Grenoble : Gilbert aurait aimé

  • Leva Fifita et les Grenoblois ont parfaitement géré la venue de Montauban. Photo Icon Sport
    Leva Fifita et les Grenoblois ont parfaitement géré la venue de Montauban. Photo Icon Sport
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(28-10) En signant un match propre et volontaire, les Isérois ont honoré la mémoire du vieux guerrier Gilbert Brunat, à qui un émouvant hommage fut réservé avant le coup d’envoi.

C’est peu dire que, parmi les combattants qui se sont succédés sous le maillot rouge et bleu, Gilbert Brunat fait partie de ceux qui ont marqué les esprits. Parce qu’il était un homme de la terre, rude et courageux, dont le parcours atypique l’avait emmené d’Izeaux à Lourdes en passant par Chambéry ou Bourgoin. Parce qu’il était un guerrier, au sens le plus noble du terme, au visage taillé à la serpe et aux battantes immenses, dont la seule évocation forçait le respect. Parce qu’il était un homme simple, ancien patron du Siège puis du Coq Hardi dans le centre-ville, qu’il n’était encore pas rare de croiser avec son chien du côté de Lesdiguières. Un passionné, un vrai, dont l’après-carrière rugbystique l’avait amené à transmettre ses valeurs dans de nombreux clubs de la région, de Seyssins à Ugine-Albertville en passant à Montmélian, où il a dirigé sa dernière séance jeudi soir avant qu’une saloperie l’emporte au bout d’un long combat, dans la nuit de vendredi à samedi. Il avait 61 ans et debout dans les tribunes, les supporters lui ont rendu l’hommage qu’il méritait.

L’hommage des jeunes

Reste qu’en matière d’hommage, on était surtout curieux de savoir celui que réserveraient les joueurs du FCG. Et si Stéphane Glas étaient dans son rôle au moment d’affirmer que ses hommes avaient affiché « trop de lacunes » à une semaine d’un énorme déplacement à Perpignan, on peut avancer sans trop de crainte de se tromper que les 80 minutes délivrées par les Isérois auraient beaucoup plu à Gilbert Brunat, puisque c’est autour de ballons portés sans fioritures que les Alpins se sont appliqués éteindre les ambitions montalbanaises.

Un rugby austère mais de saison, que les Grenoblois ont surtout eu le mérite d’appliquer en l’absence de plusieurs cadres laissés. « C’est le sens de notre travail : essayer d’être le plus performant possible, quel que soit le joueur à côté de soi », estimait le pilier Jérôme Rey, un des plus touchés par le départ de Brunat. « Étant passé par Montmélian, c’est quelqu’un que je connaissais même s’il ne m’a jamais entraîné. C’est quelqu’un pour qui j’avais énormément de respect, et j’ai une grosse pensée pour l’USM. Pour eux, ce doit être très dur, c’est quelqu’un qu’on va beaucoup regretter.» « Je le connaissais un peu car il était très ami avec le parrain de mon frère, témoignait de son côté le jeune Thibault Martel. On me l’avait présenté au club-house de Voiron et même si l’épopée des Mammouths remonte à loin pour les gars de ma génération, c’était un nom à qui on voulait rendre hommage.» « C’était clairement un week-end de deuil pour le club et le rugby régional, soufflait de son côté Stéphane Glas, qui fut son partenaire du côté de Bourgoin. Maintenant, il s’agit de se relever et se préparer à un gros match du côté de Perpignan.» Justement le genre de match que Gilbert aurait aimé…

Midi Olympique
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