• Le capitaine Michael Leitch ne peut rien pour son arrière Ryohei Yamanaka, dominé par un Sud-Africain. Photo Icon Sport
    Le capitaine Michael Leitch ne peut rien pour son arrière Ryohei Yamanaka, dominé par un Sud-Africain. Photo Icon Sport
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Coupe du Monde

La fin de l’histoire japonaise

Comme ils le craignaient, les Japonais ont failli dans le défi physique. Les Brave Blossoms sortent en quart de finale, maisla tête haute.

Le Tokyo Stadium aura donc été le théâtre de l’entrée en lice et de la sortie de scène des Japonais dans ce Mondial à la maison, et dans cette soirée où l’on rêvait d’exploit, le public a aussi très vite pris conscience que renverser la machine sud-africaine serait très difficile, plus difficile encore que les succès face à l’Irlande ou l’Ecosse. "L’un des regrets est le manque de réalisme mais je reste persuadé que la vitesse peut encore renverser des montagnes, même si cela n’a pas été évident", a d’abord déclaré Jamie Joseph, qui a en quelque sorte défendu cette philosophie de jeu propre aux Brave Blossoms qui ont pris tous les risques, sans trouver la faille. Jouer sans cesse, tenter, cela n’a pas fonctionné. Car face aux Boks, il fallait rivaliser dans le défi physique et mis à part une mêlée remportée à la 19e minute qui a fait se lever toute une enceinte — celle-là même qui a permis à Yu Tamura d’inscrire la seule pénalité des siens — les Japonais ont montré trop de faiblesses dans ces épreuves de force, mais aussi sur ballons portés ou encore en touche. La conquête a failli, les ambitions avec. "Nous avons donné tout ce que nous pouvions. L’Afrique du Sud était tout simplement trop forte pour nous, même si nous avons essayé de les renverser durant quatre-vingts minutes. Je suis déçu de ne pas avoir marqué le moindre essai. On n’a pas été en capacité de répondre à 100 % aux soucis que nous ont causés les Springboks", a ensuite développé Michael Leitch.

LA FIERTÉ DOIT L’EMPORTER

Cette élimination est une déception pour le Japon, première nation asiatique à sortir de la phase de poules. Sauf que ces regrets seront très vite balayés par la fierté de la performance et la désormais nécessité de capitaliser sur cette épopée pour pérenniser les bases d’un rugby nippon compétitif. "Nos joueurs ont incroyablement gagné en expérience, surtout les plus jeunes. Il y a eu beaucoup de travail alors nous allons célébrer cette belle épreuve avant de revenir sur notre performance et d’en tirer les enseignements nécessaires, reconnaît Jamie Joseph. J’espère que tout ce qui a accompagné notre Mondial va avoir des conséquences positives, notamment vers la jeunesse de ce pays qui, je l’espère, va vouloir jouer au rugby. Ce serait idéal. La restructuration de notre rugby, de haut en bas, va être une question cruciale pour l’avenir de ce sport au Japon", argumente le sélectionneur. Car oui, quelques minutes seulement après le coup de sifflet final, les regards étaient déjà tournés sur l’après. De Lappies Labuschagné qui parle de "tremplin" à James Moore qui espère "un avenir radieux", le défi est immense même si celui à court terme sera sûrement plus futile. "Avant la Coupe du monde, on pouvait se balader tranquillement en ville. Maintenant, on ne peut même plus boire un verre de thé", plaisantait Lomano Lemeki. C’est bien là que se situe la première victoire de ces Brave Blossoms, tâche maintenant à tous de la rendre véritablement historique. Ju. P.

Julien Plazanet
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