Nevers : la loire du plus fort

  • Nicolas Vuillemin
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Publié le / Mis à jour le

Hermétique et enfin pragmatique, l’USON a remporté sa première victoire bonifiée face à une équipe de Valence-Romans vaillante dans l’étau.

Six essais marqués, aucun encaissé : pour la première fois de la saison, l’Uson Nevers Rugby a rendu une copie presque parfaite, face à une équipe de Valence-Romans déterminée à prouver qu’elle vaut mieux que sa dernière place. Le match référence attendra, mais le succès bonifié (36-6) et la manière suffisent largement au bonheur du manager Xavier Péméja : "On a su construire, appuyer là où ça fait mal sans s’exposer bêtement, avant de lâcher les chevaux."

Exerçant une pression immédiate et terrible sur son adversaire, trouvant la parade à la défense passive "limite" des Drômois sur les ballons portés, le XV neversois a montré dès la première période le réalisme qui lui faisait défaut depuis le début de championnat. Deux essais sur pénaltouche, un troisième marqué en bout de ligne après une mêlée puissante : le bonus offensif était acquis à la pause. Encore fallait-il le confirmer.

La défense en clé de voûte

Les vingt premières minutes de la seconde période, poussives et stériles, font frissonner un Pré-Fleuri déjà transi par les premiers frimas d’automne. "Il fallait que l’on continue à les respecter", reconnaît le centre Rudy Derrieux, encore étincelant vendredi soir. À l’heure de jeu, les Neversois retrouvent l’accélérateur et distancent Valence-Romans en cinq minutes, par deux jolis essais de trois-quarts dans lesquels l’arrière Kylian Jaminet a fait étalage de son sens de l’intervalle : "On savait que si on mettait du rythme, ils allaient finir par craquer", sourit le flanker Gautier Gibouin. "On a réussi de beaux mouvements." S’il reste dans la production neversoise assez de déchet pour alimenter le débrief et les séances de la semaine, Xavier Péméja n’avait pas l’âme d’un père Fouettard, en conférence de presse, distribuant des brassées de bons points à son staff "qui travaille magnifiquement bien" et citant en exemple l’état d’esprit de Frédéric Urruty et Rudy Derrieux, professionnels jusqu’au bout des crampons malgré un temps de jeu aléatoire. Avec un seul essai encaissé en trois matchs, et aucun sur les deux dernières sorties, la défense usoniste est l’autre satisfaction du moment pour le manager. Face à Valence-Romans, les rares failles ont été efficacement comblées mais "on va se faire tirer les oreilles pour ces franchissements ", confie Rudy Derrieux.

En attendant une puissance offensive totalement retrouvée et une fiabilité au pied restaurée (encore un 3 sur 6 vendredi soir), la solidité défensive est la clef de voûte sur laquelle l’Uson construit son jeu et ses ambitions de remontée au classement. "On doit ramener des points de nos déplacements. On est en retard", insiste Xavier Péméja, dont le demi-exploit de Rouen (prochaine destination) à Biarritz gèle fugacement le sourire : "Ce championnat est terrible."

Sébastien Chabard
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