Toulouse : pas de friture sur la ligne

  • Tout a réussi à Maxime Médard, Zack Holmes (à gauche, de dos) et Sébastien Bézy (en arrière plan). Photo Midi Olympique   Patrick Derewiany
    Tout a réussi à Maxime Médard, Zack Holmes (à gauche, de dos) et Sébastien Bézy (en arrière plan). Photo Midi Olympique Patrick Derewiany
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(34 - 8) Ils étaient cinq trois-quarts présents au japon, dont certains à peine revenus, à être alignés d’entrée samedi soir. et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela n’a pas été sans effet...

Il n’aura donc suffi que de cinq minutes pour retrouver la marque de fabrique stadiste. Un turnover, une relance depuis les 22 mètres, de la vitesse, de l’audace et un essai de quatre-vingts mètres. Il n’est pas question une seule seconde de jeter à ceux qui ont tenu la baraque avec plus ou de réussite derrière quand les internationaux étaient au Japon. Mais le retour de ces derniers a eu un effet immédiat. Il faut dire qu’une ligne de trois-quarts entière (si on ajoute Dupont et Kolbe qui n’ont pas encore repris), ça change tout. Forcément. Avec cette impression qu’ils n’étaient finalement jamais partis. « Nous avons immédiatement eu une réunion avec les coachs pour nous expliquer la stratégie, le plan de jeu et les lancements que nous avons réduits pour que ça aille plus vite», explique Maxime Médard. Et c’est allé très vite. Les Clermontois peuvent en témoigner. Guitoune, Médard et Ntamack avaient déjà chacun visité l’en-but auvergnat après vingt-deux minutes. Trois Bleus, évidemment pas un hasard. « C’est peut-être symbolique et c’est un travail collectif aussi, avec un ballon de récupération des avants sur le premier essai après une touche, souligne Régis Sonnes. On sait que ce sont toujours les trois-quarts qui en profitent. »

N’empêche, ils ont brillé samedi (comme le pack rouge et noir d’ailleurs) et ont d’entrée fait preuve d’un enthousiasme débordant. « Même en étant un peu crispés et en ayant besoin de points, il est rassurant de voir les joueurs prendre des initiatives, poursuit le technicien. C’est ce qu’on leur demande et ils ont été récompensés. » Plus qu’une volonté, une vraie doctrine. « Les initiatives, ça fait partie de notre ADN, martèle Yoann Huget. On n’a rien à prouver à personne sur notre jeu. Nous voulions juste retrouver notre cohésion et notre identité. » Et ça se voit. Le plus surprenant (même si eux assuraient ne pas en être étonnés) était de les voir y parvenir si rapidement. « Nous ne sommes partis que quatre mois », rigole Huget. Surtout, du 11 au 15 alignés au Stadium, tous étaient partis. Une aventure commune qui facilite les automatismes et les repères, même quand il s’agit de revenir en club. « Oui, sûrement, confirme Sonnes. Vivre ensemble pendant un certain temps, derrière un titre, peut créer un peu plus de lien. » Et Médard d’en rigoler : « Sur le papier, il y avait de toute façon beaucoup de trois-quarts toulousains à la Coupe du monde, donc bon…»

Sonnes : « c’est naturel chez eux »

Voilà comment, et malgré une fin de première mi-temps et une entame de seconde plus mitigées, les champions de France en titre ont envoyé un message clair et évident. Au complet, ce n’était plus du tout la même formation. Il ne s’agit pas ici de revenir sur le bien-fondé de doublons qui polluent la compétitivité du Top 14 autant que son attractivité mais simplement de constater ce qui ne peut que l’être. "Que ce soit au Stade toulousain ou en équipe de France, nous sommes contents d’être ensemble et ça se retranscrit sur le terrain, assure Huget. C’est juste ça. On ne surjoue pas notre amitié. Nous voulions montrer à nos coéquipiers que nous étions impliqués à 100 % dans notre club."

Une expression qui passe par un jeu ambitieux et souvent spectaculaire quand la situation le permet, même si le staff avait - au vu de la pluie qui s’était abattue sur la Ville rose - de se concentrer sur des choses simples et d’occuper le camp adverse. « Avec ce temps, c’était difficile de se faire des passes mais, du moment où on a pu jouer et retrouver la chance et le culot qui étaient les nôtres l’an passé, cela a fonctionné, se réjouit Médard. C’est ce qui a fait notre force et franchement, pendant les vingt-cinq premières minutes, tout ce qu’on tentait était parfait. Nos combinaisons, nos passes après contact… Il n’y avait pas grand-chose à jeter. » Sonnes de s’en féliciter : « C’est naturel chez eux, avec un travail de fond réalisé depuis longtemps pour ces garçons qui connaissent le système de jeu et l’état d’esprit. Je crois qu’ils s’épanouissent dans ce jeu-là. » Voilà ce qu’on appelle un retour réussi.

 

FADAT Jérémy
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