Bru : « Garder les mêmes standards »

  • Yannick Bru (Bayonne)
    Yannick Bru (Bayonne) JF Sanchez / Icon Sport / JF Sanchez / Icon Sport / JF Sanchez / Icon Sport
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Après huit journées de championnat, le promu Bayonne occupe la troisième place. Inédit. Mais un nouveau championnat va commencer après le Mondial. Yannick Bru décrypte le parcours de Bayonne.

Quelles sont vos impressions du premier tiers de ce championnat ?

Sur le plan du décor, ce Top 14 s’annonce particulièrement serré. Les outsiders dont Bayonne ont fait un bon départ, des grosses écuries, moyen, mais elles vont mettre les bouchées doubles pour revenir. Ça va engendrer une tension inédite et un classement qui va se resserrer. D’un point de vue de nos intérêts, on a fait un départ en ligne avec nos meilleures espérances. On est satisfait mais on reste vigilant.

Quelle est la part de satisfaction ?

Quand tout le monde évolue à son potentiel, l’équipe montre qu’elle est au niveau. Quand on a gagné, on l’a fait de peu, quand on a perdu, également. L’écart maximum encaissé est de onze points à Toulon. Forcément, je suis content. Toute l’équipe qu’on a bâtie, basée essentiellement sur les éléments de l’année dernière, est crédible. Cela nous remplit d’espoir. Maintenant un nouveau championnat va démarrer dans deux semaines. Il va falloir garder les mêmes standards.

Avez-vous des déceptions dans ce parcours ?

Franchement non. Frustré seulement parce qu’au poste de deuxième ligne, on a eu beaucoup de blessés. Armandt Koster, Edwin Maka, Guillaume Ducat. On vient de perdre André Gorin. On a été obligé de solliciter les mêmes gars. La trêve est arrivé à point. Pas de déception donc car tout le monde a travaillé de manière très efficace que ce soient les joueurs et le staff. C’est davantage un sentiment très positif que j’ai en moi.

Vous parliez de Toulon. Est-ce votre match le moins réussi ?

On a livré bataille. Mais on perdu beaucoup de ballons dans le jeu. Il va falloir réfléchir à cela. Toulon nous a mis une grosse intensité physique. Nous, nous avions procédé à des rotations. Ce match va être riche d’enseignements. Ce n’est, en aucun cas, une remise question de la façon dont on veut jouer. Maintenant, il faut garder les mêmes intentions en gommant les déchets. Il faut trouver cet équilibre.

Dans quelle mesure craignez-vous le retour à la normale pour les grosses écuries ?

Craindre n’est pas le bon mot. J’anticipe un niveau de difficulté supérieur. J’en parlais avec Patrice Collazo. Il va retrouver dix ou douze joueurs. Le Toulon post-Coupe du monde, ça va être un Toulon de gala. C’est valable pour toutes les écuries de Top 14. Nous, nous allons rentrer trois joueurs, nos deux Namibiens, Torsten Van Jaarsveld, Pieter Van Lill, et notre Tonguien, Mali Hingano. À notre niveau, ça va nous faire du bien. Maka va revenir, Taufa, Ducat également, après leurs blessures. On a pris aussi un joker médical, Sione Tau. On compte ainsi sept ou huit renforts. C’est donc une nouvelle compétition pour nous aussi.

On a construit notre intersaison en s’appuyant sur la jurisprudence Usap, Bayonne 2016. On a basé notre travail sur cette crainte

Vous avez la possibilité de prendre encore des joueurs supplémentaires. Ajusterez-vous votre effectif ?

Pour l’instant, ce n’est pas prévu. Tous les joueurs qui se sont présentés sur la ligne de départ se sont accrochés, ont donné le meilleur. On a des résultats encourageants. Franchement, ce serait être malhonnête de notre part de ne pas leur accorder notre confiance en engageant d’autres.

Maintenant que le championnat va changer de physionomie, allez-vous vous recentrer sur le "championnat du bas" ?

Je ne sais pas. Un nouveau Top 14 démarre mais, après, il va falloir intégrer ces joueurs-là. C’est valable pour nous comme pour les autres. Il va falloir recréer des atmosphères, l’état d’esprit dans les équipes. Ça ne va pas se limiter à la valeur des joueurs sur le terrain. Ceux qui s’en sortiront seront ceux qui trouveront les meilleurs équilibres. J’espère qu’on en fera partie. Je ne peux pas en dire davantage.

Vous attendiez-vous à un tel parcours en début de saison ?

Je l’espérais… mais je ne m’y attendais pas. On a construit notre intersaison en s’appuyant sur la jurisprudence Usap, Bayonne 2016. On a basé notre travail sur cette crainte. Forcément, ce début de championnat est conforme à nos meilleures espérances. On rivalise, on ne s’enflamme pas. On est au niveau, on peut regarder devant en étant vigilant.

Votre effectif, pensé à l’intersaison, est équilibré. Il s’avère judicieux.

Il a été pensé par l’ensemble du staff, le président, les actionnaires car il a fallu se doter de moyens supplémentaires. On a essayé de bâtir un effectif avec de la complémentarité. Mais on a gardé notre modèle. Il s’appuie sur les jeunes du territoire et du club. On l’a renforcé avec des joueurs d’expérience, revanchards qui avaient du leadership. Aucun des joueurs qui nous a rejoints n’a triché. Ils ont accepté des conditions de travail moins clinquantes que celles qu’ils avaient. L’amalgame s’est fait naturellement, simplement. Sur ces gars-là, nous ne nous sommes pas trompés. C’est une vraie satisfaction.

On a l’impression que vous accordez aussi beaucoup d’importance à l’humain.

C’est essentiel. L’aventure vécue en Pro D2, l’année dernière m’a fait aussi beaucoup de bien et comprendre beaucoup de choses dans l’aspect affectif de la gestion d’un groupe.

Edmond Lataillade
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