Paris : Esprit es-tu là ?

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Avec moins de trois jours de travail après le départ de Heyneke Meyer, seuls les doux rêveurs pensaient retrouver la flamboyance passée du Stade français. Les autres ? Ils savaient pertinemment que cette équipe-là, en proie au doute et amputée de ses leaders historiques, ne pourrait pas en un coup de canon redevenir une armée de soldats roses. Mais quand même… Sans doute s’attendaient-ils au moins à une réaction d’orgueil…

Meyer et une partie de son staff partis, les joueurs ont, pour ainsi dire, obtenu gain de cause. Ils se devaient donc d’assumer leurs revendications et montrer un tout autre visage que celui tristement affiché vendredi soir face à Brive. Les rares instants de domination se sont souvent conclus par des maladresses. à l’image de ces deux ballons "dégueulés" dans l’en-but par le trois-quarts centre Alex Arrate puis Sekou Macalou (36e et 51e). En conférence de presse, Sempéré et Arias n’ont pas mâché leurs mots : "Au niveau de l’état d’esprit, on a vu où nous étions, a commencé l’ancien talonneur. Nous avons une belle photographie de la situation. On savait que nous avions un gros chantier sur ce sujet…" "Il est encore plus gros que ce que l’on pensait ", a poursuivi l’ex-ailier. Et Sempéré de reprendre : "Nous avions annoncé que nous serions sensibles aux comportements. Après ce qui s’est passé, il n’y avait plus d’excuse pour personne. Je peux donc vous dire que la photo de la situation n’est pas belle."

Les deux jeunes entraîneurs se sont longtemps fait attendre en conférence de presse. Et pour cause. Ils étaient en colère et ont pris le temps de le faire savoir à leurs joueurs. Thomas Lombard y a aussi été de son laïus. Et sur un ton tout sauf complaisant. Plusieurs témoins assurent avoir rarement vécu un tel moment. "Dans la situation où l’on se trouve, c’est une chance de pouvoir jouer un match de Challenge avec moins de pression, s’est agacé Arias devant les médias. Certains joueurs pleurent parce qu’ils ne jouent pas. On leur donne une chance, s’ils ne la saisissent pas, qu’est-ce qu’on peut faire pour eux ?" Et d’apporter lui-même une réponse très imagée : "On va voir si ce qu’ont les joueurs dans le pantalon, ils veulent les sortir. Parce que pour l’instant, elles sont bien au fond… Quand tu joues au rugby, il faut un peu de caractère. Et pour l’instant, on a des agneaux." Réaction attendue. Et vite.

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