La magie des Oscars

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L'édito du lundi d'Emmanuel Massicard... C’est tous les ans un défi. à chaque fois la promesse de toucher au cœur et d’entrevoir ce que le rugby français a de plus beau. Le temps d’une fameuse soirée vécue à Paris, les Oscars du Rugby Midi Olympique nous emportent avec une régularité sans faille sur un air de liesse.

Ils perpétuent ainsi la tradition et honorent les meilleurs joueurs de l’Hexagone -sans oublier les joueuses, depuis quatre ans- devant un parterre d’invités triés sur le volet. Tenue correcte exigée.

Tel un porte-voix, le journal du rugby met en lumière et partage finalement ce que notre discipline a de plus beau : le talent de ses joueurs, la convivialité, la fête et l’émotion. Depuis plus de soixante ans, la recette fait merveille. Elle est cette bulle de champagne que l’on partage avec gourmandise, la récompense des individualités célébrées par la grande famille d’un sport aux vertus éminemment collectives. Rien d’évident, vous en conviendrez. Parce que cette soirée des Oscars magnifiquement orchestrée par Philippe Oustric et l’ensemble des équipes de Midol Sport est surtout l’occasion d’assurer la transmission entre les générations. Une main tendue qui s’illustre à merveille par la connivence entre les légendes d’hier -héros devenus ambassadeurs de la cause ovale- et les oscarisés de l’année.

L’alchimie fonctionne à tous les coups sous les ors des Oscars. L’an dernier, les témoignages des Michalak, Clerc, Rougerie, Poux et autres Nyanga, frais émoulus retraités que nous avions réunis sur la scène du Pavillon Gabriel, avaient marqué les esprits. Sur scène, aucun d’entre eux n’a voulu mettre en avant un titre à son panthéon du rugby. Mais tous conservent comme des trésors le souvenir des rencontres humaines. Banal, peut-être. Mais tellement rugby.
Le cru 2019 n’échappera certainement pas à la règle. C’est un plateau royal qui applaudira les différents « Oscars » (Monde, Féminin et, évidemment, Or, Argent, Bronze pour récompenser les meilleurs joueurs français). Cette année, seront fêtées les Légendes des Coupes du monde (dont Kirwan, Gregan et Habana), en présence de tous les Tricolores finalistes du Mondial 1999 qui seront rassemblés par Midi Olympique pour célébrer les vingt ans de la demi-finale gagnée face à la Nouvelle-Zélande. Il y aura Ntamack, Lamaison et Mola, entre autres. Sans oublier Fabien Galthié et Raphaël Ibanez, accompagnés par les membres du staff de l’équipe de France dont ce sera la première sortie. L’histoire est en marche.
Quinze jours après le troisième titre de champion du monde remporté par l’Afrique du Sud, les Springboks seront enfin à l’honneur. Il ne faudra pas manquer le coup d’envoi… Allez, on peut bien vous le dire aujourd’hui : sur scène, Jean-Michel Baylet, le P.-D.G. de Midi Olympique, accueillera Siya Kolisi à l’instant de lancer cette soirée exceptionnelle. C’est toute la magie des Oscars : malgré les obligations d’après-titre, le capitaine des Boks a répondu à notre invitation. Il est devenu Parisien le temps d’un court week-end.
Le premier capitaine noir à avoir soulevé la Coupe du monde avec le maillot sud-africain sur les épaules est le symbole de la nation arc-en-ciel. Et, demain, certainement bien plus encore. D’un discours et d’une simplicité désarmants, souriant et abordable, Kolisi rayonne. Parions déjà qu’il a tout pour devenir une des stars de ce jeu. L’égal des Pienaar, Williams et autres Van der Whestuizen, ces monuments d’Afrique du Sud.
Sur ses épaules tombantes à la manière d’un Jean-Pierre Rives (la ressemblance ne s’arrête pas là : tous deux avancent la tête haute et le buste droit), le troisième ligne porte les rêves d’unification de son pays. Il incarne aussi l’espoir de réussite pour tous les gosses qui, à son image, ne savent pas ce qu’ils auront demain à manger. Quand le rugby paraît bien futile. Quand il prend finalement tout son sens, accélérateur de vie et vecteur d’ascension sociale. Ce lundi à Paris, les Oscars seront là pour en témoigner.

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