Toulon, à la recherche du trophée oublié

  • Louis Carbonel (Toulon)
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Vainqueur de nombreux trophées dans l’ère Boudjellal (Champions Cup, Top 14 et Pro D2), le RCT tentera de remporter le dernier trophée qui manque à son palmarès : la Challenge Cup.

Nous sommes en 2019 après Jésus-Christ. Tous les palmarès sont frappés du sigle RCT. Tous ? Non ! Un trophée peuplé d’irréductibles clubs européens résiste encore et toujours à l’envahisseur. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, pourtant. Mais Toulon est tombé à deux reprises sur un os : Cardiff (2010) puis Biarritz (2012). Et pourquoi ne pas avoir insisté ? Car le RCT a gravi les marches européennes deux par deux. Et la Challenge Cup a rapidement laissé place à la Champions Cup : sept participations consécutives, six qualifications, pour trois victoires finales et un triplé historique (2013, 2014 et 2015). Trop grand pour la "petite" Coupe d’Europe ? Sans aucun doute.

Toujours est-il qu’après une saison terminée bien trop loin du top 6, le RCT joutera cette saison à l’étage inférieur. Avec l’ambition d’ajouter une ligne absente de son palmarès. "C’est une compétition relevée, mais le RCT a des raisons d’être ambitieux cette saison. Les joueurs se sont fixés cette compétition comme objectif.", abondait en ce sens Patrice Collazo. Comprenez que sans la moindre prétention le RCT - bien que la compétition soit inhabituelle pour le club - tentera de succéder à Clermont. L’objectif est d’autant plus important que la finale se jouera… à Marseille, le 22 mai. "C’est une source supplémentaire de motivation, confirme Collazo. Les joueurs sont désireux d’aller le plus loin possible."

La finale à Marseille

Mais avant de penser à une éventuelle fin de saison en fanfare, le RCT devra d’abord batailler pour sortir d’une poule 2 plus que dense. Pas de club russe et de déplacement à rallonge mais des oppositions contre les London Irish, Bayonne et les Scarlets de Llanelli. Les Varois croiseront-ils le fer avec un certain Leigh Halfpenny ? Pas avant le match retour, l’arrière gallois étant encore.

Vous dites adversaires de taille ? Le promu anglais compte dans ses rangs Kepu, Naholo ou encore Coleman, les Basques sont quatrièmes du Top 14 et les Gallois ont participé aux seize dernières éditions de Champions Cup depuis la création de la province en 2003. "Nous ne pourrons nous permettre la moindre erreur. C’est une compétition spéciale qui mérite d’être respectée. Nous allons essayer de faire en sorte que le trophée reste en France. C’est un immense défi qui nous attend." Et cette compétition est d’autant plus précieuse pour ce "RCT nouvelle génération" (dans l’effectif actuel seuls Gorgodze, Fresia et R. Taofifenua ont réalisé le doublé en 2014), qu’elle présente l’occasion de rajouter (enfin) une nouvelle ligne au palmarès du club.

Car si on a entendu parler chaque année de "reconstruction", de "transition" et de "nouvelle aventure" depuis le départ de Bernard Laporte, le groupe rouge et noir pourrait bien être le premier à renouer avec les trophées. Profiter d’un exercice 2018-2019 décevant pour s’offrir une aventure européenne, envisager une finale à cinquante kilomètres de Mayol, rallonger le palmarès du club et, en plus, commencer à écrire une nouvelle histoire étoilée pour ce jeune groupe ? Ce sera en tout cas le défi que tenteront de relever les Varois, dès vendredi, à Jean-Dauger.

Pierrick Ilic-Ruffinati
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