L'ASM dans le bon sens

  • Avec sa prestation contre les Harlequins, Alivereti Raka chasse le spectre « Noa » et va s’éviter une dépression post-Coupe du monde comme avait pu la vivre Nakaitaci en 2015. Photo Icon Sport
    Avec sa prestation contre les Harlequins, Alivereti Raka chasse le spectre « Noa » et va s’éviter une dépression post-Coupe du monde comme avait pu la vivre Nakaitaci en 2015. Photo Icon Sport
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Attendus au tournant pour leur grand retour en Champions Cup après dix-huit mois d’absence, les Auvergnats ont signé leur match référence, bénéficiant pour l’occasion des prestations hors-normes de leurs facteurs X, Raka et Yato.

Si le capitaine Morgan Parra a le mot plutôt rare en ce moment, il ne l’a pas moins juste lorsqu’il s’agit d’analyser les prestations des siens et plus particulièrement de pointer les raisons du grand écart observé entre leurs deux dernières sorties. "À Toulouse, nous n’y étions presque jamais parvenus et contre les Harlequins, nous avons avancé en permanence. Le fait d’avancer donne à la charnière le temps de lever la tête et aux autres joueurs celui d’arriver avec les bons timings. C’est un cercle vertueux. En avançant, on a réussi à les consommer et à déplacer le jeu dans les couloirs, où Raka et Yato ont fait la différence." Ils ne sont pas les seuls, bien sûr, puisque le milieu de terrain Moala-Toeava a tout bonnement écœuré leur compatriote Francis Saili, tandis que Nick Abendanon à l’arrière ou Fritz Lee devant ont joué une partition digne de leurs meilleures heures. N’empêche que les deux "Fidjiff", auteurs d’un doublé chacun, ont logiquement davantage capté l’attention de tous les observateurs et même de leurs partenaires. "Quand Raka et Yato sont dans une forme comme ça, jouer au rugby n’est pas bien difficile, s’en amusait Abendanon. Tu leur donnes le ballon le plus vite possible et tu regardes ce qu’ils vont en faire." Un mot d’ordre adopté en premier lieu par Camille Lopez (lire ci-contre), tout heureux de pouvoir compter sur ses facteurs X à la retombée de ses diagonales. "Nous connaissons leurs qualités, on ne peut pas être surpris. Nous n’avions pas de doute sur Peceli qui avait déjà tiré son épingle du jeu à Toulouse mais je suis très content pour Alivereti qui revient bien et avait besoin d’un match plein."

Auteur en effet d’un Mondial frustrant, Raka a en effet semblé revivre dans son cocon de Michelin, où il a fait oublier l’image de joueur tendu, emprunté et maladroit qu’on lui a collée après ses débuts en Bleu. Pour tout dire, ses récupérations de balle à pleine vitesse, qu’elles soient aériennes ou au ras du sol (comme sur son premier essai) ont d’ores et déjà éloigné le spectre de le voir, quatre ans après, faire à son tour une "Noa" (entendez par là une petite dépression post-Coupe du monde...), à la grande satisfaction de Franck Azéma. "C’est comme pour un buteur au foot : quand tu ne marques pas pendant un moment, tu doutes, pointait le manager auvergnat. Là, nous avons ressenti chez lui l’envie de franchir, de casser la ligne. Mais ce qui m’a surtout plu, c’est l’alternance qu’il a su mettre dans son jeu, plutôt que sa capacité à gagner des duels. Il a su jouer efficacement les surnombres qu’il a eu à négocier et c’est ça qui va le rendre encore plus dangereux à l’avenir."

Implication individuelle et collective

Voilà pour les satisfactions individuelles. Lesquelles se trouvent étroitement liées à une autre, beaucoup plus collective : celle d’avoir vu l’ASM réaliser le match référence après lequel elle courait depuis le début de la saison. Rien de bien étonnant à ça, puisque les internationaux ne sont rentrés du Japon voilà deux semaines, nous direz-vous ? Peut-être. Sauf qu’après la claque reçue à Toulouse, voir Clermont rebondir si haut et si vite dans sa compétition favorite n’avait rien d’anodin. "Tout au long de la semaine, il y a eu une implication supplémentaire dans le travail, appréciait Azéma. Les joueurs ne se sont pas contentés de faire les choses pour les faire."

Entendez par là que, pour se remettre dans le sens de la marche, les Auvergnats ont tout bonnement donné du sens à ce qu’ils faisaient, se montrant acteurs plutôt que consommateurs. "Dès l’entraînement du capitaine, on a senti qu’il se passait un truc, témoignait Abendanon. Ce galop a été de très grande qualité. Le groupe s’est pris en main et savait où il allait." Au point de s’éviter, cette fois, le retour de bâton de la déconcentration, qui aurait pourtant facilement pu survenir tant la supériorité clermontoise s’avéra patente dès les premières minutes. "ça, c’est très dur à gérer. Quand elles nous affrontent, les équipes anglaises attendent ça. Elles se disent qu’une fois que nous aurons pris l’avance au score, elles auront la possibilité de jouer, de revenir, pour nous faire douter ou envisager le bonus offensif. On le savait. D’ailleurs, après chaque point marqué, on cherchait à se remobiliser en se disant qu’il ne fallait pas lâcher, assurer le renvoi, repartir chez eux...", avouait Abendanon. "Est-ce que nous avons si bien géré nos temps faibles que ça ? Je ne sais pas puisque nous avons tout de même encaissé trois essais, s’interrogeait Parra. Mais au moins, nous avons su défendre notre ligne jusqu’au bout pour leur empêcher de repartir avec un bonus. En termes d’état d’esprit, c’est plutôt de bon augure avant de se déplacer en Ulster." Où Clermont sera, cette fois, prié de ne pas renouer avec ses vieux démons après une performance si convaincante...

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