• Jérôme Garcès va devenir le premier français à arbitrer une finale de Coupe du monde... avant de se retirer
    Jérôme Garcès va devenir le premier français à arbitrer une finale de Coupe du monde... avant de se retirer PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport
Publié le / Modifié le
Arbitrage

La révérence ultime de Garcès

Jérôme Garcès (46 ans) va devenir le premier Français à diriger une finale de Mondial. Avant de se retirer.

Samedi, Jérôme Garcès (46 ans) va parachever le grand chelem d’une année de rêve : après la Coupe d’Europe et le Top 14, le Béarnais va diriger la finale de Coupe du monde. Une grande première pour un Français. La reconnaissance ultime pour le Béarnais avant de tirer sa révérence après vingt-six ans de loyaux services.

Sa longue et riche carrière a basculé dans une autre dimension, mardi. "On se souviendra d’une équipe de France championne du monde, de moi qui arbitre une finale, à part dix personnes, on ne s’en souviendra pas trop", avait-il éludé, cet été. Lui, si discret d’ordinaire, n’en est pas moins devenu le centre de toutes les attentions, mardi. "Depuis l’annonce, c’est une véritable tornade. […] Cela fait quelques heures que les textos tombent les uns derrière les autres, de France mais aussi du monde entier. […] C’est vraiment extraordinaire", commentait l’intéressé sur le site de la FFR. Un homme on ne peut plus heureux : "J’ai conscience de ce privilège et d’entrer dans un cercle fermé. […] J’enchaîne quart, demie et finale, c’est l’aboutissement d’une carrière. "

Après les controverses, son moment de vérité

Un honneur soufflé à Nigel Owens, le plus célèbre des hommes en noir. à l’heure de la désignation, le Gallois aurait souffert de son sens du spectacle et de ses excès quand la sobriété et la régularité de son homologue français sur les dernières années ont emporté l’adhésion. "J’ai horreur des arbitres qui recherchent la punchline", avait-il déclaré dans notre journal, en juin, comme une prémonition. Au-delà de ce moment de gloire unique, Jérôme Garcès va disposer de l’opportunité idéale pour montrer à la planète rugby l’étendue de ses qualités. Car, paradoxe ultime, le Béarnais s’est récemment retrouvé au cœur de controverses. Pour des motifs plus ou moins légitimes. Sa compétition a été émaillée de quelques imprécisions : son arbitrage des mêlées a été jugé confus lors de Galles - Australie et trois erreurs ont été relevées sur sa demie. À ce sujet, l’ancien arbitre anglais Rob Debney a écrit une chronique acerbe dans le Times "La décision qui a spolié le pays de Galles", mettant en exergue une pénalité oubliée au XV du Poireau dans les dernières minutes. Son interprétation des rucks avait été questionnée par le staff sud-africain après le match face aux All Blacks et, depuis Le Cap, une pétition demandant son remplacement, avant la demi-finale, a recueilli plus de 13 000 signatures. Le prétexte ? Les Boks avaient remporté une seule des dix dernières rencontres sous ses ordres.

Autant de faits de jeu et de polémiques appartenant au passé. Le plus important reste à venir. Jérôme Garcès va vivre la journée la plus mémorable de sa carrière et se prépare à être à la hauteur de l’événement : "Il y a beaucoup de choses qui se mêlent parce que c’est la finale de la Coupe du monde et ce sont les dernières minutes de ma vie d’arbitre sur un terrain. Il va falloir cloisonner tout ça et d’abord penser à l’aspect sportif qui est primordial. […] Ensuite, j’aurai le temps de penser à moi !" En espérant que, samedi soir, tout le monde ne parlera que du vainqueur et pas de l’arbitre.

Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir