• Après leur victoire face aux Brivistes 41 à 17, les Rochelais de Pierre Bourgarit voudront réitérer face aux Racing pour ne pas laisser échapper les quatre premiers du championnat.
    Après leur victoire face aux Brivistes 41 à 17, les Rochelais de Pierre Bourgarit voudront réitérer face aux Racing pour ne pas laisser échapper les quatre premiers du championnat. / Xavier Leoty
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Top 14

La Rochelle : enchaîner, et séduire ?

Pour la première fois de la saison, les Rochelais reçoivent deux fois consécutivement au stade Marcel-Deflandre et ont l’occasion d’enchaîner avec une deuxième victoire qui les replacerait dans le gratin du championnat.

Que dire sur le premier quart de championnat du Stade rochelais ? Comme souvent sur la côte Atlantique, le sujet Jaune et Noir est servi à toutes les sauces. Ressorte deux extrêmes, comme souvent. Les plus défaitistes, qui broient du noir et considèrent les sept premiers matchs des Rochelais comme négatifs. Et les plus téméraires, les aficionados du génialissime, qui ne voient que du positif dans le début de saison de leur équipe favorite. Pourquoi vous parle-t-on de cela ? Car à l’heure d’analyser les débuts de la nouvelle ère Gibbes-O’Gara, il faut savoir faire la part des choses. Les apparences montrent une 6e place loin d’être inquiétante avec pour le moment encore une invincibilité à domicile. Les contenus des matchs montrent une réalité moins réjouissante : les Rochelais ont du mal. Le jeu "léché" des dernières années n’est pas encore visible et les coéquipiers de Romain Sazy peinent à imposer leur plan de jeu. Un constat partagé avec l’entraîneur des avants Grégory Patat. "Au niveau du contenu, on a beaucoup de choses à bosser, disait-il après la victoire bonifiée contre Brive. On a du mal à mettre notre jeu en place. On perd encore beaucoup de ballons, beaucoup de fautes de main, sur les turnovers, on n’arrive pas à remettre de la vitesse. Tout ça on le bosse aux entraînements mais il n’y a pas encore de rendu en compétition."

"Le Top 14 est un long chemin de croix"

L’entraîneur des Jaune et Noir serait-il un peu dur avec ses joueurs ? Le terme exact serait plutôt perfectionniste. Et ambitieux. Comme beaucoup de coachs et de compétiteurs, l’ancien joueur d’Auch n’a besoin de personne pour faire sa propre analyse. Il n’est surtout pas aveugle et voit parfaitement le travail encore à effectuer pour atteindre le niveau souhaité. "C’est laborieux, tout le monde est frustré. La semaine, il y a de bonnes sessions de collectif et on a du mal à le voir. L’année dernière, ça se débridait, on arrivait à mettre des passes derrière cette défense et aujourd’hui, soit on les échappe, soit on ne domine pas nos contacts. Il y a un peu de frustration mais on va continuer, courber le dos et y croire."

Contre le Racing 92, les Rochelais auront l’occasion d’enchaîner avec un deuxième succès consécutif en Top 14. Clairement le plus important et tant pis pour les amoureux du beau jeu. "On va affronter un adversaire revanchard qui a une très bonne conquête et une défense agressive, anticipait Patat. Ils n’arrivent pas non plus comme nous à mettre leur jeu en place mais on veut avancer. On sait qu’on est un peu dans le dur en termes de contenu mais le championnat est un long chemin de croix et même si nous n’avons pas un jeu léché, on va essayer de ne pas perdre trop de points sur les adversaires." Contre Brive le week-end dernier, les Rochelais ont tenté de reproduire ce fameux jeu qui faisait leur marque de fabrique il y a encore peu. Avant de se recentrer sur la conquête face à la difficulté du jour et de prouver qu’au Stade rochelais, la mêlée était aussi une force non négligeable. La Fontaine disait : "Rien ne sert de courir ; il faut partir à point." Pour les hommes de Jono Gibbes, qui ne souviennent de leur creux la saison dernière en février-mars qui aurait pu leur être fatal pour la qualification, ce proverbe doit être pris au sérieux. En somme, la saison est déjà trop avancée pour perdre des points et laisser s’échapper les quatre premiers au classement. En attendant des jours meilleurs…

Paul Arnould
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