Faf a vu clair

  • La petite balle en caoutchouc à la coiffure de surfeur a presque fait taire le Tokyo Stadium. Dimanche il était intouchable. Photo Icon Sport
    La petite balle en caoutchouc à la coiffure de surfeur a presque fait taire le Tokyo Stadium. Dimanche il était intouchable. Photo Icon Sport
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Les Boks ont décroché leur place dans le dernier carré, et leur demi de mêlée Faf de Klerk a été l'un des grands artisans d'un succès plein de maîtrise.

Infatigable distributeur ! C’est comme ça que l’on pourrait définir le numéro 9 sud-africain à la célèbre tignasse blonde. Avant d’être remplacé à la 73e minute, le joueur de Sale n’a eu de cesse d’essayer de faire avancer les siens, de mettre du rythme ou de contrôler le travail de ses "gros" qui se nourrissaient du fait de voir leurs homologues japonais souffrir le martyre. Et il a bonifié ce récital d’un essai en guise d’estocade à la 66e minute. "Mon essai fait suite à un maul incroyable de plus de vingt mètres. Dès le début, j’avais le sourire car j’étais heureux et impressionné de voir la manière d’avancer des avants. C’est rare de pouvoir marquer après ce genre d’action. J’étais satisfait car je pense que ce fut un tournant de ce match", a par la suite commenté le principal concerné. À ce niveau, il semble bien être le meilleur du monde à son poste. "C’est tout simplement fantastique ce qui lui arrive, lançait avec un sourire sincère Duane Vermeulen après ce quart de finale. C’est un joueur qui a été beaucoup critiqué, notamment par les médias, et que l’on met toujours sous pression. Et pourquoi est-ce qu’il tape autant au pied ? Pourquoi ceci ? Il ne faut pas oublier qu’il exécute un plan de jeu collectif et qu’il a beaucoup de talent. Qu’importe ces critiques, on est très heureux qu’il ait su contrecarrer le jeu de nos adversaires grâce à une très grande performance."

UNE DÉFENSE DE FER

Isoler la prestation de Faf de Klerk, homme du match et qui estime pouvoir encore progresser, semble une évidence. Saluer la défense est également un devoir. "Ce qui fait notre fierté, c’est cette défense acharnée. Même à un de moins on n’a pas concédé beaucoup de points. On y a mis autant d’énergie que possible", constate le troisième ligne Siya Kolisi car le jaune en début de rencontre contre le pilier Tendai Mtawarira a en effet eu le mérite de resserrer d’autant plus les rangs. Loin d’être un rugby emballant, c’est un rugby pragmatique et efficace que la bande à De Klerk a déroulé, pratiqué avec un certain calme. Pas évident car "on s’est dit que l’on allait jouer contre le reste du monde et on a bien aimé ça. On savait que ça allait être dur avec tout ce public et tout cette médiatisation autour du Japon. Nous avons bien géré ça", explique Handre Pollard. Les murs ont pourtant tremblé à la pause dans le vestiaire des Boks, car l’avance n’était pas jugée assez satisfaisante au regard des opportunités, comme cet essai refusé à Damian de Allende juste après la sirène pour avoir rampé au sol… "On s’est mis sous pression. C’était assez frustrant de rentrer à la mi-temps avec une si petite avance. En seconde période, on a été beaucoup plus pragmatiques et précis dans notre exécution. Et on leur a mis une grosse pression", analyse le trois-quarts centre.

L’ENVIE D’ALLER AU BOUT

Au moment de se retrouver à nouveau dans le dernier carré, on se dit que ce système défensif qui a tant fait souffrir le Japon est la clé de voute de toute nation ayant pour ambition le titre de champion du monde. Et les doubles lauréats en 1995 et 2007 ont en tout cas démontré qu’ils en avaient à la fois le potentiel et l’envie. "On veut aller au bout mais avant ça, on a un gros défi qui nous attend face au Pays de Galles. Il ne faut pas aller plus vite que la musique. On a fait un bon match mais on a fait beaucoup d’erreurs en première période", tempère un Damian de Allende mesuré. N’empêche que les Sud-Africains partiront favoris face à des Gallois contre qui ils ont certes perdu cinq de leurs six dernières confrontations, à l’exception donc… d’un quart de finale de Coupe du monde en 2015, une compétition dans laquelle ils n’ont jamais perdu face au XV du Poireau.

Julien Plazanet
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