• Fabien Galthié lors de la présentation de son nouveau staff
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Edito

Galthié et ses amis

L'édito de Léo Faure... C’était donc ce mercredi, et c’était à Montgesty dans le Lot. Fabien Galthié se prêtait au jeu de sa première conférence de presse officielle en tant que sélectionneur, flanqué de Raphaël Ibanez. Le temps de présenter un staff technique qui n’avait plus rien de secret.

Galthié redoutait l’exercice. Il n’en faisait pas secret, dès l’aventure japonaise. C’était dans le hall du Nikko hôtel d’Oita, dans une de ces conférences officieuses qu’il s’est amusé à convoquer, tout au long de la Coupe du monde. C’était toujours informel, jamais sans arrière-pensée. Cette fois, c’était avec quelques journalistes arrivés en avance, pour l’annonce de la composition d’équipe qui affronterait, en quart de finale, le pays de Galles. "Pourquoi êtes-vous venus ? La composition, vous la connaissez déjà, vous l’avez déjà annoncée partout."

Chez Galthié, derrière le sourire, il y a toujours un message. "Le problème de ces conférences, c’est qu’on pourrait s’y amuser, leur donner un ton léger, trouver quelques bons mots. Mais vous épiez tout, vous décryptez tout, chaque mot. Alors, on est obligé de faire attention à tout ce qu’on dit et ça en devient ennuyeux. Si un jour je suis sélectionneur, je dis bien si, je crois que je ne prendrai aucun plaisir dans ces conférences…" Comment ça, "si" ? Galthié était officiellement nommé futur sélectionneur, depuis bientôt six mois.

Le désormais "nouveau sélectionneur" aime brouiller les cartes et s’amuse de ces jeux de pistes. Tout est pourtant fait à dessein. En convoquant ce grand lancement à Montgesty, "la terre de mon enfance", au moyen d’une invitation farfelue façon "nouvel an entre potes", il a touché sa cible : tout le monde n’a plus parlé que de cela. Du cadre, du "sympathique café de Franck et Valérie" et du "buffet très gourmand organisé à la mairie car dans le Lot, nous avons une réputation à tenir…" En procédant ainsi, Galthié a enlevé au cérémonial de ce sérieux qu’il craignait tant, sur les questions de fond. Bien joué.

Le fond, pourtant, méritait qu’on s’y intéresse plus longuement. C’était donc l’officialisation d’un staff, ce mercredi. Lequel fait envie, rajeuni, moderne. Comme ses précédents, il sera soumis au couperet des résultats, à moyen terme. En attendant, il y a de l’espoir dans toutes les lignes.

La France peut-elle retrouver son rang et les premiers rôles, sur la scène européenne d’abord ? C’est Warrend Gatland, trois Grands Chelems au CV, qui le promettait cette semaine sur les ondes d’une radio anglaise. Pour "Gats" les Bleus ne sont rien de moins que les favoris du prochain Tournoi des 6 Nations.

Il le dit avec une certaine connaissance de la problématique française. Sans un vote énigmatique de nos clubs amateurs, rejetant sa candidature étrangère autant qu’une problématique fédérale plus globale, Gatland aurait été assis là, nouveau sélectionneur des Bleus à la place de Gatlhié.

De cet épisode fantasque, il reste un bénéfice pour le rugby français. Initialement prévu dans les valises du sélectionneur gallois, Shaun Edwards sera finalement l’adjoint de Galthié, au chevet de la défense des Bleus.

Ce n’est pas rien, tant l’ancien treiziste anglais a une réputation mondiale à ce sujet. C’est surtout, pour Galthié, l’assurance d’un basculement vers la très haute intensité dès les entraînements, que le Columérin réclamait dès la Coupe du monde et contre lequel les joueurs freinaient, par peur des blessures.

Avec ce nouveau staff, il ne devrait plus y avoir le choix. Edwards en tête, réputé sympathique loin du terrain, féroce dès qu’il dirige une séance d’entraînement. À ce propos, un ami gallois confiait récemment. "Avec Edwards, les Français ne savent pas encore ce qui les attend. Il faudrait vendre les droits TV de sa première séance d’entraînement. Ça va valoir le coup d’œil." Si les résultats de demain réclament plus de travail dès aujourd’hui, la promesse est sérieuse.

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