• Le Sud-Africain Ricky Januarie, champion du monde avec l’Afrique du Sud en 2007, a signé en Fédérale 3 à Châteauroux, après avoir évolué en Top 14 la saison passée. Photo Guillaume Cyprien
    Le Sud-Africain Ricky Januarie, champion du monde avec l’Afrique du Sud en 2007, a signé en Fédérale 3 à Châteauroux, après avoir évolué en Top 14 la saison passée. Photo Guillaume Cyprien
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Fédérale 3

Châteauroux : Januarie les a séduits

Le demi de mêlée champion du monde Enrico Januarie s'est fondu dans son club de fédérale 3, où il fait l'unanimité.

Six matchs complets, des entraînements très participatifs, et sa bonhomie habituelle affichée sur son visage : quelques mois après la révélation de la venue de Ricky Januarie à Châteauroux, le demi de mêlée champion du monde en 2007 avec les Boks fait l’unanimité autour de lui. Les quelques kilos qu’il a pris autour de la ceinture depuis l’arrêt de sa carrière professionnelle à Agen ne l’ont pas freiné dans son plaisir. « Je m’éclate, explique le joueur de 37 ans après ses deux premiers mois de Fédérale 3. C’est sûr, ça va moins vite qu’en Top 14. Mais c’est le même sport, et j’ai toujours autant envie de jouer.» « C’est un plaisir de l’entraîner, et de le voir échanger au naturel avec des joueurs de la réserve quand il évolue avec eux à l’entraînement, raconte son entraîneur Antony Crochet, l’ancien technicien de Montluçon du temps de Philippe Marocco. J’ai dirigé des joueurs pro de moindre valeur dont l’attitude était autrement plus condescendante.» « Quand nous avons réussi à le recruter par notre réseau, j’ai vraiment pensé que nous bénéficions d’un alignement parfait des planètes. C’est encore mieux que ce que j’espérais, affirme son président Alain Grolau, qui n’aurait pas payé un centime pour boucler ce recrutement. La venue de Ricky nous a beaucoup moins coûté que ce que déboursent certains de nos concurrents pour nous arracher des joueurs.»

Toujours le sourire

Au club de Châteauroux, Ricky Januarie encaisse sa prime de match de cinquante euros les jours de victoire et les dépense au bar comme tout le monde. Venu pour lancer son projet personnel de reconversion professionnelle d’entraîneur de rugby, pour lequel il avait besoin d’un club support, il joue aussi les assistants d’éducation dans un lycée agricole. Il est pion, en somme. « Ça m’occupe entre les séances de rugby et c’est vachement bien d’être avec les élèves », assume le demi de mêlée aux 47 sélections, passé comme si de rien n’était des pelouses du Top 14 à celle du stade des Chevaliers, dont la sécheresse avait causé une inversion du calendrier au mois de septembre. Et celui dont la carrière sous le maillot des Boks fut marquée par cet essai en solo de 2008, inscrit contre la Nouvelle-Zélande pour une victoire miraculeuse à la dernière seconde, va sur tous les terrains se frotter à des adversaires de cinquième division. Dans cette équipe en reconstruction, où près de cinquante pour cent des joueurs ont été changés depuis la relégation de la Fédérale 2, il joue son rôle habituel d’aboyeur du ras des rucks, en tant que catalyseur d’un projet de reconstruction auquel sa présence donne une forte crédibilité. Le natif d’Hopefield, une petite ville d’Afrique du Sud où il avait commencé le rugby, a pris ses marques très rapidement avec son épouse et ses trois enfants dans cette commune de quarante-trois mille habitants. « On le sent à la fois très détendu et très concerné. C’est un bel exemple pour nos joueurs. Il a toujours le sourire, il est très tolérant, et il joue toujours du mieux qu’il peut. Franchement, on ne pouvait pas mieux tomber en enrôlant quelqu’un qui bénéficie de cette expérience, jure Antony Crochet. Il s’est fondu dans la masse.»

Guillaume Cyprien
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