• Cheslin Kolbe (Afrique du Sud) élu Oscar monde par le Midi Olympique
    Cheslin Kolbe (Afrique du Sud) élu Oscar monde par le Midi Olympique Midi Olympique / Midi Olympique
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Kolbe, le monde à ses pieds

En deux ans, l’ailier de poche du Stade toulousain est devenu l’attraction du Top 14. Et, après avoir raflé le Brennus avec son club en juin, il a atteint le toit de la planète avec les Springboks. Cela valait bien l’Oscar monde décerné ce lundi soir par Midi Olympique.

C’était il y a un peu plus de deux ans. À peine débarqué en France, et lassé des débats sur son physique jugé trop frêle qui lui barrait la route de l’équipe nationale sud-africaine, Cheslin Kolbe nous avouait lors de son premier entretien dans l’Hexagone : « Etre Springbok, c’est mon rêve. Je ne sais pas pourquoi je n’ai jamais eu l’opportunité de représenter mon pays. » Alors il a choisi l’exil, à seulement 23 ans. Au fond, il connaissait les raisons de ce changement d’horizon, lui qui avait tant de fois entendu qu’il n’était « pas assez grand ou costaud pour le haut niveau » et qui avait vu l’ancien sélectionneur Alistair Coetzee, lors d’un rassemblement des Boks auquel il participait, lui proposer de se reconvertir au poste de demi de mêlée. L’allusion de trop. « J’ai répondu : « Je suis arrivé dans ce monde en jouant ailier ou arrière. Pourquoi devrais-je changer maintenant ? » Ce fut mon dernier stage », nous confiait-il en septembre 2017.

Et d’ajouter : « Je ne dirais pas que toutes discussions autour de mon physique me fatiguent mais elles m’ont motivé. Peu importe que tu mesures 1,50m ou que tu pèses 50kg… En match, nous sommes tous des êtres humains, entre les quatre même lignes blanches. » Là où lui, justement, s’est imposé comme un joueur exceptionnel, aussi spectaculaire individuellement que précieux collectivement. Voilà comment il est rapidement devenu le facteur X du Stade toulousain et l’attraction du Top 14. Jusqu’à s’offrir le Bouclier de Brennus en juin dernier. « Cheslin est déterminant dès que le ballon passe entre ses mains, admire son entraîneur Ugo Mola. Il est l’antinomie du rugby qu’on nous a vendu pendant des années. Il a une telle capacité à gagner ses duels, à franchir et il est un redoutable défenseur, ce qu’on a tendance à oublier. Il ne laisse personne indifférent et c’est une merveilleuse nouvelle pour le rugby français et celui international, un exemple à montrer dans toutes les écoles de ce sport. » À sa manière, son coéquipier Maxime Médard décrit le phénomène : « Je me souviens de mon premier entraînement avec lui. Il a posé une mine et un crochet, tout le monde avait compris ! C’est un talent pur. Quand on fait du « un contre un » lors d’une séance, personne ne veut se mettre en face de lui car il peut vite t’humilier. Il peut te passer sous les bras ou entre les jambes ! »

Je veux être champion d’Europe avec Toulouse

Ces dernières semaines, Kolbe a même conquis la planète rugby. Décisif lors du Rugby Championship qu’il a remporté avec les Springboks (un an après sa première cape !), il a littéralement éclaboussé la Coupe du monde de toute sa classe. Ceci dès le premier match, pourtant perdu face aux All Blacks, au cours duquel il a mis la défense néo-zélandaise au supplice et s’est définitivement révélé sur la scène internationale. Membre éminent du squad sud-africain jusqu’au titre suprême, il a conclu sa compétition par un bijou d’essai face contre l’Angleterre en finale. Un exploit dont il a le secret, qui lui a permis de briser la muraille blanche sur un énième crochet dévastateur pour déposer Owen Farrell et filer vers le bonheur. « Nous avons écrit l’histoire », se réjouit l’intéressé dans l’interview accordée dans l’édition de ce lundi de Midi Olympique.

Et lui peut savourer le chemin parcouru, teinté d’un doux sentiment de revanche sur le destin : « Tout ce qui m’arrive est totalement fou. Cela démontre que les choses peuvent toujours évoluer. […] Depuis le début de ma carrière professionnelle, j’ai entendu tellement de fois que j’étais trop petit, trop léger, que je ne pouvais pas aller plus loin… J’ai eu l’occasion de prouver que ces gens avaient tort. Le poids et la taille ne sont rien à côté de ce que vous pouvez accomplir grâce à votre détermination. » Un formidable ambassadeur, légitime Oscar monde de Midi Olympique. Une récompense reçue ce lundi soir qui consacre une année merveilleuse. Kolbe apprécie, avant d’accélérer de nouveau vers d’autres ambitions comme il nous le clame : « Je veux être champion d’Europe avec Toulouse et nous pouvons peut-être y parvenir dès cette saison. C’est mon prochain objectif, avec celui je l’espère, de représenter l’Afrique du Sud avec l’équipe nationale à 7 lors des jeux Olympiques de Tokyo en 2020. » Un attaquant, un vrai, n’est jamais rassasié. 

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