Biggar : « On était quelques-uns à paniquer dans le vestiaire… »

  • Dan Biggar contre la France
    Dan Biggar contre la France Midi Olympique - Patrick Derewiany
Publié le , mis à jour

Lucide sur la piètre prestation des siens, l’ouvreur gallois reconnaît que la victoire tient quasiment du miracle, lequel a été bien aidé par le carton rouge donné à Sébastien Vahaamahina. Dan Biggar assure que ses partenaires feront tout pour offrir à Warren Gatland la meilleure sortie possible...

Cette rencontre, avec la victoire au finish, a-t-elle été éprouvante pour vos nerfs ?
Et comment... J’ai été très nerveux jusqu’à la fin. Comment ne pas l’être ? Les Français ont mené quasiment jusqu’à la fin du match.  Nous voulions commencer fort en privant d’emblée les Bleus de ballons, et marquer les premiers... De toute évidence rien n’a marché comme on le voulait ! Nous savions que les Français n’avaient rien à perdre et que ça les rendait encore plus dangereux. C’est ce qui s’est passé. Heureusement que l’on a réussi à recentrer notre jeu sur la conquête et les avants en deuxième mi-temps. Et bien sûr, le carton rouge a changé le jeu. Ce fut un tournant du match.

Que serait-il arrivé sans ce carton rouge donné à Sébastien Vahaamahina ?
Il a changé beaucoup de choses. Cela a privé l’équipe de France de l’un de ses plus puissants joueurs du pack. Cela nous a offert des opportunités en mêlée, dans les mauls... Mais même si la France ne s’était pas retrouvée à quatorze, j’aime à penser que nous aurions trouvé les ressources pour revenir dans ce match, de quelque façon possible...

Vous avez également évolué à 14 après le carton jaune donné à Moriarty...
Oui, et ce fut un moment très délicat car nous encaissons un essai en plus à ce moment. Cela faisait beaucoup. Mais cela a aussi amené un autre tournant du match, avec ce moment où nous avons défendu notre ligne juste avant la pause. Ce moment a été important dans nos têtes, et nous avons regagné les vestiaires avec un tout petit peu plus de confiance... Mais pas beaucoup !

Ross Moriarty est sanctionné pour ce plaquage haut sur Gaël Fickou
Ross Moriarty est sanctionné pour ce plaquage haut sur Gaël Fickou Icon Sport

Justement, quelle était l’ambiance dans les vestiaires ?
Elle était tendue ! On était quelques-uns à paniquer... De toute évidence, on sortait d’une première mi-temps catastrophique et pour autant, nous n’étions que neuf points derrière. Alors on s’est dit que cela pouvait passer si on jouait un peu mieux au rugby. L’objectif était donc de marquer les premiers et de voir ce qu’il se passerait après.

Vous n’avez pas livré un bon match, pouvez-vous tout de même en retirer de la confiance en vue de la demie ?
C’est le truc justement. Nous avions joué un plutôt bon rugby jusque-là dans le tournoi, notamment contre l’Australie. Ce ne fut pas le cas ce soir, mais c’était une histoire de caractère : de se retrousser les manches et de tenir quand on est que 14 sur le terrain, et faire le boulot.

N’est-ce pas inquiétant de s’avancer vers une demi-finale après cette prestation ?
Ça l’est, oui. On va vraiment devoir améliorer tout ça si l’on veut passer la semaine prochaine. Mais vous savez, l’envie et l’engagement ne s’apprennent pas à l’entraînement. Soit on l’a, soit on ne l’a pas. Et ce soir, on a montré qu’on a l’envie. On va construire en partant de là.

Qu’avez-vous ressenti quand Ross Moriarty a marqué l’essai ?
J’étais content et à la fois soulagé car l’essai n’était pas loin des perches ! C’est le premier truc que j’ai regardé. J’étais content d’avoir une transformation de la gagne relativement facile... Enfin, j’ai été heureux d’avoir la possession pour les cinq dernières minutes. C’était plus confortable que quand les Français attaquent... Car, encore une fois, je pense que peu de gens s’attendaient à ce genre de performance venant de la France, mais ils ont vraiment signé une sacrée performance ce soir.

L'essai de Ross Moriarty
L'essai de Ross Moriarty Icon Sport - PA Images

Avez-vous pensé à un moment que votre aventure avec Warren Gatland pouvait s’arrêter là-dessus ?
Oui, cela aurait été terrible de terminer une si longue histoire sur une si mauvaise performance. Je n’aurais éprouvé aucune honte à perdre contre la France parce qu’elle a été très bonne ce soir, mais j’aurais eu honte de finir par ce match. On n’a pas vraiment joué, on n’a pas eu de beaux mouvements. C’est bon d’avoir une nouvelle chance la semaine prochaine pour montrer un meilleur visage.

Romain Ntamack a manqué deux coups de pied qui auraient pu être précieux...
C’est vrai, et j’ai connu cette situation une paire de fois. Il doit être très déçu mais ce mec a l’avenir devant lui. Il a très bien joué ce soir, et il ne va pas s’arrêter à ces deux coups de pied sur les poteaux qui, encore une fois, auraient très bien pu rentrer. Nous avons eu de la chance.

Vous avez été au centre de l’attention avec vos commotions subies lors des dernières semaines, comment allez-vous ?
C’est bon de disputer enfin un match dans son intégralité ! Je n’ai pas eu de maux de tête, ni de tête qui tourne pendant le match. J’ai été très bien suivi tout au long de la semaine. J’ai même vu un expert indépendant australien qui m’a fait passer les derniers examens. Vraiment, j’ai préparé ce match en toute sérénité.

Il y a huit ans lors du Mondial néo-zélandais, le pays de Galles était éliminé par l’équipe de France qui avait elle aussi bénéficié d’un carton rouge donné à Sam Warburton pour un geste stupide...
C’est vrai, c’est marrant de voir à quel point l’histoire peut se répéter. L’histoire des Galles-France est riche. C’est la beauté du sport. Ce coup-là, c’est nous qui en profitons. Nous sommes très, très soulagés de nous en sortir cette fois-ci. 

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