• Les Castrais de Ma’ama Vaipulu ont eu peur mais ont obtenu ce qu’ils désiraient. Quatre points et une bonne bouffée d’oxygène ! Photo Émilie Cayre
    Les Castrais de Ma’ama Vaipulu ont eu peur mais ont obtenu ce qu’ils désiraient. Quatre points et une bonne bouffée d’oxygène ! Photo Émilie Cayre
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Castres - Brive : miracle sur le gong

(28 - 26) Les tarnais menaient tranquillement et se dirigeaient vers une victoire aisée avant que les brivistes ne parviennent à revenir dans le match pour offrir au public un dénouement absolument fou. Cardiaques s’abstenir !

L’essentiel est là. Une nouvelle victoire à domicile et quatre points supplémentaires dans la besace des Castrais qui se replacent à deux points du top 6 au soir de cette neuvième journée, un rang plus conforme à leurs ambitions de début de saison. Si le bilan comptable est bon, impossible de ne pas revenir sur le scénario incroyable de cette rencontre qui a vu les Castrais mener trois essais à zéro à la mi-temps avant que leur jeu ne se délite et que les Brivistes ne remettent la main sur le ballon au point de passer devant à deux minutes du terme, à la grâce d’un maître ballon porté aplati dans l’en-but par François Da Ros. Le reste appartient déjà à la légende : la dernière possession de la partie, à la faveur des Castrais grâce à une bonne réception de Camille Gérondeau sur la remise en jeu, plus de deux minutes de conservation, une préparation parfaite dans les vingt-deux mètres brivistes pour un drop de Julien Dumora qui fuira les poteaux d’un rien. L’arbitre siffle alors ce que tout le monde pense être la fin du match. Envahissement de la pelouse par le service de sécurité et les remplaçants des deux camps. À cet instant, les Brivistes exultent, persuadés d’avoir remporté leur première victoire à l’extérieur de la saison. Sauf que l’arbitre de la rencontre M. Castaignède n’avait décidé que d’un simple arrêt du temps pour revenir plusieurs phases de jeu plus tôt et d’accorder une pénalité aux Castrais, pour un plaquage dangereux de Sevenaia Galala sur Geoffrey Palis. L’ailier castrais auteur du premier essai du match et très performant samedi soir, est passé par tous les états d’âme : « Quel incroyable ascenseur émotionnel ! Sur le moment, je suis persuadé qu’il y a faute, mais le jeu se poursuit et je vois que l’arbitre ne lève pas le bras donc j’oublie très vite pour me concentrer sur l’action en cours. On fait plusieurs bons temps de jeu, et puis il y a ce drop de Julien qui ne passe pas d’un rien. Là, pour moi, tout est fini et je suis tête basse, déjà en route vers le vestiaire. Je vois les remplaçants brivistes sur la pelouse qui manifestent leur joie autour de moi. Je suis très déçu, je me demande comment ce match a pu nous échapper. Et là, c’est un gars de la sécurité qui me dit que l’arbitre fait appel à la vidéo. Je me remémore la faute et je sais que l’arbitre va donner pénalité. L’espoir revient mais je n’exulte pas encore. Je sais qu’elle sera difficile à convertir… »

 

Place à la Coupe d’Europe

Au milieu des effusions et des palabres, Julien Dumora, toujours maître de ses nerfs, pose son ballon. Il fait le vide et, de vingt-cinq mètres en coin, ne tremble pas et redonne vie à un stade Pierre-Fabre médusé par la tournure des événements. Miracle sur le gong pour Castres.

Au vu de sa première mi-temps, sans doute la meilleure de la saison en termes de contenu, la victoire des Castrais est méritée. Mais cette équipe a décidément le don de se faire peur jusqu’au bout du bout. « Je pensais vraiment que ce match nous avait échappé, pose Mauricio Reggiardo. Nous sommes passés par toutes les émotions. Je tiens à féliciter Brive qui a su rester dans la partie quand nous étions largement devant. Nos adversaires ont su s’adapter à notre jeu, tenter des ajustements qui ont porté leurs fruits. Leurs deux troisième ligne centre (Otar Giorgadze et So’otola Fa’aoso’o, N.D.L.R.) ont su amener de l’avancée et consommer plusieurs de nos joueurs en défense. Au final, le résultat nous est favorable et j’en suis très satisfait. Je ne veux pas retenir les péripéties de la fin du match. Je veux me souvenir des choses que l’on a bien faite. Je veux garder notre première période qui fut de très belle qualité. C’était une grande première mi-temps au cours de laquelle nous nous sommes rapprochés du jeu que je veux faire produire à l’équipe.»

Place désormais à la (petite) Coupe d’Europe, que les Castrais vont aborder avec l’esprit un peu plus léger mais non sans ambition…

Rebondissements en série

Le retournement de situation final restera dans les esprits de tous les acteurs et observateurs de cette rencontre. Il a permis au CO d’emporter à l’arraché un précieux succès au terme d’une partie à deux faces, au cours de laquelle les acteurs seront passés par tous les états, samedi soir. À la 36e minute, les Tarnais étaient sur la voie d’un succès bonifié après avoir inscrit trois essais, récompense d’un premier acte entreprenant. Quarante minutes plus tard, chamboulement complet : le CABCL était sur le point de décrocher sa première victoire à l’extérieur. Au fil de la seconde période, les Corréziens, enfin conquérants, avaient été les auteurs d’un sursaut d’orgueil remarquable, converti en points par un bel essai d’Axel Muller puis par une démonstration de force des avants bonifiée par François Da Ros. Mais pour ne pas avoir su capter le dernier renvoi castrais et pour avoir manqué de maîtrise dans sa gestion défensive, le promu a vu les quatre points lui filer entre les doigts. Dans la défaite, les Brivistes ont reconnu leurs torts et n’ont pas accablé l’arbitre. Une attitude à signaler : « Il y a cette faute stupide après la sirène, commentait Jeremy Davidson. C’est difficile à avaler mais ce n’est pas tout à fait une injustice. La faute y est et les points en première période, nous les avons donnés à Castres. » Effectivement, Brive n’a pas seulement perdu ce match après la sirène sur une décision arbitrale tardive.

V. B.

BOURNIQUEL David
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