Pau : pression à froid

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Cueillis d’entrée puis incapables d’imposer leur jeu, les Béarnais se sont logiquement exposés à l’indiscipline face au leader lyonnais.

Ils s’étaient, de leur propre aveu, déplacés "sans pression" chez le leader. Bien conscients que, quel que soit le résultat, personne ne viendrait leur chercher trop de poux dans la tête, au contraire de leur large défaite à domicile contre le Racing. Le problème, avec ce genre d’approche ? C’est qu’elle incite parfois à se contenter de peu et que les Palois sont précisément tombés dans cet écueil. Car au vrai, au vu du turnover effectué par Pierre Mignoni et des scories logiquement affichées par le Lou samedi soir, il y avait objectivement la place de ramener quelque chose, à l’image du résultat réalisé à Clermont. Las pour ces derniers, ils ne sont pas parvenus à retrouver la recette qui leur avait si bien souri quelques semaines plus tôt…

L’entame parfaite du Michelin, qui avait vu Kuffner marquer au bout de trois minutes ? Elle fut clairement aux antipodes, avec cette faute de placement de Votu parfaitement exploitée par les Lyonnais au bout de quarante-cinq secondes de jeu. La domination en mêlée ? Elle ne fut pas non plus au rendez-vous, M. Marchat finissant par sévir au bout d’un nombre incalculable d’effondrements en "cartonnant" Adriaanse en même temps que son vis-à-vis Chiocci, ces dix minutes à quatorze contre quatorze finissant par s’avérer fatales (essai de Couilloud à la 61e). Même les belles séquences de jeu aperçues à Clermont ? Elles furent trop sporadiques (36 % de possession de balle…), l’entraîneur Frédéric Manca reconnaissant que hormis sur l’action de l’essai de Votu, ses hommes "avaient connu des difficultés". La faute, en partie, à la blessure d’un homme, Colin Slade. Grand artisan de la victoire au Michelin, l’ouvreur fut cette fois obligé de quitter la pelouse dès la 4e minute pour un protocole commotion, avant de définitivement jeter l’éponge six minutes après son retour sur la pelouse. Quand ça veut pas…

Dix-sept pénalités concédées

Et puis, il y eut l’évidence, à savoir cette terrible indiscipline (dix-sept pénalités concédées) qui coula peu à peu les Palois, englués sous la pression lyonnaise. "Comme on n’a pas su tenir le ballon, il nous a fallu défendre. On n’a pas su initier de turnover et même s’il n’y a rien à redire au niveau de l’état d’esprit, on s’est mis à la faute. Dix-sept pénalités, c’est énorme, c’est deux fois trop", analysait le demi de mêlée Thibaut Daubagna. "Quand tu commets dix-sept fautes, c’est autant de fois où tu te remets sous pression, calculait Manca. Chez le leader, il faut être plus intransigeant. Le regret que j’ai, c’est qu’on est capable de créer davantage et que par instants, nous n’avons pas osé jouer. Il faut qu’on gagne en maturité là-dessus car nous sommes capable de faire beaucoup mieux. On ne doit pas avoir de doute sur notre rugby." Le magnifique essai de Votu, inscrit en infériorité numérique face à la meilleure défense du Top 14, est là pour en attester. Dommage car des équipes comme Bayonne, Agen ou même Brive parviennent à jouer sans complexe. Et pourraient à terme constituer des concurrents embêtants, si d’aventure les Béarnais ne retrouvaient pas confiance en leur jeu. Qui plus est avant cette réception risquée du CO…

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