Le drôle de match

  • Ross Moriarty a écopé d’un carton jaune pour un plaquage haut sur Fickou alors qu’il venait de remplacer Josh Navidi. Le troisième ligne inscrira finalement l’essai de la gagne à la 74e minute. Photo M. O. - D. P.
    Ross Moriarty a écopé d’un carton jaune pour un plaquage haut sur Fickou alors qu’il venait de remplacer Josh Navidi. Le troisième ligne inscrira finalement l’essai de la gagne à la 74e minute. Photo M. O. - D. P.
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Auteur de l’essai de la victoire, le tank gallois a sauvé les siens. Mais peu avant, il leur avait donné des sueurs froides en assénant un plaquage haut à Gaël Fickou. Un bilan contrasté qui illustre bien sa situation en sélection nationale.

Toby Faletau est au pays de Galles ce que Billy Vunipola est au XV de la Rose : quand il n’est pas là, on ne sait plus très bien qui mettre à sa place. Alors quand le troisième ligne centre de Bath eut le malheur de se briser la clavicule en août dernier lors d’un camp de préparation, il plongea son sélectionneur Warren Gatland dans un terrible embarras. À ce moment-là, la presse galloise se refusait pour autant à tirer la sonnette d’alarme en disant qu’avec des joueurs de la trempe de Ross Moriarty, Josh Navidi, Aaron Shingler, Justin Tipuric et Aaron Wainwright, le pays de Galles était équipé au poste de troisième ligne. Sauf que ce qu’elle ne disait pas que parmi cette galerie de talents, seul un d’entre eux était un spécialiste du poste de numéro 8 : Ross Moriarty, dont la grande majorité de ses titularisations en équipe nationale avaient été à ce poste. Logiquement, le joueur de Gloucester était l’homme de la situation. Et puis, non. Warren Gatland a préféré jouer à trois flankers en déplaçant Josh Navidi dans le couloir plutôt que de titulariser Moriarty. La raison ? L’abattage de Moriarty sur le terrain était nettement inférieur à celui de son concurrent. Et tant pis si le sélectionneur gallois y perdait en force de pénétration.

Gatland : "Ce carton jaune fut un moment critique pour nous"

Cette fois, le sort a souri au joueur de Gloucester qui est entré en jeu prématurément en raison d’une blessure à la cuisse du troisième ligne aux dreadlocks. On a alors cru que son heure de gloire était enfin venue. Manqué. Dans la minute qui suivait, Moriarty manquait d’arracher la tête de Gaël Ficlou qui l’avait débordé sur l’aile gauche. Jaco Peyper sévissait aussitôt : carton jaune. Deux minutes plus tard, Virimi Vakatawa enrhumait la défense galloise et marquait l’essai du break. À ce moment-là, on a pensé à Warren Gatland qui devait maudire le pauvre Moriarty : "Ce carton jaune a été un moment critique pour nous. Nous étions à 14 et les Français touchent le poteau sur une pénalité. Ce fut un tournant. S’ils avaient choisi la pénaltouche et qu’ils avaient marqué, ça aurait pu être la fin pour nous."

Autant vous dire que le boss du pays de Galles a vu défiler sa carrière pendant les dix longues minutes où Moriarty manquait à l’appel. Quand il est revenu sur le terrain, le tank de Gloucester a donc cherché à se racheter. Il le fit, et de quelle manière : il marqua l’essai de la victoire en profitant d’un ballon perdu en mêlée par les Français à cinq mètres de leur ligne. Suffisant pour convaincre Gatland de redonner le maillot frappé du 8 à Moriarty ? On le saura bientôt, face à l’Afrique du Sud… S. V.

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