• Jonathan Pélissié, associé seulement pour la troisième fois à Jean-Marc Doussain, n’a pas su toujours trouvé les solutions. Photo Icon Sport
    Jonathan Pélissié, associé seulement pour la troisième fois à Jean-Marc Doussain, n’a pas su toujours trouvé les solutions. Photo Icon Sport
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Le gâteau sans la cerise pour Lyon

Avec treize changements par rapport à l’équipe victorieuse de l’UBB une semaine plus tôt, s’est imposé sans frayeur mais n’a pas su mettre un dernier coup de rein pour décrocher le bonus offensif.

à l’image du Lou, nous avons eu la tentation de mettre la charrue avant les bœufs avant la fin du match. à la mi-temps, avec neuf points d’avance, un adversaire assez inoffensif en attaque, un banc XXL, nous imaginions bien voir le leader accélérer en deuxième période et aller chercher un bonus offensif, largement dans ses cordes au vu de la physionomie de la rencontre. On avait un titre tout prêt, tentant, simple, sobre et efficace, "Le Lou sur son 31", comme le nombre de points qu’on l’imaginait au coup de sifflet final. Mais le rugby est ainsi fait : on peut gagner un match de manière inespéré un jour et ne pas réussir à prendre un bonus offensif à portée de main. Ce matin, le compteur du Lou est bloqué à 30 points. Ce n’est pas mal non plus après seulement sept journées de championnat. C’est par exemple déjà un de plus que le nombre de points de son voisin grenoblois la saison dernière, treizième et barragiste (29 points).

Comme la semaine dernière, le contenu et le résultat ont eu le don de faire naître des sentiments mitigés chez les Lyonnais. Contre Bordeaux-Bègles, la question était de savoir s’il fallait se réjouir d’un succès inespéré ou s’inquiéter après une performance plus que médiocre par instant - "vingt-cinq minutes pas loin du catastrophique en première période", rappelait encore samedi soir Pierre Mignoni. Après la réception des Palois, les Lyonnais oscillaient entre le sentiment du devoir accompli : un succès net à l’issue d’un match mené de bout en bout ou le goût âcre d’inachevé dans la bouche, avec un point de bonus offensif largement à la portée d’un ensemble qui a semblé confondre vitesse et précipitation.

Si le coach lyonnais se montrait plus indulgents que la semaine dernière, il regrettait un dernier quart de match moins abouti. Le Lou a semblé coincé au moment où il aurait dû se libérer. "Je ne crois pas que les nombreux changements dans l’équipe soit une explication, jugeait-il. C’est un manque de respect du ballon, pas un manque de respect vis-à-vis des Palois. Je parle de manque de respect dans le contrôle du ballon, dans notre volonté d’aller trop vite, dans le fait perdre nos structures. Nous avons échappé des ballons importants. Si nous marquons assez vite, à dix minutes de la fin, on peut les mettre sous pression. Mais nous n’avons pas respecter le ballon et c’est dommage."

Palisson, première titularisation

Symbole de ces difficultés collectives en fin de match, Baptiste Couilloud a tenté de dynamiser le jeu, avec notamment une pénalité vite jouée à la main, et deux autres actions où il n’a pas trouver ses partenaires, Francisco Gomez Kodela et Dylan Cretin. "Il y a eu des imprécisions, reconnaît le demi de mêlée. J’avais envie de mettre beaucoup de rythme, beaucoup d’énergie. Des fois, les ballons n’arrivent pas là où on voudrait. J’aime bien prendre des risques, tenter des choses. Aujourd’hui, tout n’est pas passé. Nous sommes un peu frustrés. Nous aurions mettre plus de points, mieux créer et profiter des brèches."

Le Lou doit finalement se contenter d’une septième victoire consécutive. Le regret de ne pas avoir décroché le bonus ne doit masquer le vrai enseignement de la soirée. Il peut compter sur la profondeur de son effectif et une homogénéité voulue et développée depuis deux saisons et qui porte ses fruits. Après tout, la charnière formée par Jonathan Pélissié et Jean-Marc Doussain débutait son troisième match seulement ensemble (après les déplacements à La Rochelle et Agen la saison dernière, conclues par deux défaites), Mathieu Bastareaud apprivoise encore son nouveau poste de numéro 8, Patrick Sobela et Jean-Marcellin Buttin étrennaient leur deuxième titularisation de la saison, Alexis Palisson sa première et Hamza Kaabèche dépannait au poste de pilier droit, en l’absence de Demba Bamba et Clément Ric, blessés. Le Lou a peut-être laissé un point en route sur le plan comptable mais il en a marqué un bon sur le plan de la gestion de son effectif.

Sébastien Fiatte
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