Bayonne : une étoile dans la tempête

  • Yannick Bru, manager de l'Aviron Bayonnais.
    Yannick Bru, manager de l'Aviron Bayonnais. Icon Sport / Icon Sport
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(3-9) Courageux, auteurs d’une fin de match à l’énergie pour tenter d’arracher une possible victoire, les bayonnais s’inclinent toutefois face à des palois plus pragmatiques. Deuxième revers à domicile...

L’entrée prématurée dans l’hiver a fait de Bayonne l’une des premières victimes. Les Basques, confrontés pour la première fois à des conditions atmosphériques épouvantables, n’ont pas su s’adapter, du moins, pas aussi bien que l’équipe d’en face. « Sur ces matchs qui se jouent à trois points, à six points, regrette Yannick Bru, il ne faut rien donner à l’adversaire. Là, on en a donné trop. »  Frustrant pour l’Aviron, car il avait les cartes en mains pour pouvoir s’imposer. « Ça se joue à deux mètres ! », note Brandon Fajardo, faisant allusion à ces quatre dernières minutes où les avants sont à deux doigts de faire basculer la rencontre à coups de pick and go. « On s’est donné les moyens d’aller chercher le match à la fin, complète Antoine Battut. S’il y a un pick and go de plus, on marque. Mais il y a eu des incompréhensions sur certaines décisions. On a fait en sorte de les mettre à la faute. On aurait mérité un peu mieux mais je ne vais pas me réfugier derrière cela. »

En effet, les Bayonnais auront pêché ailleurs. Il a fallu se rendre à l’évidence. Le succès des Béarnais n’est pas illogique. Manque de réalisme dans les moments forts de la première période, fautes de mains, toutefois bien excusables, fautes de discipline, manque de réussite au pied devant les poteaux. Mis bout à bout, tous ces faits de matchs ont conduit Bayonne au deuxième échec à domicile. « C’est une mauvaise opération, admet l’entraîneur bayonnais. On a eu des opportunités notamment en première mi-temps. En tout cas une domination et une possession en zone de marque où on a été stérile. On n’a pas maîtrisé la discipline. On n’a pas mérité de gagner aujourd’hui. La psychologie du match a basculé du côté palois. Si on marque à la fin, c’est un peu inespéré. Mais pour parler de cela, il faut maîtriser sa discipline, être rigoureux sur des choses qui ne demandent pas beaucoup de talent. On ne l’a pas été. C’est quand même une petite leçon pour l’avenir. »

Retrouver une énergie positive

Plus que dans les dernières quatre minutes où Bayonne a mis Pau au supplice sans pouvoir marquer, les Basques ont laissé filer leur chance bien avant, lors d’une première période de domination mal maîtrisée. « Malgré notre très bon match en touche, revient Yannick Bru, on a eu plusieurs pénaltouches et plusieurs petits jeux dans la zone adverse où on a été stérile. Ça s’est soldé par des pertes de balles. On ne s’est pas bien adapté aux conditions. C’est le premier tournant. Après, il y a eu cette pénalité retournée, trente mètres en face, qui fait partie des idioties du match. Il y a deux pénalités qu’on donne très facilement en deuxième période. Pau s’est nourri de ça. Ça n’aurait pas été volé si on avait marqué mais on ne fait pas une très bonne deuxième période où on est sous pression. » Bayonne, stoppé dans sa belle dynamique, rentre-t-il dans le rang ? Ou peut-il se remettre de cette défaite ? « C’est un coup d’arrêt, admet Brandon Fajardo. Il faut très vite basculer sur le prochain match de Top 14, à Toulouse. La page est tournée.» L’inconvénient sera l’attente, dans ce calendrier fragmenté. Deux matchs de Challenge européen vont venir s’intercaler. « On ne peut pas remonter sur le vélo tout de suite, regrette Yannick Bru. De toute façon, une défaite, c’est toujours un coup d’arrêt. Nous, chaque week-end, on est à la bagarre.»

Bayonne aura donc à cœur de rebondir même s’il va falloir attendre. Les conditions sont toutefois réunies pour retrouver cette énergie positive qui avait permis aux Bayonnais de bien démarrer le championnat. « La force de cette équipe est qu’elle n’abandonne jamais », relève le capitaine en référence à cette fin de match. Cette deuxième défaite à domicile met l’Aviron bayonnais à zéro au classement britannique. Il ne lui reste qu’à retrouver un nouveau départ.

Edmond Lataillade
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