• Les joueurs seniors du Stade hendayais veillent à la formation des jeunes d’Hernani, Saint-Sébastien et Hendaye réunis au sein de l’école transfrontalière. Photo DR
    Les joueurs seniors du Stade hendayais veillent à la formation des jeunes d’Hernani, Saint-Sébastien et Hendaye réunis au sein de l’école transfrontalière. Photo DR
Publié le / Modifié le
Fédérale 2

Hendaye : pour une licence européenne

En surmontant avec succès les difficultés d’une entente transfrontalière, les Hendayais veulent être « la pointe de la lance » et s’ouvrir un nouvel horizon.

Sur le plan de la géographie, à l’extrême ouest, la rivière Bidassoa trace la frontière franco-espagnole, plus précisément entre Hendaye et la province de Guipuscoa. Il y a cependant une exception depuis que le Stade hendayais Rugby a effacé la démarcation qui le séparait de ses voisins du sud. Les coprésidents Jérôme Darrieussecq en charge de l’école de rugby, de la formation et des partenariats transfrontaliers, Patrice Lafont chargé du social et des partenaires, et Thierry Lachaise responsable du sportif, ont construit leur projet sur les socles de la formation et du lien social. À la dernière rentrée, alors que les seniors entraînés par Franck Lachaise, ex-coach des Espoirs bayonnais, se frottaient à la Fédérale 2, les nouveautés ont surtout concerné l’école de rugby et les catégories jeunes. Au-delà de la création d’une mascotte, baptisée Xuri Beltz, corsaire hendayais, afin d’identifier l’esprit ludique et combatif que le club veut transmettre à ses enfants, ce qui retient l’attention c’est la mise en place d’une catégorie cadets transfrontalière formée des clubs d’Hendaye, d’Hernani et de l’Athlético Saint-Sébastien. Les première année sont inscrits dans le championnat de la Fédération espagnole, les deuxième année évoluent dans le championnat français. Une sorte de révolution qui implique une parfaite organisation. En début de semaine, les entraînements en trois langues : français, espagnol et basque, se font à Hernani ou Saint-Sébastien, et le vendredi à Hendaye.

Une formule gagnant-gagnant

Les effets sur les parents trop heureux de vivre cette association sont de réels motifs de satisfaction pour les initiateurs. De cette mixité coule une richesse inestimable dont le Stade hendayais entend bénéficier. Quoi qu’il en soit, elle renforce le projet humain et social qui va se décliner cette saison auprès des partenaires et du public. La logistique complexe est maintenant bien rodée, reste l’aspect administratif car même si jeunes Français et Espagnols jouent ensemble, ils appartiennent à deux Fédérations. Ce frein au développement, Jérôme Darrieussecq, qui a joué des deux côtés de la frontière, et ses homologues du sud souhaitent le débloquer : « Notre objectif est de faire bouger les choses en incitant la Fédération à créer une licence européenne pour les clubs transfrontaliers. Les clubs côté français sont déjà en entente, nous, nous sommes géographiquement plus proches de nos voisins du Pays basque Sud. On parle de voisins de l’autre côté de la rivière avec lesquels nous avons des échanges au niveau des écoles de rugby. Cette situation particulière mérite d’être prise en compte.» D’autant que le Stade hendayais n’en retire que du positif. Ce serait même du gagnant-gagnant si l’on en croit Jérôme Darrieussecq : « Hernani est un club très formateur qui alimente son équipe première en première division. Ils souhaitent que leurs meilleurs jeunes jouent à Hendaye où ils progressent et où ils nous emmènent une énorme fraîcheur. De fait, nos équipes sont très compétitives. Le rugby chez eux est un sport mineur alors ils sont passionnés et les parents sont très investis. D’ailleurs, la saison prochaine nous allons prolonger l’accord jusqu’aux juniors. »

La chose est prise tellement au sérieux qu’à chaque rencontre des seniors au stade Ondarraitz, deux cadets sont désignés pour accompagner leurs aînés tout au long de la journée. Le combat local pour la promotion du rugby sera gagné quand ils posséderont une licence européenne.

Gérard Piffeteau
Voir les commentaires
Réagir