• Les Bleues ont eu beau attaquer à tout-va à l’image de Jessy Trémoulière, cela n’a pas suffi. Photo Isabelle Picarel
    Les Bleues ont eu beau attaquer à tout-va à l’image de Jessy Trémoulière, cela n’a pas suffi. Photo Isabelle Picarel
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International

Les Bleues frustrées mais affamées

Entreprenantes mais stériles au Michelin, Les Bleues auront une dernière occasion de battre les Anglaises à Exeter. Toujours confiantes, elles savent qu’il faudra être plus réaliste.

"On perd 15 ballons au contact, 5 ballons en touche… C’est compliqué de pouvoir gagner un match." Pauline Bourdon, demi de mêlée, mettait le doigt où ça fait mal : le manque de maîtrise des Françaises. Il y avait pourtant tout au stade Michelin pour enfin battre ces Anglaises après deux défaites consécutives cette année : un stade plein, du soleil et des joueuses toujours aussi "affamées". Mais encore une fois, face à un XV de la Rose qui compte des joueuses à plus de 80 ou 100 capes comme Hunter ou Scarratt, les Bleues ont été trop gourmandes. "Il y a beaucoup de frustration, surtout quand on joue dans un stade où l’on sentait une grosse effervescence, expliquait Lénaïg Corson. On leur fait beaucoup de cadeaux, on se fait arracher les ballons dans les mains, sur les touches, avec beaucoup de passes perdues. On a eu envie de faire vite et bien les choses mais en zone de marque on ne prend pas les points. Mis bout à bout cela fait la différence."

Sur ce match, les Anglaises n’ont pas montré grand-chose derrière il faut le dire mais elles ont ce sang-froid et cette expérience qui font la différence. Pour le moment… "Ce pragmatisme n’est plus surprenant, analysait Pauline Bourdon. Elles ont des structures bien précises, elles travaillent toute la semaine comme ça. Leur numéro neuf et leur numéro dix doivent avoir 50 sélections en commun. Les Anglaises se préparent toute l’année et nous sommes en retard sur ça, en nous retrouvant tous les deux ou trois mois. Malgré ça on n’est pas loin et nous avons encore un an et demi pour bosser jusqu’à la prochaine Coupe du monde. Si on travaille plus, il y a moyen d’y arriver et d’être championne du monde en Nouvelle-Zélande. Mais on voudrait déjà gagner à Exeter c’est sûr."

Une véritable revanche à prendre

Ambitieuses dans le jeu dès l’entame, les Françaises ont montré de la naïveté. "On s’est encore fait avoir, on a confondu vitesse et précipitation, pestait Annick Hayraud la manager. On se faisait une passe, on allait les affronter sur les zones de rucks alors que l’on sait qu’elles ont beaucoup de densité. Il suffisait de faire une passe de plus pour avoir un décalage. Mais on ne l’a vu que par moments. Encore une fois nous ne sommes pas loin mais on n’est toujours pas à leur niveau. Il nous manque un peu d’intelligence sur le jeu. Nous avons une équipe jeune avec 300 capes de différence avec les Anglaises. Ce ne sont pas des matches couperets, c’est aussi fait pour apprendre. Il faut être serein dans la zone de marque. On va voir notre capacité pour positiver, pour encore bien travailler et les affronter chez elle."

Avant de retrouver les Anglaises à Pau pour l’ouverture du Tournoi, les Tricolores ont encore un test à balles réelles. On sentait déjà l’envie d’en découdre et de prendre sa revanche. "J’aimerais bien gagner chez elles pour qu’elles ressentent la même frustration que je vis aujourd’hui, avouait Lénaïg Corson. Cette année on les a jouées deux fois. Au Tournoi on n’avait pas joué notre jeu et à San Diego on ne doit jamais perdre. À Clermont on était chez nous, dans un stade magnifique avec les spectateurs que l’on sent proches du terrain, devant nos familles… On s’était dit que c’était le moment. Tant pis on le fera la semaine prochaine. C’est un beau défi."

Guillaume Bonnaure
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