Une guerre à quatre ouvreurs entre l'Angleterre et les Blacks

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    Ford et Farrell PA Images / Icon Sport - PA Images / Icon Sport
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Plutôt rare au niveau international, Anglais et Néo-Zélandais évoluent en permanence avec deux ouvreurs sur le terrain qu’ils n’utilisent pas exactement de la même façon. Décryptage.

Et s’ils avaient raison ? L’Angleterre et la Nouvelle-Zélande dominent le rugby mondial et évoluent en permanence avec deux ouvreurs sur le terrain. Chose que l’on ne retrouve ni au pays de Galles, ni en Afrique du Sud et encore moins en Irlande où Johnny Sexton est considéré comme le Saint patron du jeu irlandais. Seuls les Australiens et nos Bleus le font occasionnellement en associant Leali’ifano à Toomua ou Lopez à Ntamack. Au pays du long nuage blanc, Steve Hansen a choisi de ne pas choisir entre Richie Mo’unga et Beauden Barrett. Plutôt que de se passer des formidables qualités de buteur du premier et de l’incroyable vitesse du second, il a préféré faire glisser l’aîné Barrett vers le fond du terrain. Un plan que le staff noir fomentait depuis longtemps avec Beauden Barrett et Damian McKenzie, en faisant jouer celui-ci à l’ouverture avec sa franchise des Chiefs. McKenzie blessé, Richie Mo’unga est devenu l’un des deux ouvreurs de la Nouvelle-Zélande. Et après quelques flottements entrevus lors du dernier Rugby Championship, son association avec Beauden Barrett tourne aujourd’hui à plein régime. Et quand l’un d’entre eux quitte le terrain, c’est Jordie Barrett qui prend le relais. En concurrence avec Ben Smith pour prendre la dernière place sur le banc, la polyvalence du plus jeune de la confrérie Barrett a finalement donné à ce dernier la possibilité de disputer un quart de finale de Coupe du monde. Il avait même été titularisé à l’ouverture contre la Namibie.

La Nouvelle-Zélande mise sur la contre-attaque

En Angleterre, c’est pareil. Pendant toute la phase de poule, Eddie Jones a associé George Ford à l’ouverture et Owen Farrell en premier centre. En quart de finale, il est toutefois revenu à sa formule du dernier Tournoi : Farrell en 10, Manu Tuilagi en 12 et Henry Slade en 13, lequel est un ouvreur de formation avec Ford sur le banc, pour le résultat que l’on sait… une véritable correction donnée aux Australiens qui, selon les mots de Jones, ont été "baladés" par le jeu au pied de Farrell, Slade, et Ford. Après le match, Henry Slade nous confiait ceci : "Cela aide beaucoup au niveau de l’organisation sur le terrain. Le fait d’avoir deux ouvreurs facilite le placement de la ligne puisqu’il y en a toujours un disponible pour la commander. C’est aussi un plus pour le jeu au pied ou les longues passes, qui sont censées être les points forts de ce type de joueur. Cela donne plus d’options. Cela donne aussi davantage de vitesse, car on a plus besoin d’attendre le replacement de l’ouvreur titulaire si celui-ci est dans un ruck."

Pour cette demie, il a décidé d’aligner à nouveau ensemble Ford et Farrell.

Pour autant, les deux nations n’utilisent pas leur paire d’as de la même façon. Au-delà d’être un buteur hors pair, Richie Mo’unga est surtout un superbe attaquant au plus près de la défense adverse. S’il n’a pas la même présence physique que Farrell, il n’a pas son pareil pour servir sur le fil un partenaire venu à hauteur comme le font souvent les ailiers George Bridge ou Sevu Reece. Grâce à sa vitesse fulgurante, Beauden Barrett peut lui aussi se porter très vite à hauteur de Mo’unga. Farrell ne sont pas dans ce registre de duellistes. Le premier brille par sa présence physique et sa puissance au pied tandis que le second fait des différences par sa finesse technique, sa lecture et son jeu au pied offensif. Autant de qualités qui lui ont permis d’offrir son deuxième essai à l’ailier Jonny May en quart contre les Gallois. Dans la couverture aussi, les rôles diffèrent. Vous ne verrez quasiment jamais Farrell couvrir le troisième rideau : avec un arrière aussi puissant au pied qu’Elliot Daly, Eddie Jones préfère garder Farrell dans la ligne pour muscler son premier rideau. Mo’unga et Barrett eux, sont toujours les premiers à décrocher. Pour deux raisons : déjà profiter au maximum de la qualité de passes des deux hommes pour traverser le terrain en deux passes et ainsi initier des relances destructrices. Mais aussi pour les préserver et les laisser le plus longtemps possible sur le terrain. Alors, quelle stratégie l’emportera ? Réponse samedi. 

Midi-Olympique.fr
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