• Guilhem Guirado (France) avant le quart de finale contre le Pays de Galles
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XV de France

Jeunes retraités et gros malaise

Les retraites anticipées se multiplient, au plus haut niveau. Est-il vraiment possible de gérer quotidien en club et carrière internationale ?

Dans le microcosme, certains laissent entendre que la retraite internationale de Sébastien Vahaamahina serait provisoire. De notre côté, ce n’est pas exactement ce que l’on a compris des mots transmis lundi soir au Midol par le grand "Vahaa", lequel mûrissait sa décision depuis de très longs mois : avant que ne débute ce Mondial japonais, il s’en était d’ailleurs ouvert auprès de plusieurs internationaux clermontois et, quitte à ce que l’on se répète, son expulsion du dernier France - Galles ne fut en rien le catalyseur de son annonce, pour le moins surprenante. Le staff peut encore lui faire changer d’avis, vous dites ? De ce que l’on appris mardi soir, au lendemain des révélations du deuxième ligne, aucun des membres de l’encadrement tricolore n’a songé à lui demander de revenir sur sa décision et, selon toute vraisemblance, ne le fera ni dans les prochaines semaines, ni dans les mois à venir. à tel point que l’on est aujourd’hui persuadé que le géant d’origine wallisienne, 28 ans depuis lundi, ne reverra plus jamais le maillot tricolore.

Alors, si la décision est tout à fait respectable, elle n’a néanmoins pas fini d’interroger sur le quotidien d’un rugbyman international. Penser que Sébastien Vahaamahina est fragile - ou croire qu’il est un cas isolé - est même une hérésie, à l’heure où des trentenaires quittent les uns après les autres la scène internationale. Qu’a donc fait Wesley Fofana (31 ans), avant que ne débute la Coupe du monde ? Il a assuré qu’il ne reviendrait plus. Qu’a soufflé Camille Lopez (30 ans) au crépuscule de la défaite du XV de France en quarts de finale du Mondial ? Il a laissé entendre qu’il cédait désormais la place aux jeunes, qu’ils se nomment Romain Ntamack, Louis Carbonel ou Matthieu Jalibert.

Marler, le lanceur d’alerte

À l’automne 2019, il semblerait donc que les longues carrières soient bel et bien terminées. Plus le rugby va vite, plus il devient traumatisant et, au plus haut niveau, la sensation de raccourcir son espérance de vie est probablement décuplée. Néanmoins, la facteur "santé" n’est pas seul en cause dans la prolifération des retraites. En 2018, et même s’il est depuis revenu sur sa décision initiale le temps du Mondial japonais, le pilier anglais Joe Marler avait mis un terme à sa carrière internationale et en expliquait ainsi les raisons : "Un international anglais joue au rugby onze mois sur douze, ne voit pas ses enfants grandir et dispose de quatre ridicules semaines pour régénérer son corps, à chaque intersaison. C’est ridicule. Le rugby de haut niveau est devenu une vraie corvée pour moi, je n’y prends aucun plaisir." Le cri d’alarme est significatif et, de loin en loin, rejoint ce que racontait le capitaine Guirado au crépuscule du quart face à Galles : " Bien sûr que vous vous faites chier à Marcoussis ! Mais putain, prenez votre mal en patience ! Et pensez à ce que vous pourrez vivre derrière !" On a beau chercher, on n’a pas encore trouvé meilleur argumentaire pour retourner les futurs jeunes retraités...

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