Ramos : polémique sans suite

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Le retour sur les terrains du Top 14 de l’arrière toulousain, officiellement forfait pour la Coupe du monde, fait logiquement polémique. Les Bleus, pourtant, sont couverts par le règlement.

L’information traînait depuis quelques jours et, jeudi, a été finalement révélée au public par Didier Lacroix lui-même. En conférence de presse, le président du Stade toulousain confiait la possibilité de voir Thomas Ramos sur la feuille de match, ce samedi face à Castres. "Nous avons les autorisations administratives pour pouvoir faire jouer Thomas Ramos contre Castres. On décidera au dernier moment avec le staff médical. Celui-ci a appelé le staff médical des Bleus pour faire un point sur son cas." Ce n’est pas rien. L’arrière toulousain, qui était même titulaire à Ernest-Wallon face au CO, était rentré une semaine plus tôt du Japon en raison d’une blessure à une cheville et forfait pour la Coupe du monde. "Deux semaines d’absence au minimum", assurait alors le sélectionneur Jacques Brunel, pour justifier sa décision de renvoyer Ramos en France. Raté.

Brunel : "Ça ne m’a pas fait rire de renvoyer Ramos"

Le différentiel de traitement, entre le Stade toulousain et le XV de France, interroge forcément. Les Bleus ont-ils cherché à se séparer du Toulousain pour des raisons d’abord sportives, après une prestation décevante et alors que Vincent Rattez, en France, signait un début de saison exceptionnel ? Jacques Brunel s’en est défendu, ce dimanche. "Un diagnostic à partir d’une IRM, la même qu’à Toulouse, a conclu à une indisponibilité évaluée à une dizaine de jours. Nous, nous avions alors deux matchs à jouer, contre le Tonga puis l’Angleterre, sans connaître le résultat de celui des Anglais contre l’Argentine. Voilà le contexte, sachant que nous avions besoin d’avoir deux arrières à 100 % disponible. […] Ça ne m’a pas fait rire de renvoyer Thomas Ramos, l’un des trois meilleurs buteurs français."

Il a même été excellent, face à Castres. Avant de terminer la rencontre en larmes, dans les bras de sa compagne présente dans les tribunes d’Ernest-Wallon. "Il nous semblait judicieux pour lui et pour nous de le mettre sur le terrain. Surtout pour lui, confiait, après la rencontre, Ugo Mola au micro de Canal +. Il m’a dit tout simplement qu’il ne se voyait pas partir en vacances. Il avait l’impression qu’on lui volait quelque chose."

Pas de risque légal pour les Bleus

Passée la polémique, qui s’entend sur la forme, les Bleus pourraient-ils être inquiétés par l’institution World Rugby et les organisateurs de la compétition, au regard de cette situation franchement soupçonnable ? En amont de la compétition, chaque nation transmet un groupe de trente et un joueurs qui ne peut être modifié en cours de route que par des blessures. Et la Fédération internationale est partie prenante de cette évaluation de la blessure.

Interrogé sur le cas de Thomas Ramos, ambigu, l’institution mondiale calme le jeu : "Le protocole médical a été respecté. Les certificats et rapports médicaux ont été envoyés par l’équipe, réceptionnés et approuvés par le "Medical Advisory Group" officiant pour Japon Rugby 2019 avant d’être validés par le directeur du tournoi. Toutes les équipes ont le droit de faire appel à un remplaçant en cas de blessure comme prévu dans les termes de participation." En clair, l’organisateur Japon Rugby 2019 dispose d’un groupe de spécialistes médicaux qui analysent chaque cas et exercent un pouvoir de contrôle sur la réalité de la blessure des joueurs. Il a validé celle de Thomas Ramos. Il n’y aura donc pas de suites réglementaires à l’affaire.

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