Pau en ordre de marche

  • Quentin Lespiaucq-Brettes a livré une prestation majuscule, samedi soir. Photo Stéphanie Biscaye
    Quentin Lespiaucq-Brettes a livré une prestation majuscule, samedi soir. Photo Stéphanie Biscaye
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La Section a renoué avec la victoire grâce notamment à un homme, auteur d’un doublé, qui a amené les leaders palois dans son sillage.

Toute la semaine avait été l’occasion pour lui de marteler l’importance de cette rencontre, "décisive" selon ses mots. Et autre que des mots, le capitaine a décidé d’agir en conséquence, et de montrer l’exemple. On a donc retrouvé Quentin Lespiaucq-Brettes aux quatre recoins du terrain, multipliant les courses. Son activité ce samedi a tout simplement été démentielle. Avant toute chose, il est inconcevable de ne pas mentionner son doublé. Le premier peut être gravé de ses initiales, puisqu’il en est à l’origine et à la conclusion. Après un lancer en touche, le maul palois avance avant d’écarter. Les multiples courses paloises finissent par déchirer en plein le rideau castrais, que vient assommer Lespiaucq-Brettes par un essai (25e) en guise de revanche. Vingt minutes plus tôt, il se voyait refuser une première réalisation de façon contestable alors que déjà il avait impressionné. Sur le côté gauche est créé un décalage qu’exploite le talonneur sur un pas pour son arrière, Charly Malié. Celui-ci réalise un jeu au pied éclair par-dessus pour… Encore et toujours l’ex-Dacquois qui comme un ailier de formation, sprinte, dépasse Martin Laveau et aplatit un souffle après la main de Julien Caminati.

Une omniprésence dans tous les compartiments

Ses percussions, ses passes après-contact et surtout sa disponibilité à hauteur, digne d’un demi de mêlée en font aujourd’hui l’un des meilleurs éléments du championnat, outre ses lancers en touche impeccables (un seul ballon sur huit volé par Gérondeau et son redoutable alignement). Pour l’intéressé, cette prestation avait le goût de la revanche : "J’ai eu un début de saison un peu en dents de scie, j’étais parfois carrément pataud, révèle le joueur de 24 ans. Je n’arrivais pas à trouver le rythme dans ce nouveau système de jeu. Et au fur et à mesure des matchs, depuis Toulouse, je commence à me sentir de mieux en mieux." Sa deuxième réalisation est encore le fruit de sa science du placement, à la suite d’une grosse domination béarnaise. L’opportunité pour le capitaine, de souligner le travail de ses partenaires : "C’est sûr que quand tu joues en avançant, c’est plus facile de se montrer à son avantage. Moi qui aime jouer les ballons, quand je vois des espaces je ne me pose pas de question. Et quand je suis bien servi aussi, parce que pour le coup, Sam’ (Marques, N.D.L.R.) me sert bien deux fois. Et quand ça s’ouvre, il n’y a plus qu’à s’engouffrer dedans sans réfléchir."

Dans une mauvaise passe avant le coup d’envoi, la Section s’en est donc remise à son leader, et même ses leaders techniques pour renouer avec le succès. On peut citer sur les lignes arrière Julien Fumat, très actif pour un ailier (14 prises de balle) qui a battu neuf défenseurs, et devant lui Martin Puech positionné en 6, qui a mis lui aussi toute l’équipe dans l’avancée grâce à ses deux franchissements (57 mètres parcourus). "Ce sont les rôles de ces leaders, les choses sont faites naturellement, précise le demi de mêlée, Samuel Marques, auteur du deuxième essai des siens. On a su faire relever les têtes quand elles étaient vers le bas." Nicolas Godignon quant à lui, se cantonnant à son rôle de manager, reconnaît la belle performance de son capitaine, mais préfère y voir un sursaut d’orgueil collectif : "On peut aussi citer la troisième ligne qui a permis la propreté et la rapidité des sorties de balle." Son numéro 9, au cœur du jeu, ne peut qu’approuver : "On savait la force de Castres dans le jeu au sol que l’on a donc beaucoup travaillé cette semaine. Et ça a payé car les ballons pouvaient sortir vite." Grâce à son essai "de filou", l’ancien Briviste reste par ailleurs le meilleur marqueur de son équipe avec 4 essais. Un statut que miroite Quentin Lespiaucq-Brettes : "J’espère bien l’être, sourit-il. Je vais essayer de battre mon record de l’an dernier (6)." Il mène derrière lui une équipe que personne n’attend mais qui pourrait bien faire des surprises, comme à Clermont. Samuel Marques en est persuadé : "Il faut prendre conscience qu’on peut faire mal à des grandes équipes." Le message est passé.

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