• Top 14 - Mathieu Bastareaud (Lyon) contre Bordeaux
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Bastareaud : « Je n’ai pas tenté l’aventure pour faire rire »

Ce dimanche, Mathieu Bastareaud disputera son dernier match avec le LOU avant de rejoindre les Barbarians britanniques pour trois rencontres face aux Fidji, au Brésil et au pays de Galles, puis il rejoindra les États-Unis et New York où il va découvrir la Major League.

Dans quel état d’esprit êtes-vous avant cette dernière sous le maillot lyonnais ?

Mathieu Bastareaud : Il n’y a pas d’état d’esprit particulier. Je prépare ce match comme les autres. C’est vrai que le contexte est différent pour moi mais du point de vue de l’équipe, c’est le premier match d’une longue série donc il faudra bien commencer. Après il y aura la Coupe d’Europe pour eux et je leur souhaite d’ailleurs bonne chance. 

Qu’avez-vous pensé de ces quatre mois passés à Lyon ?

M.B. : C’est une chouette ville ! Je ne connaissais pas du tout. J’ai été agréablement surpris par le club. Il est train de mettre en place certaines structures à hauteur de leurs ambitions. Dans le futur, il faudra réellement compter sur Lyon. Je ne pensais pas qu’au niveau des infrastructures, de l’environnement autour du club, c’était aussi carré et développé. Mine de rien, c’est un club "vieux" dans le temps mais assez nouveau dans le Top 14. Au final, ça ne m’étonne pas qu’ils aient pu faire deux demi-finales d’affilée avec ces structures d’entrainement et d’encadrement.

Top 14 - Mathieu Bastareaud (Lyon) contre Pau
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Au regard des résultats, il n’y a pas un pincement au cœur de laisser une équipe qui réalise un très bon début de saison ?

M.B. : Non parce que c’était déjà acté depuis le début. Pour dire la vérité, je ne pensais pas que l’on allait faire un aussi bon début de saison donc forcément on a envie que ça continue. Mais c’était le deal, je pars l’esprit tranquille et si je peux partir sur une victoire, ce serait un bon bonus.

Le LOU a-t-il les moyens d’aller en finale ?

M.B. : Je pense qu’il ne faut quand même pas s’enflammer et être réaliste. On a quand même tourné à effectif quasiment complet sur le début de saison. D’autres équipes ont été beaucoup plus pénalisées que nous, comme Clermont ou Toulouse. On a un peu bénéficié de cette Coupe du Monde. Après, je pense qu’il s’est créé quelque chose durant ces séries de victoires. On a emmagasiné beaucoup de confiance et des certitudes sur nous et notre jeu. 

J’ai le temps de réfléchir à mon avenir. Il n’y a rien de fermé

Et du point de vue de vos performances, qu’en avez-vous pensé ?

M.B. : Si je devais faire un bilan, ce n’était pas facile dès le départ avec ce nouveau poste, ce nouveau club et ce nouvel environnement. J’étais resté huit ans dans un club donc j’avais ma petite routine. Il a fallu un petit moment d’adaptation mais je connaissais la plupart des mecs donc ça a été assez rapide. J’ai essayé de donner le meilleur de moi-même à un poste que je ne connaissais pas. J’ai pris du plaisir. 

Jouer en troisième ligne vous a plu ?

M.B. : Oui, ça m’a plu. Je sortais d’une année où je n’avais pas pris de plaisir, rugbystiquement parlant, donc le fait de voir autre chose et un nouveau poste, j’ai un peu changé de métier en l’espace de quatre mois. Jouer devant n’a rien à voir. Ce ne sont pas les mêmes efforts. Je fais mon mea culpa… Souvent derrière, on a l’habitude de crier sur les avants quand ils s’oublient et je comprends un peu maintenant (rires). Je suis content de ce que j’ai pu faire à ce poste. Je n’ai pas tenté l’aventure pour faire rire tout le monde. Je l’ai pris sérieusement. Les mecs m’ont beaucoup aidé. J’ai beaucoup apprécié.

Et vous vous projetez dans ce nouveau rôle ?

M.B. : En tout cas, je ne dirais pas que c’est quelque chose que je maitrise mais c’est une option pour mes futurs coaches. Maintenant y rester, pourquoi pas ! Je m’y suis plu. Mais je n’aime pas trop les oreilles en chou…

Avez-vous cette envie de revenir ensuite au LOU ?

M.B. : Pour l’instant ce n’est pas trop d’actualité. Je prends les choses les unes après les autres. J’ai le temps de réfléchir à mon avenir. Il n’y a rien de fermé.

Une ville comme New York, ça fait rêver

Les États-Unis se présentent à vous, qu’allez-vous chercher là-bas ?

M.B. : Tout simplement un petit peu plus de tranquillité pour profiter un peu plus de ma famille. Mais aussi une nouvelle expérience dans un pays qui m’est inconnu. Je ne suis allé qu’une seule fois là-bas, c’était pour signer mon contrat. J’y vais un peu pour souffler. Cela fait douze ans de Top 14, j’ai commencé assez jeune, donc c’est beaucoup de pression et d’énergie. Ma situation familiale a évolué et j’ai envie d’en profiter un peu. Après, c’est clair que je ne vais pas là-bas en vacances. Je suis un compétiteur. J’y vais pour être au top et gagner quelque chose.

Que connaissez-vous de ce championnat et de ce club ?

M.B. : Ça va être marrant parce que l’on joue des fois sur des terrains de baseball. Ça va me rappeler ma jeunesse à Créteil quand on allait squatter les terrains de foot. C’est une ligue qui se développe. On l’a vu avec Ma’a Nonu qui vient de signer à San Diego. Il y a beaucoup d’ambitions. Ils veulent vraiment développer le rugby et peut-être organiser une Coupe du Monde. On connait tous les Américains, quand ils ont quelque chose en tête, c’est pour être les premiers. J’y vais vraiment avec beaucoup de curiosité. Je ne m’attends pas forcément au même niveau qu’en Top 14 ou en Coupe d’Europe mais je m’attends à découvrir quelque chose de vraiment nouveau. Cela joue beaucoup, il n’y a pas beaucoup de phases statiques, ça se calle un peu sur le Super 15, bien sûr à un moindre niveau. 

Vous souhaitiez rejoindre les États-Unis pour ce que représente New York ou on aurait pu imaginer vous voir signer dans un autre club ?

M.B. : L’offre de New York est tombée au bon moment. Après, honnêtement, c’est parce que c’est New York. Cela aurait été une autre ville, cela m’aurait moins enchanté. Mais là, tout ce que représente la ville, les séries TV, les films… J’étais assez curieux de voir tout ça. Quand j’y suis allé trois jours en juin, j’ai été assez impressionné. On verra si j’ai assez de temps pour visiter. Je n’y vais pas en touriste.

Il y a un côté pionnier !

M.B. : Au début je me suis posé la question. Est-ce le bon moment ? Je ne suis pas si vieux que ça. Au final, j’ai plus pensé à l’expérience de vie. Le rugby est passé un peu au second plan. Dans ma tête, j’ai pensé que j’avais besoin de couper un peu avec la France. En plus, j’étais en contacts avec Pierre Arnal que j’ai croisé au Stade français donc ça a facilité les choses (Pierre Arnal est l’ancien directeur général du Stade français et dirige aujourd’hui la franchise américaine, ndlr). Une ville comme New York, ça fait rêver ! 

Ça va aller avec l’Anglais ?

M.B. : I speak English very well (rires). Ça va, je me débrouille ! À force de jouer avec beaucoup d’étrangers, notamment à Toulon où j’étais parfois un peu seul. Le Français n’était pas forcément la première langue, il fallait que je m’adapte.

Julien Plazanet
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