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Pro League

En route pour la Pro League

Avec le retrait annoncé des Sunwolves du Super Rugby au terme de la saison 2020 et l’actuel projet de championnat professionnel qui remplacerait l’actuelle Top League, fondée sur les entreprises, le rugby japonais est en pleine mutation.

En devenant la toute première équipe asiatique à se qualifier pour un quart de finale de Coupe du monde, les Brave Blossoms ont écrit la plus belle page du rugby japonais. Mais maintenant que l’euphorie est retombée, les dirigeants du rugby nippon ont du pain sur la planche, et c’est peu de le dire. Pourquoi ? D’abord parce qu’ils doivent absolument capitaliser sur le formidable engouement populaire créé par les Brave Blossoms qui, selon les dernières estimations, auraient réunis plus de 60 millions de téléspectateurs lors du quarts de finale contre l’Afrique du Sud (contre 55 millions en poule contre l’Écosse). Ensuite, parce qu’ils vont devoir redessinner les contours du haut de la pyramide du rugby japonais : dans moins d’un an, les Sunwolves, leur équipe fanion, seront éjectés du Super Rugby. La Sanzar avait tranché il y a plusieurs mois : le modèle économique ne serait pas viable. Un vrai coup dur pour la franchise basée à Tokyo depuis 2016 qui va contraindre les dirigeants à trouver un nouveau modèle. Et surtout à faire un pas supplémentaire vers le professionnalisme. Car rappelons qu’à l’heure actuelle, le championnat national de Top League est une compétition semi-professionnelle où chacune des 16 équipes est rattachée à des grandes entreprises : comme Toyota (que Kieran Read et Steve Hansen vont rejoindre) Yamaha, Honda, Panasonic, Toshiba, Kobe (sidérurgie) ou Suntory pour ne citer qu’eux. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, tous les joueurs japonais qui ont disputé le quart de finale contre les Springboks ne sont pas à 100 % professionnels à l’image du pilier Jiwon Koo, du numéro huit Kazuki Himeno, du demi de mêlée Yutaka Nagare ou du centre Ryoto Nakamura.

Le chantier de la Pro League

Le haut niveau japonais peut paraître en sur-régime. Alors pour lui permettre de se développer le vice-président de la JRFU Katsuyuki Kiyomiya va, dans environ deux semaines, présenter un nouveau format de championnat 100 % professionnel, qui selon nos informations devrait s’appeler la Pro League et remplacerait l’actuelle Top League. Son lancement serait prévu pour 2021 et ne regrouperait que 12 équipes. Selon les premières estimations cette Pro League pourrait générer plus de 100 millions d’euros de revenus grâce aux droits télé et aux contrats de sponsoring. Au contraire de l’actuelle Top League, ces équipes ne seraient plus celles des grandes compagnies mais joueraient dans les stades utilisés, à l’heure actuelle, pour la Coupe du monde. Ce nouveau championnat pourrait aussi permettre aux franchises d’augmenter légèrement le nombre de joueurs étrangers. Interrogé par nos soins il y a quelques semaines, le manager actuel des Yamaha Jubilo, Takanobu Horikawa ne cachait pas son inquiétude à ce sujet : " À ce jour, on ne peut en mettre que cinq sur la feuille de match, mais cela pourrait passer de sept à huit. C’est de mauvais augure pour les joueurs japonais, car on risque d’arriver à votre situation en France, où les piliers droits et les numéro 8 sont souvent des étrangers."

Des passerelles avec la France mais avec qui : FFR ou LNR ?

Pour faire avancer cet immense chantier, les dirigeants japonais vont avoir besoin d’aide. Et probablement du rugby français. Des partenariats existent déjà, à l’image de celui unissant le Stade toulousain aux Yamaha Jubilo ou celui entre le Lou et les NTT Shining Arcs. Interrogé à ce sujet lors du Sportel, une convention dédiée au sport business qui s’est tenue à Monaco, le vice-président de la LNR Alain Tingaud a expliqué au site sportspromedia. com que la LNR va s’impliquer dans le développement de la Pro League. Le problème, c’est que cette information a levé une petite polémique au pays du Soleil-Levant car les dirigeants en charge du dossier Pro League ont assuré n’avoir aucun contact avec la LNR, laquelle serait en contact avec les dirigeants de la Top League, soit le championnat qui va disparaître. En revanche, le vice-président de la JRFU Katsuyuki Kiyomiya a bien rencontré et diné la semaine dernière le président de la FFR, Bernard Laporte, pour évoquer le sujet. Bref, tous les acteurs du rugby japonais attendent donc avec impatience le 18 novembre, date à laquelle Kiyomiya va clarifier la situation et les contours de l’avenir du rugby professionnel au Japon.

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