• Mathieu Smaïli, lors du déplacement de Toulon, au Stade français.
    Mathieu Smaïli, lors du déplacement de Toulon, au Stade français. Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Top 14

Smaïli : « Smile » et résilience

Auteur de son premier essai en Top14, le jeune toulonnais, Mathieu Smaïli (20 ans), espère se faire une place dans l’effectif du RCT, bien conscient du rêve éveillé qu’il est en train de vivre.

D’André-Veran à Mayol. Du Super Challenge 2014 au titre de champion du monde U20, en passant par ceux de champion de France Crabos, deux fois, puis Espoirs ; rien ne semble pouvoir arrêter Mathieu Smaïli (20 ans). Membre éminent de la "génération Wilkinson " ce Hyérois pure souche s’installe semaine après semaine dans le groupe toulonnais (5 matchs, 1 titularisation cette saison). Pourtant si tout lui sourit aujourd’hui, les choses n’ont pas toujours été simples. Il y eut d’abord les blessures. Alors que ses conscrits (1999) Gros ou Carbonel, découvraient le monde pro, ce grand espoir continuait à faire ses armes en catégories jeunes, se battant contre les commotions. Puis la pression. "J’avais du mal à gérer les avant-matchs. " Mais ces contretemps sont désormais derrière lui. "J’ai suivi des séances de préparation mentale. Ça m’a libéré. " Le travail, donc, mais également la prise de conscience qu’il n’était pas un joueur "normal " ; grâce notamment à la Coupe du monde qu’il a disputé et remporté avec l’équipe de France u20, en juin dernier. Face aux meilleurs jeunes de sa génération. Dont il fait partie. "Après ça, quand tu abordes un match tu es plus confiant. Tu as moins de "mauvaise " pression avant les matchs. "

"Savea ? Je n’y aurais jamais cru"

De retour à la réalité varoise, le polyvalent toulonnais -arrière, ouvreur ou centre, où il imagine se stabiliser- la "Smile" comme il est surnommé (pour sa joie de vivre, "smile" étant la traduction anglaise de "sourire " ?) veut tenter de bousculer l’ordre établi. "J’espère gagner ma place dans le groupe. Ne pas rester un second choix qui n’entre qu’en cas de blessure. Faire partie de la rotation. " Pour ce faire, il pourra compter sur les précieux conseils de… Savea. "C’est un honneur pour moi… Si quelqu’un m’avait dit ça cinq ans en arrière, je n’y aurais jamais cru. " Titularisé pour la première fois de la saison contre Paris, Smaïli a marqué son premier essai en Top14. Sur une passe de… Savea. "Quand il parle, on l’écoute. Il a un immense vécu, loue le Toulonnais, sourire toujours accroché aux lèvres. Il me conseille beaucoup, me dit souvent de me poser moins de questions. […] Je ne pensais pas en arriver là. Je me sens privilégié, un peu chanceux."

"J’aimerais monter à 90 kg"

Et si la chance n’a évidemment rien à voir avec sa réussite, contrairement au travail et à la résilience, Smaïli demeure presque hébété, à l’idée d’évoluer avec le groupe pro. "Quand j’étais petit, j’habitais dans un stade*. Donc le rugby, c’est venu tout seul. Mais le monde pro, je le voyais à la télé. Ou quand le RCT venait s’entraîner à Hyères. Je ne pensais jamais y goûter… " Et pour poursuivre son ascension, la "Smile " sait qu’il lui reste du travail. "Je fais 1,80 m pour 88 kg. J’aimerais monter à 90 kg. Au centre, les mecs sont gaillards…" En attendant les kilos, il pourra compter sur sa vitesse, sa vista et son amour pour le ballon ovale. "Le rugby c’est ma passion. J’y ai toujours joué ; souvent avec Louis (N.D.L.R. Carbonel) pas loin. L’été quand il n’y avait plus d’entraînement, on allait faire du "beach ", on n’arrêtait jamais. " Sauf que désormais le sable a fait place aux gazons du Top14 et que les potes d’un jour sont devenus ses "collègues". Les prochaines lignes de cette belle histoire ? Elles s’écriront samedi, devant un stade Mayol acquis à sa cause, et intimement convaincu que cette génération est en passe de redorer le blason frappé du muguet.

Pierrick Ilic-Rufinati
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