Retallick à poings nommés

  • En manque de temps de jeu dans cette première partie du Mondial à cause d’une blessure à l’épaule, Brodie Retallick sera titulaire face à l’Irlande, au détriment de Scott Barrett.
    En manque de temps de jeu dans cette première partie du Mondial à cause d’une blessure à l’épaule, Brodie Retallick sera titulaire face à l’Irlande, au détriment de Scott Barrett. Sportsfile / Icon Sport - Sportsfile / Icon Sport
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Longtemps blessé ces derniers mois et en manque de rythme la faute à une phase de poule tronquée, brodie retallick sera pourtant titulaire face à l’irlande. N’en déplaise à la concurrence.

C’était la question que toute la Nouvelle-Zélande se posait. Jouerait, ne jouerait pas? Et pour une fois, les regards ne se tournaient pas sur la présence ou non dans l’équipe de départ des Blacks des deux vedettes Beauden Barrett ou Sonny Bill Williams, mais plutôt sur celle d’un ferrailleur, un vrai. Un maître du travail de l’ombre, rugueux au possible et pourtant si doué avec la gonfle entre les mains. Il s’agit bien sûr de Brodie Retallick "himself", dont la titularisation était remise en cause par plusieurs facteurs.

Déjà, le géant de Waikato n’avait joué que trente petites minutes depuis cet été, la faute à une vilaine blessure à l’épaule contractée face à l’Afrique du Sud lors du dernier Rugby Championship. Un déblayage appuyé de la montagne sud-africaine RG Snyman (2m08 pour 125 kg), et voilà comment l’imposant Retallick s’est retrouvé sur le flanc durant des semaines, le bras écharpé. Bon an, mal an, celui que l’on considère comme l’archétype du deuxième ligne moderne a repris les contacts, puis la compétition face aux modestes Namibiens à Tokyo. Si modeste qu’Hansen décida de le faire sortir au bout d’une demi-heure, histoire d’éviter toute rechute inutile, et de le garder frais pour son dernier tour de chauffe que devait constituer le match face à l’Italie...

On connaît la suite. Le typhon est passé par là, l’Italie à la trappe et voilà comment l’associé préféré de Sam Whitelock se retrouvait sans rythme international, le couteau entre les dents.

Scott Barrett la menace

Pour le rythme donc, disons que les Blacks ont trouvé la parade. Le géant (2m04) des Chiefs s’étant entraîné dur toute la fin d’été de son côté, quand le coach Hansen affirmait que les siens s’étaient préparés à très haute intensité pour pallier le manque de compétition ces derniers temps, "avec des données GPS proches de celles d’un match".

L’autre facteur qui a fait de la présence au coup d’envoi de Retallick une énigme, c’était bien sûr la confirmation Scott Barrett. Le petit frère de Beauden fut étincelant en ouverture du Mondial des Blacks, auteur d’un essai, actif aux quatre coins du terrain et en couronnement, élu homme du match face à l’Afrique du Sud, au milieu de la cohorte de Néo-Zélandais qui venaient pourtant là de réaliser un match dantesque. La piste Retallick sur le banc devenait alors crédible, d’autant que le numéro 5 des Crusaders remettait ça face aux Canucks, inscrivant un nouvel essai pour concrétiser son match presque parfait.

Mais à l’approche d’un quart de finale inédit, face à une équipe d’Irlande qui jouera "le match d’une carrière" d’après Sexton, privilégier un vrai pénible dans la cage, qui plus est désireux de montrer qu’il est toujours le numéro un au poste, était le choix de la raison. Hansen l’a fait en titularisant Retallick, nul doute que ce dernier le lui rendra bien.

Théo Fondacci
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