Juste une illusion

  • Quentin Béthune
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Visiblement grisés par leur court succès contre Toulon, les Parisiens sont déjà retombés dans leurs nombreux travers.

Il paraît qu’il suffit de si peu pour basculer dans une nouvelle ère. Imaginez donc un succès vital arraché dans les ultimes minutes face à Toulon, la nomination d’une légende du club nommée Thomas Lombard au poste de (futur) directeur général et la confirmation par le grand boss lui-même de la toute confiance accordée au manager Heyneke Meyer ? Cela ne pouvait que réveiller les consciences et servir enfin de déclic à une équipe parisienne autant apathique que désespérante lors des six premières journées de Top 14. Alors le lieu pour acter cette renaissance était trouvé : le Stade Armandie d’Agen. C’était espéré, attendu et presque assuré. Il n’en fut rien…

Dès les premières minutes, les Soldats roses avaient visiblement décidé de repartir à la guerre sans les fusils. Peu d’intentions, pas d’allant et point d’honneur. Pendant trente-neuf minutes, hormis une ou deux rares éclaircies, le Stade français a encore offert un piètre spectacle, celui d’une formation résignée avant l’heure, sans idée ni solution. Une colonie - qu’il ne faudrait peut-être aller jusqu’à considérer en vacances avant l’heure… - dominée et ballottée par un adversaire agenais tellement plus entreprenant. "Peut-être avons-nous été si euphoriques après la victoire contre Toulon que nous ne sommes pas descendus du bus, se lamentait l’entraîneur adjoint Pieter de Villiers après le match. Cela nous a coûté cher en première mi-temps." Mais comment ses hommes ont-ils pu se laisser griser par un succès, certes précieux tant ils étaient sous pression, mais acquis de justesse devant une écurie toulonnaise à peine plus sereine qu’eux ? C’est incompréhensible. Même pour le technicien parisien : "On ne peut pas se permettre de recommencer à zéro et de tomber dans ce genre d’engrenage négatif une semaine après une belle performance." Et pourtant…

De villiers : "Il est temps d’être dans l’action"

Il y eut bien ces deux essais, d’abord de Julien Delbouis juste avant la pause puis de Quentin Béthune au retour des vestiaires, lesquels ont totalement relancé les débats. Du moins, c’est que chacun pensait. Mais ce n’était, là encore, qu’une illusion. Car les partenaires du capitaine du jour Arthur Coville sont très vite retombés dans leurs travers pour laisser filer une victoire méritée à leurs adversaires. Le problème de cette troupe ? D’abord son incapacité à montrer la moindre constance. "C’est dommage de réaliser un bon match face à Toulon puis de se retrouver une nouvelle fois dans la réaction", pestait de Villiers. Car ses joueurs ne possèdent pas la faculté à maîtriser les événements et donc à écrire son histoire. "C’était mieux en deuxième mi-temps mais il était trop tard, admettait l’ancien pilier. Il est temps d’être dans l’action et non dans la réaction" Puis de poursuivre pour placer des mots sur les maux : "Ce groupe est jeune et manque d’expérience. Du monde va revenir du Japon et cela va faire du bien. Thomas (Lombard, N.D.L.R.) va aussi apporter une certaine vision et son savoir-faire sur le secteur sportif. Mais on doit également continuer à travailler sur le leadership."

Le problème étant que huit journées sont déjà passées, soit un tiers de la phase régulière, et qu’au-delà même de sa position de lanterne rouge avec quatre longueurs de retard sur le Racing 92, le Stade français affiche, sortie après sortie, des lacunes et des carences inquiétantes. Loin, très loin, du niveau exigé par les immenses ambitions du Docteur Wild. J.Fa.

Midi Olympique
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