pour l’histoire
    Une semaine pour l’histoire
  • Une semaine pour l’histoire
    Une semaine pour l’histoire
Publié le / Modifié le
Coupe du Monde

Japon-Écosse : une semaine pour l’histoire

Depuis jeudi dernier et l’annonce de l’annulation des matchs, la fédération écossaise n’a cessé de mettre World Rugby sous pression pour que le match se joue. Mais malgré toutes ces tractations, le Japon a gagné à la régulière, sur le terrain. Écrivant ainsi la plus belle page de sa jeune histoire.

Avant ce huitième de finale qui faisait saliver tout le monde depuis des lustres, un confrère français expatrié à Tokyo depuis 17 ans nous confiait ceci : "Le rugby japonais joue son avenir ce soir. Si les Brave Blossoms ne se qualifient pas, le formidable élan populaire créé depuis 2015 et leur exploit contre l’Afrique du Sud va être brisé. Et l’année prochaine, les Jeux Olympiques feront tout oublier. Il ne restera rien de cette épopée." Mais les Japonais n’ont pas tremblé. Et on inscrit quatre essais pour décrocher une victoire bonifiée qui rendait une éventuelle remontada écossaise quasiment impossible. Avant cela, les écossais ont passé une rude semaine. Et c’est peu de le dire tant les nerfs des Celtes ont été mis à l’épreuve.

Flash-back : jeudi midi dernier, le directeur de la Coupe du monde Alan Gilpin annonce, face à la menace que représente le passage du typhon Hagibis prévu samedi, l’annulation des matchs France-Angleterre et Nouvelle-Zélande-Italie. Une décision qui a pour conséquence directe d’éjecter les Italiens de la compétition alors que ceux-ci étaient encore en position de se qualifier. En revanche, World Rugby préfère se laisser du temps avant de prendre une décision pour les matchs du dimanche en l’occurrence Namibie - Canada, états-unis - Tonga, Galles - Uruguay et surtout Japon - écosse Si leur match venait à être annulé, les écossais connaîtraient le même sort que les Italiens et le Japon filerait en quart de finale.

Alors, les dirigeants celtes décident de passer à l’offensive : dès le lendemain, ils font part de leur intention de saisir la justice si le match venait à être annulé. Le président exécutif de la SRU, Mark Dodson, monte au créneau : "Nous ne laisserons pas l’écosse être la victime collatérale d’une décision prise à la hâte." Les écossais butent sur un point du règlement de la Coupe du monde. Celui qui stipule que "si un match de poule ne peut être commencé au jour où il est prévu, il ne peut être remis au jour suivant et sera considéré comme annulé. Dans ces conditions, le match sera déclaré nul et les deux équipes empocheront deux points."

World Rugby recadre l’écosse, les Brave Blossoms ont de l’eau jusqu’aux genoux

Un véritable bras de fer s’engage. World Rugby reste ferme sur ses positions et rappelle aux Écossais qu’à l’instar de toutes les autres équipes, ils se sont engagés à respecter les règles de la compétition, l’Ecosse en appelle au bon sens et à l’équité sportive : "Nous pensons qu’il y a des alternatives, comme le fait de décaler le match de 24 heures", pose Dodson. "Bien sûr, notre priorité est la sécurité de tous. Mais si ce match venait à être annulé, il mettrait en péril toute l’intégrité sportive de la compétition. Voilà trois ou quatre jours que nous dialoguons avec World Rugby, qui ne veut pas nous écouter et reste sur son plan initial : soit le match est joué dimanche, soit il est annulé. Nous préparons cette compétition depuis quatre ans, nos gars ont effectué plus de 100 jours de préparation et nous avons déjà disputé trois matchs. Ce match est décisif pour nous", insiste encore le dirigeant. Des propos qui lui ont d’ailleurs valu, dès le lendemain, un sérieux recadrage de la part de World Rugby : "Il est regrettable que l’équipe d’Écosse se permette de faire de telles déclarations alors que nous faisons au mieux pour faire en sorte que se jouent l’ensemble des matches prévus dimanche. D’autant plus, que la menace est réelle pour la sécurité du public sachant que le typhon est attendu comme l’un des plus grands et destructeurs du Japon depuis 1958." Ambiance… Pendant ce temps-là, l’équipe du Japon effectuait son "captain run" dans un stade totalement inondé à Tokyo : la vidéo montrant les joueurs ayant de l’eau jusqu’aux genoux pour accéder au terrain d’entraînement est devenue virale sur les réseaux sociaux...

La décision a donc fini par tomber samedi en milieu de matinée : Japon - écosse est maintenu. Alléluia. Les Écossais ont "remporté" une bataille, si l’on peut le dire ainsi. Mais ils n’ont pas remporté la guerre. Celle qui comptait le plus, disputée ce dimanche sur la pelouse de l’International Stadium de Yokohama, face à une équipe japonaise qui l’a surclassée dans tous les secteurs de jeu. Et qui, ce soir-là, voulait entrer dans l’histoire.

Voir les commentaires
Réagir