Evan Olmstead : Adaptation express

  • Evan OLMSTEAD, deuxième ligne du Biarritz Olympique.
    Evan OLMSTEAD, deuxième ligne du Biarritz Olympique. Dave Winter / Icon Sport / Dave Winter / Icon Sport
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(9-5) Le canadien, arrivé il y a peu au bo, fut le meilleur joueur sur le pré vendredi.

On ne vous apprendra rien en vous rappelant qu’à Biarritz, le poste de deuxième ligne est celui qui a causé le plus de problèmes au duo Nadau-Sowerby depuis le début de la saison. Non pas que les joueurs au poste soient nuls — loin de là, c’est peut-être là où les meilleurs éléments se situaient — mais plutôt parce qu’ils sont tous à l’infirmerie. Ainsi, en cette terne soirée de novembre, Léo Bastien et Edwin Hewitt soignaient leurs blessures de longue durée, Jean-Baptiste Signer était gêné par des problèmes musculaires, alors que Johan Aliouat, en délicatesse avec une cheville, avait dû déclarer forfait. Du coup, l’attelage Backhouse-Olmstead avait été reconduit pour la deuxième fois consécutive. Au sujet du premier, on ne peut que constater que les blessures en pagaille lui ont permis de se révéler en ce début de saison. Titularisé à neuf reprises, il a fait valoir de belles qualités aériennes, s’est montré généreux au combat, mais le Sud-Africain reste plus léger que ses vis-à-vis.
 

Nadau : « Au-delà de nos espérances »


Son association avec Olmstead (1, 98 m, 115 kg) a permis au pack rouge et blanc de compenser dans ce secteur. Vendredi soir, dans la pataugeoire d’Aguilera, le Canadien est apparu au four et au moulin. Il fut clairement l’avant le plus convaincant dans le jeu courant, notamment en première période, où l’on n’a cessé de le voir se proposer dans les zones obscures du terrain. Et en touche ? La présence du Canuck dans le pack du BO fut une option supplémentaire dans les airs aux Backhouse, O’Callaghan ou autres. D’ailleurs, il fut le Biarrot le plus sollicité dans les cieux d’Aguilera (six prises), devant Dave O’Callaghan (cinq) et Heath Backhouse (deux). Mieux encore, l’ancien joueur des Newcastle Falcons ou d’Auckland a été décisif en contrant une touche dangereuse de Rouen, à cinq mètres de sa ligne, alors que les visiteurs n’étaient menés que de quatre points. C’est ce que l’on demande à un deuxième ligne ? Peut-être, mais il est nécessaire de rappeler que le garçon n’est arrivé sur la Côte qu’il y a quelques semaines, en tant que joker médical, après un séjour au Japon pour disputer le mondial.
C’est ce qu’on peut légitimement appeler une adaptation express. Surtout, qu’à n’en pas douter, le staff n’hésitera pas à lui redonner sa chance la semaine prochaine. À ce sujet, son entraîneur Nicolas Nadau, qui d’habitude refuse de s’attarder sur les cas personnels en conférence de presse d’après-match, a justement salué : « Il est le combattant qu’on est allé chercher. Aujourd’hui, il est au-delà de nos espérances. Il découvre le système français, mais je pense qu’il va nous apporter beaucoup cette année. » 

Pablo Ordas
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