Brive : Les bonnes grosses cotes

  • Pour sa première au Stadium, le Sud-africain Nico Lee a brillé au centre de l’attaque briviste. Photo DR
    Pour sa première au Stadium, le Sud-africain Nico Lee a brillé au centre de l’attaque briviste. Photo DR
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Brive a réalisé la passe de quatre à la maison, en ajoutant le bonus. Le CABCL peut remercier ses recrues, méconnues jusque-là mais décisives à plus d’un titre.

À 19 h 42, samedi soir, le Stadium municipal de Brive a versé dans l’ivresse. La rencontre la plus dangereuse du début de saison en Corrèze s’apprêtait à connaître le plus joyeux des dénouements : un succès bonifié pour le promu. Un dénouement inespéré ou presque au regard de la dangerosité de l’adversaire du jour. "Nous sommes invaincus depuis plus de vingt matchs à la maison mais c’est le défi le plus dur que nous avons à relever depuis très longtemps, avouait Thomas Laranjeira dans la semaine. Cette équipe est on ne peut plus complète : elle est sur une bonne dynamique, a de la confiance, des individualités dans toutes les lignes, un collectif très performant…"

La délicate mission des Brivistes a été quelque peu facilitée par le plaquage cathédrale d’un autre temps infligé par Mahamadou Diaby à l’arrière corrézien. Même en supériorité numérique, le succès n’était pas assuré. Loin de là… En début de seconde période, encore, l’indécision planait au-dessus de la pelouse Amédée-Domenech. En raison de la résilience bordelaise et des errements stratégiques brivistes. Puis les hôtes ont pris l’ascendant, inévitablement. Grâce à qui, à quoi ? À leur défense, imperméable pour la seconde fois de suite à domicile. À leur conquête, performante, notamment dans les airs. À l’enthousiasme du collectif, marque de fabrique maison. Mais aussi et surtout, pour l’occasion, grâce à des individualités capables de produire des exploits et de gagner des duels décisifs. En la matière, les nouveaux venus apportent une précieuse plus-value. "Je félicite les recruteurs, ils ont fait du bon boulot", sourit Jeremy Davidson, l’architecte du collectif et le dénicheur de pépites. Samedi, comme à chaque match au Stadium depuis le début de la saison, la lumière est venue de Julien Blanc, peut-être le joueur le plus sous-coté de Top 14 avant cette année : sa merveille de diagonale pour Joris Jurand et son quatrième essai de la saison ont foudroyé l’adversaire. "Julien continue de progresser à chaque match, félicite le manager. Il joue de plus en plus en équipe tout en montrant ses qualités de vitesse et dans les duels."

Au plaisir de Nico Lee

Le demi de mêlée a été bien aidé par les nouveaux arrivants, du dynamique pilier fidjien Mesake Doge, repéré en Challenge Cup sous les couleurs de Timisoara, au guerrier des rucks Mitch Lees, vétéran du Premiership, en passant par l’électrique Nico Lee. Ce méconnu talent sud-africain a épaté son monde pour sa première à domicile, après un début de saison contrarié par une opération à un pouce. "J’avais d’autant plus d’énergie à donner sur le terrain. L’essai marqué à La Rochelle m’avait déjà permis de reprendre confiance en mes moyens." L’espoir des Cheetahs, décisif sur l’essai de Julien Blanc et auteur d’un sauvetage décisif devant son en-but, savoure : "Je me régale, franchement. C’est la première fois que je joue dans un stade plein alors que ce n’est pas une finale." Le public a entre autres copieusement acclamé ses charges tonitruantes et ses courses tranchantes : "C’est un joueur très intéressant pour Brive", sourit Jean-Baptiste Péjoine, tout heureux de pouvoir compter sur de telles individualités derrière. Avec le talent, tout devient plus simple : "Il n’y a pas besoin de faire compliqué chez les trois-quarts, on l’a vu avec les All Blacks : plus tu joues simple, plus tu joues des duels, plus tu joues debout, plus tu avances. Ça commence à bien performer."

Les recrues d’aujourd’hui brillent. Celles d’hier, aussi, apportent une contribution majeure au début de championnat convaincant du promu : paris d’hier, Joris Jurand et Matthieu Voisin ont ouvert et clôt la marque, le troisième ligne se chargeant entre-temps de dérégler l’alignement bordelais. Et que dire de Enzo Hervé, déconcertant du haut de ses 21 ans, dans le costume de chef d’orchestre ? Sa progression, aussi, vient conforter les entraîneurs dans leurs choix des hommes. À près d’un tiers du championnat, toutes ces apparentes bonnes pioches rendent les supporters corréziens optimistes : le maintien paraît plus que jamais à la portée des Blanc, Lee et compagnie.

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