Poitrenaud : « Il a encore progressé sous les ballons hauts »

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Clément Poitrenaud, entraîneur des trois-quarts du Stade toulousain revient sur le parcours de Cheslin Kolbe et de ses performances que ce soit sous la tunique de la ville rose que de sa sélection nationale.

Lors de votre saison aux Sharks de Durban en Afrique du Sud, Cheslin Kolbe évoluait aux Stormers, l’aviez-vous remarqué ?

C’était un joueur qui avait un profil un peu particulier, surtout pour les Sud-Africains, qui lui ont d’ailleurs reproché pendant quelques années. C’est aussi la raison pour laquelle il n’a pas été sélectionné plus tôt. Je n’avais pas joué contre les Stormers et Cheslin n’était pas encore une attraction. Je me souviens que l’on parlait de lui entre joueurs mais ce n’était pas du tout la super star qu’il est aujourd’hui. C’est certain.

Son recrutement était un pari pour le Stade toulousain. Aviez-vous des craintes, notamment parce qu’il avait surtout brillé à VII ?

Les craintes ont été vite levées dès les premiers entraînements et les premiers matchs. Il collait parfaitement à la façon dont nous voulions jouer. Il s’est vite intégré au système et il a pu rapidement s’épanouir. À l’image de l’équipe, les performances ont permis à la confiance d’arriver. Il a aussi progressé en rugby à XV au niveau de la stratégie globale car sur le plan individuel, il n’avait pas grand-chose à apprendre. Cela lui a permis de se développer encore un peu plus et d’accrocher enfin une sélection chez les Springboks. Il aurait mérité d’y être un peu plus tôt.

Comment le définiriez-vous ?

C’est un garçon assez discret, très à l’écoute, très discipliné, très bien élevé mais en même temps il a beaucoup de caractère et d’esprit de compétition en lui. C’est quelqu’un qui compense ce que l’on pourrait appeler des lacunes pour le rugby d’aujourd’hui par une détermination sans faille. Cela lui permet de "matcher " avec des garçons plus costauds, notamment dans le secteur défensif. Surtout, je pense que tout le monde a envie de jouer avec Cheslin car il débloque les situations. Pour lui bien sûr, mais aussi pour ses partenaires autour de lui. C’est toujours agréable d’avoir un garçon comme lui à côté de soi.

Il n’est finalement pas un finisseur pur et dur, comme on peut l’attendre d’un ailier, n’est-ce pas paradoxal ?

C’est pour ça qu’il a joué à l’arrière avec nous en fin de saison. C’est quelqu’un de très altruiste, qui fait beaucoup de passes. Il sait surtout faire jouer les autres. Il est capable de se faire oublier sur un terrain pour mieux exploiter ses qualités individuelles et notamment sa vitesse. C’est quelqu’un qui travaille pour l’équipe et je pense que c’est une de ses grandes forces.

Est-ce une fierté pour vous de le voir en finale de la Coupe du monde alors que les Springboks n’en voulaient pas avant son arrivée à Toulouse ?

Je suis content pour lui car la sélection nationale c’est important pour un joueur. On sent que pour lui c’est une petite revanche car il n’a pas toujours été considéré à sa juste valeur dans son pays. Accrocher une place chez les Springboks en ayant joué deux saisons à Toulouse, pour l’entraîneur que je suis, ça me rend assez fier. Et puis c’est un garçon très attachant donc toutes les personnes du club sont très heureuses pour lui.

Il a choisi de prolonger à Toulouse pour rester fidèle au club qui lui a permis de s’épanouir. Est-ce aussi ça votre plus grande satisfaction ?

Il se sent bien à Toulouse et sa famille aussi. C’est un joueur qui a pris beaucoup d’importance dans le groupe et on s’appuie sur ça. C’est toujours intéressant pour un joueur de se savoir considéré dans son club alors que l’on ne sait jamais où on va tomber, ni sur qui on va tomber, quand on part. Je pense qu’il a fait le choix de rester à Toulouse car il s’épanouit sportivement mais aussi au niveau familial ici. C’est aussi une preuve que c’est un mec bien au-delà de l’athlète.

Êtes-vous encore surpris par ses performances, notamment quand vous regardez son match face aux Blacks ?

C’est du Cheslin. Après il y a un secteur où je l’ai trouvé très performant : c’est sur les ballons hauts. Je pense qu’ils ont beaucoup travaillé là-dessus avec les Springboks pendant la préparation. Ce n’était pas une lacune car il était déjà bon dans ce secteur mais j’ai trouvé qu’il avait encore progressé. Pour avoir joué là-bas, je sais que c’est un secteur très important pour eux. Cela lui fait une arme supplémentaire. Après, il a fait du "Ches" même si on tremble à chaque fois qu’il se fait attraper. Il ne fait quand même que 75 kg donc quand il tombe sur des costauds, on a toujours un petit frisson. Mais, il arrive toujours à s’en sortir, pourvu que ça dure, encore pendant 80 minutes, mais aussi pour le reste de la saison.

Sa blessure à la cheville vous inquiète-t-elle ?

On n’aime jamais voir un joueur se blesser, que ce soit avec nous ou avec l’équipe nationale. On sait que cette cheville l’embête un petit peu. C’était déjà le cas la saison dernière. Mais s’il est sur le terrain, c’est qu’il doit être à 100 % donc je ne suis pas inquiet.

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