Perpignan - Mont de Marsan : Deux de cœur

  • Depuis son départ de Montpellier en mars 2018, Charles Géli est passé par la Fédérale 2 avant de rebondir dans son club de cœur, l’Usap. Comme une évidence… Photo Icon Sport
    Depuis son départ de Montpellier en mars 2018, Charles Géli est passé par la Fédérale 2 avant de rebondir dans son club de cœur, l’Usap. Comme une évidence… Photo Icon Sport
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Absents des terrains pros depuis mars 2018, après avoir clamé son désamour pour le rugby de haut niveau, l’ancien talonneur de Montpellier Charles Géli est de retour à Perpignan, son club de cœur.

"J’ai l’impression de ne plus correspondre à ce que le rugby attend, d’être en marge. Je pars sans regrets." 29 juin 2018. Dans un communiqué publié par le club de Montpellier, Charles Géli annonce, non sans fracas, qu’il quitte le MHR avant même le terme de son contrat. Dans la foulée, le talonneur acte la fin de sa carrière professionnelle. À seulement 31 ans. Son cri du cœur intervient après plusieurs saisons difficiles au sein du vestiaire héraultais. Miné par un temps de jeu famélique et certains comportements incompatibles avec sa vision du rugby, Charles Géli quitte le haut niveau par la petite porte, 138 matchs de Top 14 et 36 rencontres européennes au compteur. "Je ne me reconnaissais pas dans ce rugby là-bas. Je n’avais plus grand-chose à y faire", raconte-t-il, plus d’un an près. Entre-temps sont se passées beaucoup de choses : un déménagement à Perpignan, une pige à Leucate-Roquefort en Fédérale 2… puis un retour au premier plan, presque comme une évidence, lorsque l’Usap fait appel à lui cet été.

À Montpellier, son casier portait le numéro 66

Privé de deux talonneurs, Seilala Lam, retenu à la Coupe du monde, et Manu Leaitaua, victime d’une rupture du tendon d’Achille, le club catalan doit recruter. Le choix se porte rapidement sur un ancien de la maison. Sept ans après son départ, Charles Géli endosse à nouveau le maillot sang en or. Une fierté. "J’ai eu de la chance de pouvoir rejouer à Aimé-Giral, j’essaie de ne pas la galvauder. Des couleurs et des identités à défendre, il n’y en a pas cinquante. Certains y arrivent, pas moi. Je me retrouve dans les gens qui vivent ici. C’est ce qui me plaît. Ça ne m’a jamais quitté", assure-t-il. À Montpellier durant six saisons, Charles Géli n’a jamais oublié sa ville et son club de cœur. Preuve en est le numéro 66 que portait son casier dans le vestiaire du MHR.

"Ce serait une belle fin"

Au-delà des sentiments, Charles Géli a surtout dû faire face à un défi d’ordre sportif depuis son retour en Catalogne. Alors qu’il n’envisageait pas, ou alors secrètement, retrouver le haut niveau, le talonneur a quitté la Fédérale 2 pour évoluer deux divisions au-dessus. Une marche non négligeable. "Je n’y suis pas passé du jour au lendemain, la préparation a été bien gérée et c’est important. Car je suis passé du rythme de monsieur tout le monde à un rythme de sportif de haut niveau", confirme l’intéressé. Propulsé numéro un à son poste avec la blessure de Raphaël Carbou, Charles Géli connaîtra, ce vendredi, sa septième titularisation de la saison. Déjà. Une première depuis l’exercice 2014-2015. Convaincant sur le terrain, irréprochable en dehors, le talonneur porte fièrement l’ADN de la formation roussillonnaise, et profite comme il se doit de chaque apparition, alors que son contrat se termine le 30 novembre : "Ce serait une erreur de trop s’en préoccuper. Je vais plutôt regarder ce qu’il me reste, et je vais en profiter. Ce serait en tout cas une belle fin." La fin que mérite ce genre de joueur, et ce genre d’homme.

Emilien Vincens
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