Edwards : « Physiquement, ce sera terrible »

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Celui qui prendra prochainement le commandement de la défense des Bleus évoque les redoutables Sud-africains que son équipe affrontera en demi-finale. Et le technicien s’attend à un choc d’une rudesse hors-norme…

Votre semaine a très mal démarré avec l’annonce du forfait du troisième ligne Josh Navidi suite à une blessure aux ischio-jambiers…

C’est un de nos meilleurs joueurs depuis deux ans. Tout le monde est triste pour Josh et, pour ma part, je perds un des meilleurs défenseurs de l’équipe. Il va falloir qu’un autre joueur endosse son rôle. Nous avons choisi de le remplacer par un trois-quarts, Owen Lane. C’est un bon gars, un très bon joueur avec un potentiel démentiel. Il nous a impressionnés cet été. C’est un mec très drôle aussi. Il faut des gars comme ça quand on est loin de chez soi depuis si longtemps.

Qu’avez-vous pensé de la défense galloise contre les Bleus ?

Je suis content que l’on ait concédé que dix-neuf points mais je ne suis pas content de la façon dont on a concédé ces points. En revanche, j’apprécie le fait qu’on ait marqué quatorze points grâce à notre défense : sur un superbe arrachage de Tomos Williams qui a entraîné l’essai de la victoire et un gros plaquage de Jack Ball qui a fait exploser le ballon pour marquer le premier essai.

Avez-vous été surpris par l’essai de quarante-huit mètres inscrit par Aaron Wainwright face à l’équipe de France ?

Il y est enfin arrivé ! Warren (Gatland, N.D.L.R.), tout le staff et moi lui avons déjà dit qu’il marquerait bientôt un essai de cinquante mètres. Les gens ne se rendent pas compte à quel point il est rapide. Il est aussi rapide qu’un trois-quarts, peut-être même plus que certains d’entre eux. Tout est parti d’un gros plaquage de Jake Ball pour faire exploser le ballon. Aaron l’a récupéré et a filé comme un avion. On savait tous que ça arriverait. On pensait que ce serait plutôt sur un une attaque et un jeu de mouvements mais c’est venu sur un ballon de récupération et c’est très bien ainsi. Personne n’a pu revenir sur lui.

Comment prévoyez-vous de défendre face aux Springboks ?

On devra gagner la ligne d’avantage car ils ont des gabarits énormes. De manière générale, ils sont aussi très rapides. S’il y avait une épreuve de relais 4x100 avec toutes les équipes de la Coupe du monde, ce serait probablement l’équipe la plus rapide. Nous avons eu un bon bilan contre eux ces dernières années mais c’est comme face à l’équipe de France, ça se joue à chaque fois d’un rien.

L’Afrique du Sud va vous imposer un véritable défi dans la densité physique…

Physiquement, ce sera terrible. Défensivement, ils sont fantastiques. Statistiquement, c’est actuellement la meilleure équipe du monde. Ils ont une grosse défense et un jeu au pied très puissant.

Redoutez-vous les ailiers sud-africains ?

Bien sûr. Ils ont des bombes sur les ailes. Quand on veut voir du beau rugby, il faut aller voir Cheslin Kolbe jouer. Il faudra le surveiller de près. C’est l’un des joueurs les plus explosifs que j’ai jamais vus. J’ai eu la chance de jouer avec Jason Robinson (arrière champion du monde en 2003 avec l’Angleterre) pendant des années. J’étais son capitaine à Wigan quand il est arrivé dans l’équipe. Kolbe est dans la même veine. C’est un petit gabarit ultra explosif. Il fait voler en éclat les idées reçues selon lesquelles le rugby est réservé aux gros gabarits.

Quel est l’impact du capitaine Alun-Wyn Jones sur cette équipe du pays de Galles ?

Alun-Wyn mesure 1,96 m, il est rapide, c’est un compétiteur hors pair et il joue dur. Il est courageux et montre l’exemple. C’est un des meilleurs joueurs de l’histoire et il restera longtemps dans les annales. Sans l’ombre d’un doute, c’est l’un des meilleurs joueurs que j’ai eu la chance d’entraîner. Il adhère à tout ce que je lui demande en défense. Il se bat sur chaque ballon, il est agressif dans sa technique de plaquage. C’est probablement lorsqu’il n’est pas là qu’on se rend compte de son importance. Avec lui, c’est toujours le prochain match qui compte le plus, il est toujours motivé. C’est pourquoi il est aussi fantastique. En plus de ses capacités physiques et de sa technique, il fait mentalement la différence.

Pensez-vous que cette équipe est meilleure que celle de 2011, qui fut vaincue en demi-finale par les Bleus ?

C’est une bonne question. Je n’y ai pas réfléchi. Il faudrait que j’y médite. Nous sommes sur une meilleure série de victoires qu’en 2011. En un an et demi, nous n’avons perdu qu’un seul match officiel. Il faut remonter à l’an passé, face à l’Irlande, pour retrouver trace d’une défaite. Nous sommes probablement plus confiants que par le passé. Nous croyons en notre plan de jeu et à la façon dont on veut jouer. Est-ce que nous sommes une meilleure équipe, je n’en suis pas sûr. Mais nous le saurons dimanche.

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