Le printemps en automne pour le Racing

  • Le retour des internationaux est bénéfique pour le Racing 92, qui vient d’enchaîner une deuxième victoire consécutive. L’ouvreur écossais Finn Russell était notamment en mode « international » contre les Saracens. Photo Icon Sport
    Le retour des internationaux est bénéfique pour le Racing 92, qui vient d’enchaîner une deuxième victoire consécutive. L’ouvreur écossais Finn Russell était notamment en mode « international » contre les Saracens. Photo Icon Sport
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Revigorés par les retours de ses internationaux, le Racing 92 parvient à tuer les matchs comme il ne savait plus le faire. Une nouvelle saison commence pour les hommes de Laurent Travers.

Corrigeant les Saracens d’un bonus offensif clinquant, une semaine tout juste après la gifle administrée au Stade français, le Racing 92 a fait la démonstration qu’il avait retrouvé sa dimension formidable, en l’espace de seulement deux rencontres. Il a donc suffi d’incorporer quelques mondialistes dans ce groupe qui, sans eux, commençait déjà à trouver ses repères en Top 14, pour augmenter considérablement sa carburation. Leurs présences ont comblé les petits trous par lesquels fuyait leur moteur. Et si Finn Russell, à l’international, reste ce joueur à la constance discutable, dans l’ordre de la conduite d’une rencontre sérieuse de Coupe du monde, ces Saracens trop diminués par les absences de leurs internationaux anglais lui ont opposé un rideau défensif bien trop perméable à son niveau d’initiative. Inscrivant son essai personnel au bout d’une action façonnée par deux de ses propres percées, il avait déjà initié celui de Teddy Thomas d’une prise d’intervalle. Lui et Virimi Vakatawa en feu (voir ci-contre) durant ce début de match que tous les deux ont beaucoup concouru à décrisper, ont apporté à leur équipe leur capacité à trancher dans le vif ces opportunités de marquer souvent mal négociées durant leurs absences. Cette équipe n’est plus limitée par sa maladresse qui lui fit commettre ce match nul contre Agen.

Sept essais en deux matchs

Le Racing 92 avait inscrit dix-sept essais lors des huit premières rencontres de Top 14. Il vient d’en passer sept en seulement deux matchs cruciaux, à l’issue d’un derby francilien délirant et d’une première journée de Coupe d’Europe disputée contre "le meilleur d’entre eux". Et si le Stade Français de Heineke Meyer se trouvait au plus mal, et que les Saracens ne vont pas beaucoup mieux, la capacité rigoureuse des Racingmen à profiter pleinement de ces situations fait aujourd’hui leur fortune. Ils sont complètement relancés, et dans ce contexte réjouissant comme ils n’en vivaient plus, les Brice Dulin, Teddy Thomas, ou Eddy Ben Arous, tous les recalés du Japon qui pendant le Mondial avaient enchaîné les blessures ou les prestations très moyennes, ont retrouvé des couleurs éclatantes dans la reconfiguration de leur équipe retrouvée. Ce qui fit dire à Laurent Travers que "pour faire un grand match, il faut de grands joueurs. Les vingt-trois qui se trouvaient sur la feuille ce soir, sont des grands joueurs". "On ne peut pas dire que nous vivons une nouvelle saison, commentait Baptiste Chouzenoux. Mais c’est vrai que le début de championnat avait été difficile, malgré une bonne implication de chacun. La présence des internationaux nous fait basculer du bon côté. On inscrit les essais que nous n’inscrivions pas, et nous gagnons les matchs. C’est sûr que ça fait une différence." Leurs facteurs X de sortie, les Racingmen se trouvent dans ce moment libérateur de pouvoir inverser complètement le cours de leur saison. Les voilà positionnés devant un match au Munster qui pourrait leur servir de tremplin gigantesque. Dans ce groupe où les Ospreys sont déjà (presque) morts, et les Saracens diminués par la nécessité de se sauver en Premiership, un succès à Thomond Park serait un pass d’accès aux quarts de finale. Historiquement, c’est la sortie piège par excellence, dans ce stade où Laurent Travers n’a jamais gagné. Sa plus belle performance, c’était il y a un siècle: il l’avait vécue en 2008 avec Montauban, quand il avait été crucifié à la 82e minute d’une pénalité de son futur adjoint Ronan O’Gara. Le seconde ligne Donnacha Ryan y a plié nombre d’adversaires pendant ses onze années de présence au Munster avant sa venue au Racing 92. Bénéficier de sa précieuse expérience au cœur de ce chaudron rouge, et pouvoir se reposer sur cette nouvelle dynamique qui produit un moment d’embellie, autorise à cette équipe épanouie l’espoir d’un exploit.

Guillaume Cyprien
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