• "Les Bleus  maîtrisaient leur sujet…"
    "Les Bleus maîtrisaient leur sujet…"
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Coupe du Monde

Travers : "Les Bleus maîtrisaient leur sujet…"

Au vu des précédentes rencontres du XV de France, j’avais écrit avant ce quart de finale qu’à mes yeux, la clé du match résiderait dans la capacité des avants tricolores à endiguer les premiers temps de jeu gallois, à ne pas concéder ces petits centimètres susceptibles de leur permettre de donner de la vitesse à leur jeu. Et de ce point de vue là, l’équipe de France peut estimer qu’elle a réussi son pari. Clairement, face à une équipe dont le jeu est fondé sur la défense, nous avons pris les Gallois à leur propre piège. C’est nous qui avons avancé en défense, qui leur avons coupé les extérieurs, qui avons récupéré des turnovers. Les Gallois étaient en plein doute et stratégiquement, nous les avions pris à la perfection, d’autant que nos individualités avaient réussi à créer des différences dans le désordre, en inscrivant trois essais dont deux magnifiques, à la française. Celui d’Ollivon ne doit d’ailleurs rien au hasard car sur le coup, Virimi Vakatawa a le réflexe d’attaquer une zone très certainement identifiée à la vidéo, celle du demi de mêlée Davies, sur lequel il réussit un offload au départ de l’action. Vraiment, les Bleus maîtrisaient leur sujet.

Ce qui nous a perdus, alors ? Au-delà des deux poteaux de Romain Ntamack en première période et du carton rouge de Sébastien Vahaamahina qui est évidemment le principal tournant du match, c’est une multitude de petites erreurs qui se sont accumulées et que tout l’engagement du monde ne saurait suffire à combler en quart de finale de Coupe du monde. Qui plus est à 14 contre 15… Il nous a un peu manqué de lucidité, de froideur, pour prendre les bonnes décisions à certains moments clés, notamment en deuxième période. On choisit de ne pas tenter une pénalité à la 46e, alors que Camille Lopez était manifestement entré pour prendre la responsabilité du but ; on néglige de tenter un drop 22 mètres en face des poteaux pour s’y essayer une minute plus tard, à 50 mètres des poteaux ; on oublie de sortir certains ballons du terrain dans nos sorties de camp ; on perd ce ballon important en mêlée à la 70e, parce qu’on choisit de ne pas mettre de numéro 8 à cinq mètres de l’en-but adverse… Toutes ces petites erreurs se sont accumulées, que nous avons surmonté avec beaucoup de courage et parfois un brin de réussite. Mais elles nous ont finalement explosé à la figure, avec cette mêlée de la 76e qui est l’autre tournant du match. Cette situation survient juste après notre vague de coaching, et on choisit de la disputer à 8 contre 8, alors qu’on avait jusque-là été plutôt performant à 7. Et pourtant, on se fait emporter, alors qu’on pouvait se douter que les Gallois allaient tout donner sur cette poussée ! Cette mêlée nous a autant mis un coup derrière la tête qu’elle a donné un coup de fouet aux Gallois, la courbe de confiance s’est aussitôt inversée. Même s’il restait quelques minutes pour aller chercher la victoire, on n’en a pas senti l’équipe capable à ce moment du match. La preuve, c’est qu’on a commencé à commettre des erreurs qu’on n’avait pas effectuées du match, comme ce coup de pied direct en ballon mort de Max’Médard. Cela traduisait notre perte de confiance.

Une petite précision enfin, concernant l’essai gallois de Moriarty, et l’arrachage du demi de mêlée Tomos Williams : pour moi, il n’y a pas de polémique. M. Peyper a pris le temps de visionner les images à la vidéo ; il a pris sa décision en son âme et conscience. Si Tipuric avait été devant son demi de mêlée, il aurait pu siffler un hors-jeu involontaire, mais ce n’est pas le cas. Malheureusement pour nous…

Midi Olympique
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