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Horizons

Afrique du Sud : retour des héros

Le pays a basculé dans la liesse populaire depuis samedi et le titre mondial acquis face à l’Angleterre. Ils étaient des milliers à venir accueillir les héros springboks mardi à l’aéroport de Johannesbourg dans une ambiance survoltée.

C’est une journée dont ils se souviendront sans doute toute leur vie. Lorsque l’avion qui transportait une première partie - une deuxième partie devait atterrir mercredi - de la délégation sud-africaine s’est posé sur le tarmac de l’aéroport international Oliver Reginal Tambo de Johannesbourg, des milliers de fans attendaient déjà depuis des heures dans une ambiance bon enfant. Se côtoyaient des ministres du gouvernement et une foule d’anonymes, venus célébrer comme il se devait leurs champions.

Les célébrations, justement, prirent une tournure extatique, accompagnées de pas de danse furieux, et de chants exaltés lorsque les premiers Springboks, l’entraîneur de la mêlée Matt Proudfoot, en tête de cortège, tout un symbole, le troisième ligne et meilleur joueur du monde Pieter-Steph du Toit, le demi de mêlée Faf de Klerk firent leur apparition dans le hall principal des arrivées au son de l’hymne national sud-africain Nkosi Sikelel’i Africa, chant liturgique adopté par les mouvements anti-apartheid et dont les paroles alternent entre les cinq langues les plus parlées du pays (xhosa, zoulou, sesotho, afrikaans et anglais). Ce n’était pas sans rappeler ce qui avait déjà été vu en 1995 lors du sacre à domicile, ou en 2007 au retour de France.

ERASMUS : «utilisons cette victoire comme un tremplin»

Sauf que celui-ci est peut-être encore plus fort de par son côté un peu inattendu. Il faut le rappeler, les Springboks étaient classés au sixième rang du classement World Rugby il y a deux ans. Ils ont déjoué les pronostics pour s’offrir un troisième sacre mondial. Surtout, celui-ci incarne lui la transformation de la société sud-africaine post-apartheid. Les fondations paraissent pour le coup moins superficielles qu’en 1995 ou encore en 2007. «Tout le monde dans cette équipe s’est battu pour une raison, mais nous nous sommes élevés tous ensemble. Cela montre que si vous êtes assez bons, vous aurez des opportunités. Seulement deux ou trois mecs viennent de grosses écoles privées. La moitié d’entre nous n’a même pas joué pour les moins de 19 ans ou les sélections scolaires» rappelait le numéro 8 Duane Vermeulen, désigné homme de la finale.

Rassie Erasmus se félicitait mardi de ce retour au premier rang du rugby mondial, chose inédite depuis 2009. Il louait à la descente de l’avion encore une fois tout le dur travail abattu par ses joueurs. « La moîtié de ce succès est le résultat des entraînements que se sont infligés les joueurs. Ils étaient prêts physiquement à rivaliser, ils ont bien fait leurs devoirs pour appliquer le plan de jeu et leur récupération entre chaque match fut bonne. L’autre moitié est que nous voulions gagner pour l’Afrique du Sud, à la mi-temps de la finale, nous avons discuté de ce qu’une victoire pourrait symboliser pour le pays et nous avons arrêté de parler du plan de jeu.»

 Erasmus qui fêtait ses 47 ans mardi n’aurait pas pu imaginer meilleur scénario, lui qui était arrivé au chevet d’une équipe moribonde il y a deux ans. « Si je voulais qu’un vœu d’anniversaire soit exaucé ce serait que nous ne répétions pas les mêmes erreurs qu’en 1995 et en 2007. Je veux vraiment travailler la main dans la main avec la Fédération pour que nous continuions à performer. Laissons Siya Kolisi, Pieter-Steph du Toit aussi et tous les garçons profiter de leur moment de gloire.

Mais que nous soyons blancs ou noirs, avec toutes nos différences, travaillons tous ensemble pour aller dans la bonne direction et utiliser cette victoire comme un tremplin vers l’avenir », déclarait l’ancien troisième ligne, désireux de se projeter vers la suite.

« Ne perdons pas ce qui a fait notre force et notre succès en 1995 et en 2007 mais utilisons cette grande victoire pour faire en sorte que tout le monde ait une chance de jouer pour les Springboks. Nous avons encore beaucoup de choses à réparer et si nous ne focalisons que sur les Springboks maintenant, nous devrons attendre encore 12 ans pour gagner une Coupe du monde », concluait le guide suprême.

Midi Olympique
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